Témoignage : « J’ai appris mon cancer du sein pendant ma deuxième grossesse »

Bonjour à toute la communauté Neuf Mois, moi c’est Salomé. Je tenais à partager mon vécu sur Neuf Mois. Vous parler de mon cancer du sein, dont j’ai appris l’existence pendant ma grossesse. Enceinte en novembre 2012 de ma deuxième fille, c’est à partir de janvier 2013 que je suis gênée par une douleur au niveau du thorax… Après plusieurs visites chez mon médecin traitant, elle n’y prête pas trop attention, ne pouvant de toute façon rien me prescrire, autre que du paracétamol.

Enceinte, j’apprends que j’ai un cancer du sein

Les mois passent, et courant février je commence à avoir une rétroaction du mamelon et une gène inflammatoire dans le sein gauche. Ma sage-femme et mon gynécologue ne se posent pas plus de question, et le temps passe et mon sein se détériore… Il double de volume (les différents médecins mettent cela sur le compte des hormones…), moi je fais aveuglement confiance. Alors que je travaille toujours début mai 2013, j’ai un contrôle mensuel le 3 mai 2013, le gynécologue décide de mon arrêt de travail, étant donné que la tête du bébé est basse. Il me prescrit aussi une échographie mammaire que je ferai le 7 mai 2013.

Le Docteur qui me fait cet examen me reçoit en me demandant pourquoi je ne suis pas venue plus tôt, et que vu la tension dans le sein, elle ne pouvait rien faire de plus… Elle me laisse le choix entre une biopsie et une IRM mammaire(si je me sens capable de rester sur le ventre 20 minutes à 7 mois 1/2 de grossesse), je choisis la biopsie. Après la biopsie, je ne suis toujours pas inquiète, à aucun moment je ne songe aux résultats qui pourraient être mauvais. Le lundi 27 mai 2013, alors que je m’apprête à partir pour le cabinet de radiologie pour les résultats , je reçois un appel de mon mari qui me dit : « j’ai une mauvaise nouvelle ». Je pense spontanément à mes beaux -parents à qui il aurait pu arriver quelque chose et là il me dit : « non, j’ai eu docteur au téléphone , tes résultats ne sont pas bons, ils faut faire naître le bébé ! » Je ne comprends toujours pas. Pourquoi mon gynécologue avait-il appelé mon époux ? Pourquoi faire naître notre fille ? On n’a pas le temps de me laisser finir ma grossesse ? On s’en occupera plus tard ! On n’a pas fini la chambre du bébé, on n’a pas encore le prénom ! On n’a pas encore fait notre demande à la marraine et au parrain !

On doit déclencher mon accouchement

Tout s’enchaîne : rendez-vous avec mon chirurgien pour l’annonce du protocole, injections pour la maturation des poumons du bébé pendant deux jours, essai de déclenchement de l’accouchement… qui a échoué. Je dois subir une césarienne le 30 mai 2013. Romane est née à 10 heures 21 pour 42 cm et 1,510 kg. S’ensuit la pose de la chambre implantable sous anesthésie générale le lendemain. Je dois faire face alors à différents rendez-vous : cardiologue, infirmière oncologie… Le 4 juin 2013 je débute mon protocole de chimiothérapie. Le soir de sa naissance, notre fille Romane a dû partir en urgence au CHU de Hautepierre à Strasbourg pour insuffisance respiratoire, elle y restera 11 jours… J’ai simplement pu lui caresser la main, et elle est partie seule avec pour seul lien avec moi, un doudou que j’avais mis sous ma blouse d’hôpital pour qu’il ait mon odeur… 11 jours où je n’ai pas pu la voir, car trop faible après une césarienne que j’ai mal supportée, la chimiothérapie, le traitement anti-lactation qui favorise encore plus mon état nauséeux…

Mon mari assure son travail , les visites à Strasbourg pour voir Romane, les visites à la maternité où je suis encore. Et en fin de soirée, s’occuper de notre première fille Léonore qui avait 3 ans à l’époque…et qui était gardée par mes parents. Après 11 jours de réanimation pédiatrique, Romane revient sur Colmar dans le service de Néonatalogie. Elle est stable maintenant, mais elle a contracté un streptocoque, l’inquiétude continue. Romane est un bébé qui régurgite beaucoup, étrangement dans le même état que Maman… Mon quotidien lorsque j’étais rentrée de la maternité, sans Romane : déposer Léonore à l’école, filer en visite en Néonatalogie pour Romane afin de lui consacrer le plus de temps possible, en peau à peau et pour les soins. Repartir à temps pour être à nouveau de retour à l’école pour la sortie des classes de Léonore. Mon mari prenait le relais d’un autre peau à peau le soir après son travail… Ce rythme aura duré plus de 3 semaines.

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Les chimiothérapies ont continué pour moi après la naissance de ma fille

Les chimiothérapies ont continué toutes les 3 semaines pour lutter contre mon cancer du sein, dans un premier temps puis toutes les semaines pendant 5 semaines, et après une intolérance au taxol, j’ai encore reçu une cure de Taxotère. Les traitements se sont arrêtés le 24 octobre 2013. Le 20 novembre 2013, je suis opérée pour une ablation du sein gauche. Le 30 décembre 2013, je débute ma série de 37 séances de radiothérapie. En mars je débute l’hormonothérapie et reçois l’anticorps HERCEPTÎN jusqu’en janvier 2015. En août 2015 je débute ma reconstruction mammaire en 3 temps avec pose de prothèse en silicone, la dernière opération a eu lieu fin septembre 2016. Je peux dire que ça fait un an maintenant que je suis un peu sortie de tout cela. Heureusement je vais bien ainsi que ma famille, mais les dommages collatéraux sont bien réels, et il faut composer avec, néanmoins je ne peux pas me plaindre puisque mon parcours était compliqué mais constamment positif.

J’ai eu la chance de témoigner de mon parcours en 2015 sur le plateau des Maternelles, et la semaine dernière, j’ai été invitée sur le tournage de l’émission « Allô Docteur ». J’ai été très honorée de pouvoir témoigner dans ces émissions, et si je vous adresse mon témoignage, ce n’est pas pour essayer de cumuler les expériences qui feront parler de moi, mais si je peux simplement et humblement véhiculer un peu d’espoir et de positivisme dans cette maladie qui touche de plus en plus de jeunes femmes et de jeunes mamans, alors ce serait une belle mission d’accomplie pour moi… Rien n’a été simple dans mon histoire, comme dans celle de chaque malade, mais je me suis toujours nourrie de ma petite voix intérieure qui me disait : »TOUT IRA BIEN ».

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