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Au secours, je suis enceinte !

Coucou, moi c’est AnaĂŻs, j’ai 23 ans et il y a belle lurette que je ne crois plus au PĂšre NoĂ«l, ni Ă  la petite souris. Mais je dois admettre que je me suis faite bernĂ©e comme vous tous. C’était chouette de croire que quelqu’un puisse nous offrir des cadeaux sans dĂ©penser un centime, qu’on l’ait mĂ©ritĂ© ou non. Tout comme c’était chouette pour moi jusqu’à il y a quelques mois de croire que la grossesse, c’est neuf mois complĂštement magiques !

Ah, sur ce coup lĂ  on m’aura bien eu ! « Il n’existe pas une plus belle aventure que la grossesse », j’entendais ! Mouais, en thĂ©orie
 Mais comme chacun le sait : « vous arrivez devant la nature avec toutes sortes de thĂ©ories, la nature flanque tout par terre ! »

Youpi, enfin enceinte ! Oups, j’ai parlĂ© trop vite


J’ai arrĂȘtĂ© la pilule en octobre pour pouvoir vivre cette « fantastique aventure » Ă  mon tour. En novembre, j’ai appris que j’étais enceinte. Nous les filles , on s’est toutes imaginĂ©es des millions de fois comment on annoncerait au futur papa que ses mignons petits spermatozoĂŻdes sont des champions et qu’un polichinelle nous pousse actuellement dans le tiroir. On a toutes imaginĂ© ces larmes sur nos joues, et le baiser tendre et tellement romantique qui suit l’annonce de la nouvelle. Oui, on s’imagine ça comme ça
 Et bien n’y rĂ©flĂ©chissez pas trop car ça ne se passe jamais comme on l’avait si bien imaginé ! Pour ma part
 C’est pour cela que j’avais besoin de poser ce la sur papier


Pour ma part, atteinte d’une maladie qui affecte mes deux reins, je fais des coliques nĂ©phrĂ©tiques Ă  rĂ©pĂ©tition. J’ai des examens chaque mois (des analyses d’urine, pour faire simple). DĂ©but novembre, aprĂšs ĂȘtre passĂ© au laboratoire dans la matinĂ©e, j’ai reçu un appel des infirmiĂšres. Il fallait que je repasse faire un nouvel examen, car les rĂ©sultats d’analyses montraient que j’étais enceinte. Il fallait donc prĂ©voir un nouveau traitement. Cool ! Rappelez-vous, mon compagnon et moi le souhaitions cet enfant !


Je suis repassĂ©e l’aprĂšs-midi, j’ai refait de nouveaux tests. Dans ma tĂȘte tout le reste de la journĂ©e j’ai cherchĂ© la façon la plus romantique d’apprendre Ă  mon cher et tendre que nous allions avoir un bĂ©bĂ©. J’avais prĂ©vu de faire ça au petit dĂ©jeuner le lendemain matin, avec une jolie pancarte dans son plateau. Mais Ă  17 heures 30, un coup de fil du laboratoire m’apprend qu’il s’agit d’une erreur. « Vous n’ĂȘtes pas enceinte
 nous avons inversĂ© deux Ă©chantillons ». Coup de massue ! La vie continue


Cette fois-ci, je suis vraiment enceinte, Ă  moi les joies de la grossesse ! (ou pas)

Un peu moins de quinze jours plus tard, un matin, aprĂšs une nuit Ă©pouvantable Ă  souffrir le martyr, j’ai vu le mĂ©decin. Il semblerait que mes reins fassent un nouveau caprice ! AprĂšs un petit pipi sur une bandelette de contrĂŽle (pour voir le taux de sang prĂ©sent dans les urines) le mĂ©decin me rappelle dans son bureau. « Je vous envoie aux urgences. Il y a du sang dans vos urines mais ceci peut ĂȘtre liĂ© Ă  autre chose que vos reins cette fois-ci. Vous ĂȘtes enceinte
 mais j’ai peur qu’il s’agisse d’une grossesse extra-utĂ©rine je suis dĂ©solé  » Bim, deuxiĂšme coup de massue !

