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5 questions sur l’accouchement en siùge que vous n’osez pas poser

Ah ces westerns avec accouchement en siĂšge catastrophe et jeune premier veuf inconsolable ! Qu’on le veuille ou pas, ça nous a super impressionnĂ©es et, quand bĂ©bĂ© va pointer son nez, l’idĂ©e d’un « siĂšge » nous terrifie
 Pourtant tout se passe bien grĂące Ă  un protocole bien ficelĂ© et bien rodĂ©. Explications.

Pourquoi certains bébés se présentent par le siÚge ?

C’est sĂ»r, la position la plus frĂ©quente, c’est la tĂȘte en bas, les pieds en l’air.  Quand bĂ©bĂ© prĂ©sente ses fesses en premier, c’est une naissance par le siĂšge, voire mĂȘme en siĂšge complet quand bĂ©bĂ© est assis en tailleur (dĂ©jà ???) et en dĂ©complĂ©tĂ© lorsqu’il est en position dĂ©tendu, la pointe des pieds en avant
.

Le siĂšge, c’est la position la plus courante pendant la grossesse, puis, au fur et Ă  mesure que l’accouchement se rapproche, la quasi-totalitĂ© des bĂ©bĂ©s (95%) se retournent, c’est ce que les mĂ©decins appellent une « version spontanĂ©e ». Inutile de s’inquiĂ©ter : le non retournement du futur bĂ©bĂ© ne cache pas forcĂ©ment une pathologie, c’est juste liĂ© Ă  une forme particuliĂšre de l’utĂ©rus parfois, Ă  la position du placenta, Ă  la prĂ©sence de fibromes
 Ou parce que la nature l’a dĂ©cidĂ© sans qu’il y ait de raison particuliĂšre. Rien de grave.

Est-ce que j’aurais d’office une cĂ©sarienne si bĂ©bĂ© est en siĂšge ?

L’accouchement par voie basse est tout Ă  fait possible
 en principe. Mais la tendance des parents Ă  porter plainte Ă  la moindre complication, certains mĂ©decins ne veulent plus prendre de risques, et beaucoup (pour ne pas dire la plupart) des prĂ©sentations par le siĂšge font l’objet d’une cĂ©sarienne, bien qu’aucune recommandation des autoritĂ©s de santĂ© ne l’impose. Le bon cĂŽtĂ©, c’est que cela permet d’éviter les complications, certes trĂšs rares, mais qui peuvent ĂȘtre graves pour le bĂ©bĂ©. NĂ©anmoins, certains siĂšges permettent un accouchement par voie basse Ă  certaines conditions.


Quelles sont ces conditions ?

Une radio pelvimĂ©trie doit avoir Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e afin de savoir si la taille du bassin permet ou non le passage du bĂ©bĂ©. Il faut aussi avoir des mesures trĂšs prĂ©cises du fƓtus pour que le mĂ©decin estime la situation au mieux. Avec un gros bĂ©bĂ©, la cĂ©sarienne est le plus souvent proposĂ©e.  Idem si la maman est trĂšs menue, avec un bassin trĂšs Ă©troit. De mĂȘme, vous n’accoucherez jamais par le siĂšge par surprise : l’équipe mĂ©dicale doit vous avoir informĂ©e et vous devez donner votre consentement Ă  un accouchement par voie basse par le siĂšge. Et cela n’exclu pas pour autant le recours Ă  une cĂ©sarienne en urgence au cours de l’accouchement.

Ne vaut-il pas mieux une césarienne si bébé est en siÚge ?

C’est le mĂ©decin qui le dĂ©cide en fonction de son diagnostic. Mais il ne faut pas oublier qu’une cĂ©sarienne n’est pas un acte sans risque. Cela reste un geste chirurgical, avec des complications possibles et laisse un utĂ©rus cicatriciel ensuite qui peut avoir des consĂ©quences sur les accouchements suivants. En gĂ©nĂ©ral, le mĂ©decin choisit la solution la plus sĂ©curisante.

Peut-on essayer d’inciter le bĂ©bĂ© Ă  se retourner ?

Oui, nous avons toutes entendues parler de manƓuvres externes, en gĂ©nĂ©ral pratiquĂ©es vers la 37 SA si bĂ©bĂ© est toujours en siĂšge et Ă  condition de que le fƓtus ne souffre pas d’un retard de croissance et que vous n’avez pas un placenta insĂ©rĂ© bas dans l’utĂ©rus.

Si vous ĂȘtes RhĂ©sus nĂ©gatif, une injection de gamma-globulines sera nĂ©cessaire avant la manƓuvre. Toutes ces prĂ©cautions et/ou contre-indications seront passĂ©es au crible avant que l’équipe mĂ©dicale n’essaye de retourner le bĂ©bĂ© en exerçant une pression sur votre ventre. Pas de panique, cela n’est pas douloureux mais ça peut ĂȘtre assez dĂ©sagrĂ©able Ă  vivre, il faut le reconnaĂźtre.


L’équipe mĂ©dicale ne s’obstinera pas si ça ne marche pas, donc la manƓuvre ne durera pas plus de quelques minutes. Un monitoring sera nĂ©cessaire avant la manƓuvre et aprĂšs, pour vĂ©rifier l’absence de souffrance fƓtale.

Remerciements au Dr Thierry Harvey, gynécologue-obstétricien à la Clinique des Diaconnesses de Reuilly.


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