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Témoignage : enfin maman aprÚs un long combat contre mon infertilité, il faut toujours y croire

Hello moi c’est GwenaĂ«lle ! J’ai depuis toujours eu des doutes sur ma capacitĂ© Ă  avoir un enfant. En effet depuis l’adolescence je me bats contre des cycles complĂštement irrĂ©guliers et de visite en visite chez le gynĂ©cologue, la seule rĂ©ponse Ă©tait la pilule. Aucune explication et mĂȘme le mĂ©decin qui vous dit que la mĂ©decine n’a pas toujours rĂ©ponse Ă  tout. Ah bon… Au fond de moi je savais qu’il y avait plus que ça. Mais ce n’est que quand j’ai vraiment voulu un enfant et rencontrĂ© le potentiel papa que j’ai approfondi le problĂšme.

En dĂ©mĂ©nageant j’ai enfin trouvĂ© le gynĂ©cologue qui a mis des mots sur tout ce que je subissais depuis des annĂ©es

Pour lui c’Ă©tait simple : je souffrais du syndrome des ovaires polykystiques. Et tout s’explique ! Les cycles irrĂ©guliers, les rĂšgles abondantes, la propension Ă  grossir rien qu’en regardant le sucre, le petit bidon etc.. Depuis ce jour a commencĂ© la batterie d’examens…Echographie, hystĂ©roscopie, HystĂ©rographie, hormonologie, prises de sang et j’en passe pour Ă©tablir un premier bilan d’infertilitