Grossesse et nausées : comment gérer le dégoût des aliments ?

Moi enceinte ? Devoir subir les nausées, voir son corps se métamorphoser pour se transformer au fil des mois, être obligée de se rendre tous les mois au laboratoire pour des prises de sang. Il y a un an et 5 mois, je vous aurais dit : « que Nenni ». J’aurais même plaisanté en vous disant : « ça ne risque pas de m’arriver ». Patatras. Fontaine, ne dis jamais : « je ne boirai pas de ton eau » car pendant 9 mois, de l’eau, j’en ai bu.

 

Les angoisses du début de grossesse

Et puis, voilà, ce sont des choses qui arrivent. Vous dire que j’ai sauté de joie en apprenant ma grossesse, eh bien non. Submergée par un flot d’émotions contradictoires : panique, bonheur, doutes, crainte de l’avenir, de ne pas être à la hauteur, de ne pas retrouver ma silhouette de femme… « Comment vais-je assumer cette grossesse et son cortège de désagréments », telle a été ma première réaction à la vue de ce test positif. Non je ne me suis pas exclamée : « Tu vas être maman, youpi ». J’ai paniqué. Ma grossesse n’a pas été un état épanouissant et ce dès le début. Ah les fameuses nausées des premiers mois ! Cette chose dont tout le monde vous parle à longueur de journée, vous rabâchant les oreilles avec cette phrase : « alors, pas trop malade ?», alors qu’à moitié agonisante, vous essayez tant bien que mal de conserver dans votre estomac les trois pâtes natures que vous venez d’ingérer.

 

Les nausées

Mais tout est relatif. J’ai en effet eu de la chance de n’éprouver que des nausées et du dégoût pendant 3 mois sans vomissement. Je n’ai pas été obligée de demander à mon homme de changer de parfum, ni de commander un masque anti-odeurs pour me protéger des agressions extérieures. Mais se lever tous les matins dans un état comateux, avec des intestins en vrac, descendre à la cuisine et tourner de l’œil en respirant les odeurs des épices, à force, ça use. Pendant 3 mois j’ai pris en horreur le curry et autres épices à l’odeur entêtante, ne pouvant ingérer que de la salade, des pâtes, du riz, de la soupe et un peu de poisson nature. Des mets de choix, hautement gastronomiques, le tout accompagnés d’un succulent verre d’eau, pour faire passer le goût pâteux. Bien entendu, à cette période de la grossesse, plus question pour mon compagnon et moi de nous rendre au restaurant pour éviter les situations critiques ou de tomber dans les pommes en humant le fumet d’un canard à l’orange. Oubliées aussi les invitations à manger chez les amis. Pendant trois mois, j’ai eu le droit à l’isolement complet. De là à dire que j’ai viré ermite dans ma hutte,  il n’y a qu’un pas. Comment gérer ce dégoût et ces nausées ?  A vrai dire, je ne l’ai pas vraiment géré. J’ai composé avec en mangeant du salé et les aliments qui me faisaient envie. Manger, un bien grand mot, plutôt en grignotant. Comté, gâteaux secs, raisins secs, noix, autant de petits ingrédients qui m’ont aidé à faire passer les nausées. Mon estomac était un tel nœud de gargouillis que je ne pouvais quasiment rien avaler à chaque repas, au point de perdre du poids.

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Pour ma part, l’activité sportive (natation, vélo) m’a permis de décompresser et de supporter au mieux ce mal-être et la fatigue. Je n’ai pas eu besoin de médicaments spécifiques pour lutter contre ces nausées. Dans mon dégoût, j’estime avoir été relativement épargnée. Mais arrêtons avec ces clichés : non ce n’est pas un moment joyeux d’être obligée de détourner le regard des aliments. Oui, c’est difficile à supporter car d’active je me suis retrouvée impuissante et passive, condamnée à accepter cet état nauséeux. Condamnée à changer mon alimentation (pas toujours évident pour la famille et le conjoint). J’étais loin d’être épanouie et rayonnante comme le font miroiter certains prêcheurs : « tu verras, la grossesse, c’est magique ». Comme le disent les médecins de leur sourire si rassurant : « c’est normal, ce sont les hormones, courage, ça va passer ». En attendant, il faut subir. Ce que j’ai fait parce que je n’avais pas le choix. 3 mois, c’est long et court à la fois. Et finalement, les nausées ont disparu, laissant place à d’autres bonnes nouvelles. Celle d’être enfin l’heureuse maman d’un merveilleux petit ange.

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