Bien Ă©videmment, adieu l’annonce romantique Ă  monsieur
 Je l’appelle, on dĂ©colle pour les urgences. Sur place, une prise de sang confirme la grossesse : on ne sait pas vraiment quoi penser. AprĂšs 10 heures aux urgences, on me garde pour la nuit. L’échographie n’aura lieu que le lendemain matin. Imaginez bien comment le temps peut paraitre long sans savoir !

Le lendemain : heure du verdict ! À l’écran, le gynĂ©cologue m’explique tout. La tĂąche blanche c’est le bĂ©bĂ©, la poche ici l’utĂ©rus
 Ok
 la tĂąche est dans la poche donc j’en dĂ©duis : si tĂąche Ă©gale bĂ©bĂ© et que poche Ă©gale utĂ©rus alors il s’agit d’une grossesse INTRA utĂ©rine et non EXTRA utĂ©rine : bĂ©bĂ© est sauvé ! Je souris enfin ! SoulagĂ©e !


Mais pas pour longtemps
 Le mĂ©decin me confirme ma dĂ©duction. Mais au moment d’écouter le cƓur du bĂ©bĂ©, rien 
 « Madame, je suis dĂ©solĂ©e, mais ce bĂ©bĂ© n’est pas viable. » Euh, troisiĂšme coup de massue c’est ça, non ? Le gynĂ©cologue m’explique que je vais ĂȘtre arrĂȘtĂ©e dix jours, que je risque de faire une fausse couche, mais que si ça n’est pas le cas, un nouveau contrĂŽle sera fait huit jours plus tard et qu’un curetage sera pratiquĂ© pour extraire l’embryon. Pas trĂšs rĂ©jouissant tout ça hein ?

J’entame la partie la plus drĂŽle pour vous, mĂȘme si je crains de provoquer une chute de la natalitĂ© aprĂšs vous avoir tout dit !

Les huit jours sont passĂ©s, et miracle, lors de l’échographie de contrĂŽle, le cƓur de bĂ©bĂ© battait ! Me voilĂ  enceinte de 6 semaines pour de vrai ! Pas cool le dĂ©but de l’aventure mais ça y est, elle commence ! C’est parti pour la magie de la grossesse ! Enfin
 c’est ce que je croyais


Bizarrement, avant de savoir que j’étais bel et bien enceinte, les symptĂŽmes de la grossesse ne faisaient pas partie de ma vie. DĂšs lors que dans ma tĂȘte le mot « bĂ©bé » a pris la place de tout le reste, mon corps a dĂ©cidĂ© qu’il Ă©tait temps de me montrer rĂ©ellement ce qu’est une femme enceinte. J’avais, certes, entendu parler des petites nausĂ©es matinales pas trĂšs agrĂ©ables Ă  la sortie du lit qui durent les trois premiers mois de la grossesse, mais je ne pensais pas que ces « petites nausĂ©es », c’était trois mois Ă  se rĂ©veiller chaque matin avec l’impression d’avoir pris une cuite la veille au soir.

Trois mois oĂč, avant mĂȘme d’avoir ouvert les yeux on n’ose pas bouger d’un centimĂštre de peur de « galeter » sur la moquette. Trois mois avec cette envie de vomir Ă  chaque odeur que l’on sent, autant vous prĂ©venir : adieu le bisou tendre du matin ! Et si seulement c’était qu’au rĂ©veil ! Apparemment pour les femmes enceintes qui ont parlĂ© de « petites nausĂ©es matinales », le mot « matinale » c’est : toute la journĂ©e !

