5 phrases de femmes enceintes à décoder pour leur chéri

Le jour où vous annoncez l’heureuse nouvelle à votre chéri, il est euphorique. Les jours suivants aussi. Et puis, au fur et à mesure que les nausées prennent le dessus, que votre ventre s’arrondit (comme vos chevilles d’ailleurs), que la cohorte interminable d’examens médicaux vous fait craindre qu’avoir un enfant en bonne santé ne soit pas si naturel que ça, allez savoir pourquoi, ça coince. L’humeur est grinçante, le sourire rare, les larmes fréquentes… Et le futur papa, lui aussi, a le bourdon et prend la mouche pour rien. Eh oui, il ne pige rien à vos angoisses et à vos bobos de femme enceinte, cet homme. Neuf Mois décode avec la psychanalyste Myriam Sejzner ce qu’il devrait comprendre de vos phrases en coups de canon.

1. Pas question d’annoncer la grossesse pour l’instant, on le dira quand ça se verra !

Ce qu’en dit la psy : mais non, elle ne regrette pas d’attendre ce bébé. Simplement, certaines futures mères ont besoin de jouer avec l’ambivalence de l’être sans le paraître, d’autres préfèrent être certaines que la grossesse tienne avant de l’annoncer et attendre le délai convenu de trois mois, d’autres encore ont envie de garder ce secret au creux du couple le plus possible comme un lien de plus alors que certaines ne pourront s’empêcher de le dire à tout le monde, même à la boulangère. Et puis, pour d’autres encore, l’annonce au chef dans l’entreprise peut être compliquée, d’où ce recul de l’annonce.

Ce que tout chéri devrait faire  : respecter son désir de taire ou de communiquer la nouvelle. Instinctivement elle sait ce qui est bon pour elle et votre enfant. Si l’envie vous taraude d’en parler à votre mère ou à votre meilleur pote, choisissez un jour où elle a la pêche et négociez un petit raccourcissement de peine (de silence).

2. Je suis épuisée et tu n’en tiens jamais compte depuis que je suis enceinte !

Ce qu’en dit la psy : Les hormones, les premiers mois, sont à l’origine de cette envie de dormir quasi-permanente, des nausées et du petit vague à l’âme causé par le bouleversement psychique qu’implique le fait de devenir mère, ou de voir ses responsabilités maternelles prendre encore plus d’importance avec un second ou troisième enfant. La future mère vit de plein fouet ce bouleversement anatomique et psychique alors que le futur père est encore dans l’abstrait. Son corps ne subit pas de modifications et de petits troubles et la paternité est encore pour lui un concept assez nébuleux.

Ce que tout chéri devrait faire : éviter de balancer le classique « pourtant, tu le voulais, ce bébé ! Alors pourquoi c’est un problème maintenant ?  ». S’armer de patience, on est loin des caprices, juste dans un phénomène physiologique normal. Quand ça coince trop, aller prendre l’air ou faire du sport permet d’évacuer la tension mais jamais en « abandonnant » la future maman à elle-même sauf avec son accord (mais on ne vous promet pas qu’elle ne vous le reprochera pas après !).

3. Tu dois être pervers pour me trouver sexy avec mon ventre de femme enceinte !

Ce qu’en dit la psy : Lorsque la future maman est très attachée à son apparence et particulièrement à l’esthétique de son corps, elle peut mal vivre ce qu’elle voit comme une perte de séduction, surtout quand ìl ne s’agit que des premiers bouleversements physiques, jambes gonflées, visage plus rond. Lorsque le ventre apparaît vraiment, souvent c’est plus facile car la grossesse étant visible, elle ne se sent pas attaquée dans son exigence de minceur. Son état s’affiche, elle est enceinte, pas en surpoids. Mais pour certaines femmes, cela peut rester un sujet sensible.

Ce que tout chéri devrait faire : Insister encore et toujours pour dire à sa compagne qu’elle est belle, sexy, magnifique et tout et tout… Insister aussi sur des signes de séduction moins connotés grossesse comme les yeux lumineux, les mains si fines, la peau si douce, les lèvres sexy…

4. Et si notre bébé n’était pas normal…

Ce qu’en dit la psy : Pour certaines futures mamans, les examens médicaux peuvent être anxiogènes. Et même si tout se passe bien, reste toujours l’étape du mois suivant où, de nouveau, les examens pourraient laisser apparaître des soucis. En cela, il faut reconnaître que la médecine, dont la mission est de rassurer, fait plutôt effet inverse. Par les examens, elle vérifie la capacité de la femme à fabriquer un beau bébé. C’est infantilisant, culpabilisant et terriblement angoissant.


Ce que tout chéri devrait savoir : L’accompagner chez la sage-femme ou chez le gynéco est une nécessité. Cela apporte un soutien affectif et moral à la future maman, elle se sent soutenue et aura moins tendance à flipper. Et puis en comparant les mots que chacun a retenu et ce qu’il en déduit, on limite les risques de mauvaise interprétation.

5. Je veux la meilleure poussette pour mon bébé.

Ce qu’en dit la psy : c’est parfois un peu codé mais quand il y a déjà des enfants dans la famille (ceux du conjoint, ceux de la belle-sœur, des cousines…), c’est une manière détournée d’affirmer que son bébé a droit au moins à aussi bien que les autres enfants de la famille, que ce n’est pas parce qu’il vient après qu’il est moins important.

Ce que tout chéri devrait savoir : Evidemment, vous n’allez pas aller braquer la banque pour une poussette ni vous endetter sur cinq ans. Mais dans le budget prévu pour équiper bébé, laissez-la choisir même si vous pensez que la poussette coûtant 100€ de moins aurait été très bien. Si ça coince au niveau budget, réfléchissez aux économies que vous pourriez faire, vous et pas elle, pour pouvoir lui offrir le modèle qu’elle convoite. Allez à pied ou en covoiturage au boulot pour économiser l’essence, apporter une gamelle plutôt que de déjeuner au bistrot, etc. En trois mois d’efforts vous trouvez le budget et elle sera tout émue de voir ce que vous avez fait pour elle. Peut-être même que, si elle s’en aperçoit avant, elle ne voudra plus de ce modèle onéreux. Le but étant atteint : prouver qu’elle et son bébé ont de la valeur !

 

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