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Quels sont les risques en cas d’incompatibilitĂ© de rhĂ©sus ?

Ce risque ne concerne que peu de femmes enceintes, soit moins de 15%. Quand la maman est rhĂ©sus nĂ©gatif et que le papa est rhĂ©sus positif, il y a risque que des globules rouges du bĂ©bĂ© passent dans la circulation sanguine de la maman au moment de l’accouchement, ou d’une fausse couche voire d’une IVG. Mais ce risque est aujourd’hui bien encadrĂ©. Les explications du Pr LĂ©on Boubli, chef de service au PĂŽle Femme Enfant de l’hĂŽpital Nord de Marseille.

Qu’est-ce qu’un rhĂ©sus ?

C’est une particularitĂ© gĂ©nĂ©tique. Le rhĂ©sus + indique que nos globules rouges portent Ă  leur surface une molĂ©cule baptisĂ©e rhĂ©sus. Le rhĂ©sus – dĂ©signe une personne dont les globules rouges ne portent pas Ă  leur surface cette molĂ©cule.

Qu’est-ce que l’incompatibilitĂ© rhĂ©sus ?

Quand la future maman rhĂ©sus nĂ©gatif attend un bĂ©bĂ© d’un homme qui est, lui, rhĂ©sus +, le bĂ©bĂ© Ă  naĂźtre sera rhĂ©sus +. Pas de souci en principe pour une premiĂšre grossesse puisque l’organisme de la future maman n’a pas Ă©tĂ© en contact avec le facteur rhĂ©sus +. En revanche, il est possible qu’au moment de l’accouchement (ou d’une IVG, d’une amniocentĂšse
), des globules rouges du fƓtus rhĂ©sus + passent dans la circulation sanguine de la maman dont l’organisme fabriquera aussitĂŽt des anticorps (les fameuses agglutinines irrĂ©guliĂšres qui sont recherchĂ©es au cours des examens sanguins de la grossesse au premier trimestre, au 6e, 8e et 9e mois). Au second bĂ©bĂ© rhĂ©sus +, il y a donc risque d’incompatibilitĂ© rhĂ©sus. Les anticorps maternels risquent d’attaquer les globules rouges du fƓtus (risque d’anĂ©mie sĂ©vĂšre, d’ƓdĂšme, de lĂ©sions cĂ©rĂ©brales
). A noter, si la mĂšre est rhĂ©sus + et le pĂšre rhĂ©sus -, il n’y a pas de risques d’incompatibilitĂ© rhĂ©sus. Par principe de prĂ©caution, il vaut mieux vĂ©rifier dĂšs l’annonce de la premiĂšre grossesse que l’on n’est pas dĂ©jĂ  porteuse d’agglutinines irrĂ©guliĂšres qui auraient pu se dĂ©velopper Ă  l’occasion d’une IVG ou d’une fausse couche.

Que faire en cas de risque d’incompatibilitĂ© rhĂ©sus ?

Aujourd’hui, cette particularitĂ© est bien encadrĂ©e. En principe, lorsque la maman est rhĂ©sus – et le papa rhĂ©sus +, la maman reçoit le jour de l’accouchement, aprĂšs la dĂ©livrance, une injection de sĂ©rum anti-rhĂ©sus. Ces anticorps anti rhĂ©sus vont dĂ©truire les quelques globules rouges du bĂ©bĂ© qui ont pu passer dans la circulation sanguine de la maman. Cela va permettre d’éviter que l’organisme de la maman fabrique ces propres anticorps qui pourraient faire des dĂ©gĂąts lors d’une prochaine grossesse. Aucun risque avec les anticorps injectĂ©s : ils s’élimineront d’eux-mĂȘmes en moins d’un mois de la circulation sanguine de la jeune accouchĂ©e. A la grossesse suivante, il n’y aura donc pas d’anticorps anti rhĂ©sus (agglutinine irrĂ©guliĂšre) dans le sang de la mĂšre et le prochain fƓtus ne risquera donc pas de voir ses globules rouges attaquĂ©es par des anticorps maternels.

Une nouvelle méthode pour mieux cibler le risque

Mais depuis quelques temps, certaines maternitĂ©s, dont celle de l’hĂŽpital Nord de Marseille, ont dĂ©veloppĂ© une mesure de prĂ©vention efficace qui Ă©vite de faire cette injection de sĂ©rum anti-rhĂ©sus aux mamans dont le fƓtus n’est pas rhĂ©sus +: lorsque la future maman prĂ©sente un rhĂ©sus nĂ©gatif, son mĂ©decin lui prescrit une prise de sang Ă  rĂ©aliser conjointement au dĂ©pistage de la trisomie 21 Ă  12 semaines de grossesse. Cet examen mĂ©dical permet de connaĂźtre le rhĂ©sus du fƓtus sous 7 jours. Et l’injection anti-rhĂ©sus ne sera donc rĂ©alisĂ©e Ă  l’accouchement que si l’examen sanguin indique que le bĂ©bĂ© Ă  naĂźtre est de rhĂ©sus positif.

 

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