Pour certaines femmes pourtant, on parle de « missions frigo honteuses Ă  4 heures du matin », mais pour ma part, ces nausĂ©es m’ont enlevĂ©es toute envie de manger depuis des mois. Et puis il y a aussi ce que les autres appellent « le super pouvoir ». Un odorat dĂ©cuplé ! Super pouvoir certes mais hyper inutile et surtout hyper gerbant ! Toutes les odeurs paraissent amplifiĂ©es, mĂȘme les odeurs agrĂ©ables auparavant : votre parfum, l’odeur de votre gel douche, celle de votre homme
 au point de vous en dĂ©gouter. Pire encore : les odeurs des Ă©tals sur le marchĂ©, des pots d’échappement, de la cigarette, de la transpiration
 À chaque bouchĂ©e, chaque odeur
 Que du bonheur !

Des symptîmes de grossesse trop glamour à n’en plus finir !

Et si seulement il n’y avait que ça
 C’est loin d’ĂȘtre fini. J’avais aussi entendu parler des envies pipi frĂ©quentes en fin de grossesse, mais une nouvelle fois j’étais loin de la rĂ©alitĂ©. Pour moi la fin de grossesse a dĂ©buté  Ă  deux mois ! Une envie de faire pipi tout le temps, sachant que les recommandations mĂ©dicales des mĂ©decins pour une personne « normale » sont de boire 1,5 litre d’eau par jour, ces derniĂšres, couplĂ©es Ă  ma maladie de reins, s’élĂšvent Ă  3 litres d’eau minimum par jour. Ça n’aide pas n’est-ce pas ?

Autant tu passes ton temps Ă  aller faire pipi, autant pour le reste
 Une cata ! Ça bouchonne comme le pĂ©riphĂ©rique parisien aux heures de pointe un jour de grĂšve du mĂ©tro. Vous voyez de quoi je parle ? La constipation
 Croyez-moi sur parole : ça dure depuis le dĂ©but ! Ajoutez Ă  ça aux super hĂ©morroĂŻdes ! Un bon entrainement pour l’accouchement me direz-vous


Et le bonus pour moi, c’est qu’avec ma maladie j’avais dĂ©jĂ  quatre dents qui bougeaient actuellement le nombre s’élĂšve Ă  sept ! DĂ©but de l’aventure difficile, les semaines qui ont suivi pas aussi « magiques » que ce qu’on nous laisse croire
 Et je n’ai parlĂ© que des trois premiers mois !

Une si bonne idée pour annoncer sa grossesse qui fait un bide monumental

AprĂšs avoir gardĂ© le secret des premiĂšres semaines malgrĂ© les difficultĂ©s : l’annonce de la grossesse aux parents et beaux-parents. On s’imagine la situation un nombre incalculable de fois avant que cela n’arrive rĂ©ellement. Avec monsieur, on en parle complĂštement excitĂ©s pendant des jours et des jours pour trouver la façon la plus originale d’annoncer la nouvelle. Lorsqu’enfin on se dĂ©cide, on n’a qu’une hĂąte c’est d’atteindre le jour J pour voir la rĂ©action de toute la famille.

De notre cĂŽtĂ© on avait dĂ©cidĂ© de faire ça tous ensemble. Mes parents et mes beaux-parents se rencontraient pour la premiĂšre fois juste avant les fĂȘtes de NoĂ«l : une occasion de leur apprendre qu’ils allaient ĂȘtre grands-parents en mĂȘme temps. On avait trouvĂ© un coffret Sophie la Girafe avec Ă  l’intĂ©rieur deux jolies boules de NoĂ«l dans lesquelles on retrouvait la girafe, et le fameux pouet-pouet en question.

On savait que le jour J mon frĂšre serait prĂ©sent, alors on s’était dit qu’on offrirait aux parents et beaux-parents une boule chacun et Ă  mon frĂšre le « pouet-pouet ». Le but c’était qu’en ouvrant les paquets Ă  l’apĂ©ro chacun reconnaisse Sophie et comprenne la grossesse en cours. Évident non ? Pas tant que ça
 Tout le monde a ouvert son paquet et pas de rĂ©action. Mon frĂšre a fait « pouet-pouet » et les parents et beaux-parents ont dit des choses dont je ne me souviens plus vraiment tellement j’étais stressĂ©e Ă  ce moment-lĂ .

