Un bébé peut en cacher un autre

Hello moi c’est Lorène, auteure du blog Twins And Us. Je voulais vous raconter ma petite histoire… Il était une fois un homme et une femme qui se disaient : « Tiens, si on faisait un bébé ». Comme de millions d’autres couples. Une chose assez banale en fait… Contrairement à ce qu’on entend à droite ou à gauche, en particulier pour nous qui avons envie de faire un bébé après 40 ans, Dame Nature a la gentillesse de bien faire les choses, et rapidement.

Et c’est ainsi qu’au retour d’un week-end en TGV, mode de transport qui est a priori sans gros risques de provoquer le mal de mer, j’ai été au bord de la nausée pendant les 3 heures de trajet, au point de devoir fermer mon livre et fixer l’horizon. Le soir venu, le test de grossesse confirmera que bébé est en route, prise de sang à l’appui dès le lendemain : « Tout va bien Madame et félicitations, rendez-vous vers 7SA pour une échographie de contrôle. Merci et à bientôt. »

L’aventure extraordinaire de la grossesse

Et nous voici lancés dans l’aventure extraordinaire de la grossesse et de la future parentalité. Avec son cortège d’émotions, et ce ne sera pas qu’une simple vue de l’esprit et/ou effets du chambardement hormonal et biochimique en moi, ce début de grossesse sera accompagnée de nausées.

J’ai plutôt le pied marin, jamais le mal des transports ni en voiture, ni en avion, encore moins en train, bref l’estomac toujours bien accroché. Et soudain, depuis que je suis enceinte, j’ai le mal de mer rien qu’en marchant 10 mètres. En voiture, je suis à deux doigts de conduire la tête penchée par la fenêtre y compris sur le périphérique parisien, alors je mets la climatisation à fond et j’envoie des flux d’air glacé sur mon visage pour me rafraîchir : ma main droite virevolte entre le levier de vitesse et la bouteille d’eau, ou des biscuits pour caler cet estomac qui semble être un puits sans fond et que rien ne semble empêcher de tanguer.

J’erre sur les sites médicaux et ceux consacrés à la grossesse, à la recherche d’information sur ces nausées de début de grossesse, en espérant y trouver la recette de la potion magique. Mais je n’y apprends pas grand-chose, si ce n’est un grand nombre de théorie sur les causes de ces nausées, y compris celle consistant à dire que les nausées du premier trimestre sont signe d’une grossesse saine et qu’elles auraient des propriétés protectrices pour le bébé et le déroulement de la grossesse. Ça m’avance bien de lire tout ça, mais mon estomac s’en moque éperdument : je continuerai à me nourrir de pâtes, de biscuits et à boire des litres d’eau fraîche.

 

Notre première rencontre avec bébé

Elle est programmée à 7 SA, histoire aussi de bien valider la grossesse, de vérifier qu’elle se déroule correctement et tout et tout. Un petit bébé est bien là, son rythme cardiaque retenti encore dans mes oreilles. Restent toutefois ces fiches nausées, incessantes, cette sensation permanente, même la nuit, d’avoir le mal de mer. Rien de très extraordinaire pour le gynécologue qui se contentera de fournir les recommandations habituelles. « Parfait Monsieur et Madame les futurs parents, rendez-vous pour l’échographie des 12 SA, soit vers 3 mois de grossesse ».

Si vous continuez à avoir autant de nausées, c’est normal, ne vous inquiétez, mangez des sucres lents types pates pour vous aider à tenir, et ces petits inconvénients disparaîtront comme par enchantement dès le début du 4ème mois. »

 

12 SA, bonheur et stupéfaction

Lorsqu’un soir du mois de Novembre, nous nous retrouvons dans le cabinet du gynécologue pour cette fameuse échographie des 12 SA, nous sommes un peu stressés, à l’instar de beaucoup de futurs parents à ce moment de la grossesse. Le futur papa et moi-même sommes ultra-concentrés sur l’écran de monitoring pendant que le gynécologue commence l’échographie. Il manie la sonde rapidement, les images se succèdent : rythme cardiaque, fœtus, tout est ok, il va s’apprêter à prendre les fameuses mesures.

