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Accouchement naturel et bonheur prématuré : Ma grossesse triple

Hello ! Mo c’est Claire Barer,  maman de 4 enfants dont des triplĂ©s, et c’est d’ailleurs le thĂšme de mon blog : « la vie des triplĂ©s ». Un blog dĂ©lirant et plein d’astuces pour les mamans ayant vĂ©cu une (ou plusieurs) grossesse(s) multiple(s) !

Ici, je vous raconte la venue au monde de mes triplĂ©s. Grossesse que j’ai vĂ©cue pendant les 10 derniĂšres semaines couchĂ©e pour Ă©viter la venue trop rapide des nourrissons qui Ă©taient « prĂȘts » dĂšs 24 semaines


Spidermaman c’est moi et je vous raconte un peu ma vie, mes bonheurs ici
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Ça veut dire quoi un accouchement naturel ? Et ma cĂ©sarienne alors ?

En pleine nuit, Ă  24 semaines de grossesse, je suis arrivĂ©e Ă  6 heures du matin avec des contractions, toutes le 8 minutes. Je savais bien que ça serait dur. Une grossesse triple vous imaginez bien, les gynĂ©cos n’aiment pas trop ça ! RĂ©sultat, en bonne future maman, j’avais donc respectĂ© tout ce que m’avaient demandĂ© de faire les mĂ©decins : une alimentation ultra-saine, plus une seule clope, terminĂ©, et plus un cafĂ©. J’ai ensuite investi dans LE super fauteuil Ă  bascule qui t’offre LA position idĂ©ale parce que « ça n’appuie pas sur le col ».


Et pourtant c’est arrivé 

Col ouvert Ă  2 cm, les pĂ©diatres qui descendent de leurs services et vous font asseoir (ou vous demandent de vous allonger dans mon cas), puis vous expliquent les consĂ©quences d’un accouchement si prĂ©maturé  On entend alors les mots « dĂ©cĂšs, rĂ©animations, trĂšs grands prĂ©maturĂ©s »  Et on prie pendant que de longs frissons vous parcourent. En tous les cas, c’est ce que font les futures mamans concernĂ©es par cette situation : juste avant de se faire poser la perf’. On s’accroche alors soudainement Ă  cette petite goutte qui tombe doucement dans le tube. Puis on attend. Il n’y a que ça Ă  faire.

C’est la fĂȘte au village dans ma chambre


InfirmiĂšres, mĂ©decins, sages-femmes, aides-soignantes. Ils ont tous et toujours les mĂȘmes phrases : « chaque heure de gagnĂ© est une victoire. Restez alitĂ©e ». La nuit est passĂ©e. Les larmes coulent toujours sur mes joues. Ce n’est pas possible. Pas maintenant. Pas comme ça. Je ne vais pas accoucher lĂ  maintenant, comme ça.

Pour en arriver lĂ , Ă  ma prĂ©sence dans cette chambre avant d’accoucher, je vous propose un petit flash back


Je suis mariĂ©e depuis un petit moment maintenant, j’ai un boulot intĂ©ressant dans la communication, je possĂšde une super bande de copains et j’ai pour moi un bel appartement. Bref, le bĂ©bĂ© Ă©tait la continuitĂ© de cette vie si bien commencĂ©e. Mais voilĂ , tout n’a pas Ă©tĂ© si simple. On peut le dire, on en a bien « chié» avec ChĂ©ri. Fausses couches, traitement de PMA et tout ce qui va avec. «Ni pense pas, c’est comme ça que ça viendra » me rĂ©pĂ©tait-on sans cesse. Oui, bien sĂ»r, j’ai pris l’habitude de sortir avec une glaciĂšre en soirĂ©e pour me piquer d’hormones (qui m’ont fait prendre 6 kilos en passant) mais je n’y pense pas, Ă©videmment.

Et un jour, une FIV : on attend des triplés !

Dans mon lit d’hĂŽpital, les minutes sont longues. Mais elles se transforment en jours. Puis en semaines. Et je ne bouge pas, mais alors pas d’un iota. Je dĂ©couvre le fameux « bassin », les draps tachĂ©s (car manger allongĂ©e, ce n’est pas de la tarte les filles), les plats de l’hĂŽpital, la tranche 9-10 heures Ă  la tĂ©lĂ©vision ou le royaume du tĂ©lĂ©-achat. Je ne peux pas poser mes mains sur mon ventre. Mon utĂ©rus est contractile. Alors, je m’écoute, je les Ă©coutes, je les ressens. C’est fou, ils sont trois. Je peux tous les sentir bouger, chacun dans leur petite chambre au milieu de mon ventre.


Ma vie est rythmĂ©e au grĂšs de monitorings tous les deux jours. Je sais que bĂ©bĂ© du bas dors beaucoup, que mon ventre penche sur la gauche Ă  cause de mon plus grand bout de chou. L’un des triplĂ©s quant Ă  lui, est discret. Chaque nuit, j’ai alors peur de m’endormir, peur que mon cerveau se relĂąche. Je suis effrayĂ©e Ă  l’idĂ©e de me rĂ©veiller mouillĂ©e, terrifiĂ©e en pensant Ă  la pratique d’une cĂ©sarienne en urgence. Et puis, c’est bientĂŽt NoĂ«l. « Docteur, vous ĂȘtes sĂ»r qu’il y aura assez de pĂ©diatres dans l’hĂŽpital si j’accouche le 24 ? ».

Un jour de plus !

Et tous les matins, maman est avec moi au téléphone : « un jour de plus ». Petit à petit, heure aprÚs heure, on a gagné 10 semaines. Les 10 plus loooongues semaines de ma vie. Puis, le grand jour est arrivé. Césarienne programmée à 34SA+1. Toutes les mamans de prématurés parlent en semaine. Maintenant je sais pourquoi.

Le bloc est plein Ă  craquer

J’ai des fils de tous les cĂŽtĂ©s. Mais surtout, il est enfin l’heure. Je vois enfin mes bĂ©bĂ©s et ils sont en bonne santĂ©. Des vrais bĂ©bĂ©s, roses, avec 30 doigts et 30 orteils ! En tout Ă©videmment. Le bonheur peut commencer. On y est arrivĂ©s. Maintenant, il ne peut plus rien arriver. J’y ai donnĂ© mon corps en entier, mon cƓur a tout connu, mon cerveau a tout surpassĂ©. Je n’ai plus peur de rien. MĂȘme pas des 28 biberons par jour qui nous attendent !

Je crois que c’est ça un accouchement naturel. Je n’ai pas eu besoin de pousser pour sentir mes enfants arriver. Je n’ai pas eu besoin de perdre les eaux pour avoir le plaisir de les entendre crier. Ce fĂ»t, pour moi en tous les cas, un accouchement naturel. Tout ce qu’il y a de plus naturel, de plus maternel, de plus animal.


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