Je retiens un « c’est mignon » ou un « original »  Mais pas un seul n’a percutĂ© qu’on annonçait lĂ  le fait qu’on allait ĂȘtre parents ! GĂ©nial non ? Mon beau-pĂšre a hĂ©sitĂ© un instant, mais voyant qu’autour de lui tout le monde restait impassible il n’a rien dit. L’annonce au final a Ă©tĂ© banale, Ă©puisĂ©e et Ă  bout j’ai dit en pleurant « je suis enceinte ». À quoi bon se casser la tĂȘte ? « Échec mission » comme on dirait au boulot
 Tout le monde Ă©tait content c’est l’essentiel !

Pleurer devant une émission à la télé ? Tout à fait normal pour moi

L’aventure continue et chaque jour de nouveaux symptĂŽmes. Toutes les Ă©motions basiques deviennent exagĂ©rĂ©es, imprĂ©visibles et changeantes. Ainsi Ă©motivitĂ©, crises de larmes, sautes d’humeur, hypersensibilitĂ©, colĂšre, irritabilitĂ©, et susceptibilitĂ©, c’était mon quotidien.

Je pleure devant les Douze coups de midi parce que « machin » n’a pas gagnĂ© la cocotte ovale en fonte de 41 cm ou encore lorsque mon cher et tendre quitte la chambre le matin sans m’embrasser alors que la veille je l’ai envoyĂ© bouler car il avait tentĂ© de le faire
 Je m’énerve Ă  la caisse du supermarchĂ© parce qu’apparemment je ne suis pas assez enceinte pour passer en prioritĂ© sur les caisses rĂ©servĂ©es aux femmes enceintes, mais je m’énerve aussi de toutes ces maniĂšres autour de moi pour me prĂ©server car je suis enceinte : je ne suis pas en sucre ! Aaaah les hormones


Pas le droit de se soigner quand on est enceinte !

Oui ! AprĂšs une nuit agitĂ©e, durant laquelle j’avais des crampes au cƓur (quand ça arrive on sait qu’il s’agit du cƓur) et des fourmillements dans les mains, direction les urgences. AprĂšs diagnostic rapide, tout laisse croire Ă  une embolie pulmonaire. Chose, pour ceux qui ne connaissent pas : pas anodin du tout, voire assez grave. Cependant, enceinte, les mĂ©decins n’osent prendre aucune dĂ©cision !

Cinq jours d’hospitalisation et personne ne sait rĂ©ellement quoi dire car on ne peut rĂ©aliser une radio cardio-pulmonaire. Au final les ECG n’étant pas mauvais, et les crampes ayant disparues, on m’a laissĂ© rentrer chez moi avec la consigne d’appeler les pompiers rapidement Ă  la moindre nouvelle alerte. Pas stressant du tout
 J’ai eu le droit Ă  la grippe : mais Ă©videmment pas le droit aux mĂ©dicaments. Donc fiĂšvre, toux, et tout ce qui va avec pendant plus d’une semaine, Ă  subir sans pouvoir me soigner. Et comme j’ai du bol, ça s’est transformĂ© en pneumonie ! Proche de la mort on vous trouve toujours un antibiotique malgrĂ© votre grossesse ! Bizarre non ?

Voilà
 je pense que j’en ai assez dit. Welcome to reality ! Oui, il fallait que je dise la vĂ©ritĂ© sur ce qu’il se passe pour moi, ok, oui, ce n’est pas la mĂȘme chose pour toutes et tant mieux !

Mais le problĂšme c’est que c’est si « merveilleux » la grossesse que tu n’as pas le droit de te plaindre. JAMAIS. MĂȘme si tu as juste envie de grimper dans une Delorean avec Marty Mc Fly et t’envoler, tu as tout juste l’autorisation de murmurer que « ça commence Ă  faire un peu long » vers le huitiĂšme mois de grossesse car une grossesse est un cadeau
 Ma grossesse oui je le sais bien aussi et j’en suis consciente aussi malgrĂ© tout ces dĂ©sagrĂ©ments, elle est un miracle ! Un vrai miracle !

 

Au secours je suis enceinte

 


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