Jusque-là silencieux, le gynécologue repasse la sonde plusieurs fois de droite vers la gauche et vice-versa, et l’écran de monitoring affiche alors une image qui semble se dédoubler à chaque passage de la sonde. C’est alors que, sans préambule, il nous annonce d’une voix laconique : « Mais, mais ce sont des jumeaux ! ».

La stupéfaction envahit chacune de nos cellules jusqu’à atteindre notre cerveau : cette annonce nous fige dans nos mouvements, dans nos pensées. Le futur papa reste bouché bée, et moi, allongée sur la table d’échographie, je pense juste que ce n’est pas le moment d’avoir envie d’aller aux toilettes. Pas le moment du tout.

Retrouvant peu à peu l’usage de la parole, nous lui demandons comment c’est possible puisqu’on en avait vu qu’un seul bébé quelques semaines auparavant ? « Vous faites erreur, ce n’est pas possible, et il n’y a pas de jumeaux dans la famille, et on n’a pas fait de traitements ! ». Toujours aussi laconique et bien concentré sur l’échographie, le gynécologue nous fournira l’explication la plus inattendue pour nous : « Les jumeaux spontanés après 40 ans, c’est normal. Et le fait qu’on n’ait pas vu tout de suite qu’il s’agissait de jumeaux, et bien ça arrive parfois, un des bébés se cache derrière l’autre ». (Dans notre cas, il s’agit de jumelles dizygotes, c’est-à-dire issues de la fécondation de deux ovules par spermatozoïdes. Il s’agit ici d’une grossesse gémellaire spontanée bi-choriale et bi-amniotique (deux placentas, deux poches).

Quelques minutes plus tard, il rajoutera : « Oh ça pourrait aussi expliquer en partie pourquoi vous aviez autant de nausées. Rassurez-vous, ces nausées vont disparaître d’ici quelques jours à l’entrée dans le 4ème mois de grossesse. Il est très rare que ces nausées persistent tout au long d’une grossesse ».


Chouette, je sais enfin pourquoi j’ai tout le temps le mal de mer depuis 3 mois, je ne suis pas venue pour rien ce soir-là. Et le prochain qui vous expliquera que grâce à l’échographie, on peut diagnostiquer une grossesse multiple dès la 6e ou la 7e semaine, demandez-lui de venir lire ce témoignage. Parce que je suis l’exception qui confirme la règle !

Petite farce entre sœurs jumelles

Il nous aura fallu plusieurs jours pour nous remettre de cette stupéfaction, et commencer à savourer le bonheur d’avoir deux bébés d’un coup. Le reste de la grossesse se déroulera calmement, et les nausées disparaîtront effectivement en quelques jours à l’orée du 4ème mois. Pour réduire au maximum les risques d’accouchement trop prématuré, je vivrai ma grossesse au repos et au ralenti, ce qui me permettra de profiter au maximum des jeux intra-utérins auxquels vont se livrer les jumelles sans relâche : le côté gauche en perpétuel mouvement, le côté droit plus calme réclamant de temps en temps plus de place à l’aide de ses pieds, ou de ses mains. Ainsi, nos deux petites fées sont nées en pleine santé à 8 mois de grossesse, par voie basse, à 6 minutes d’écart : leurs caractères bien trempés sont le fidèle prolongement des sensations qu’elles me donnaient pendant leur vie intra-utérine.

Aujourd’hui encore, alors que nos filles ont presque 4 ans et demi, il subsiste un mystère. Ce mystère, aucun d’entre nous ne pourra jamais le percer, c’est celui de la première petite farce imaginée par nos jumelles : laquelle des deux s’est cachée derrière l’autre lors de cette fameuse échographie des 7 SA ?

 

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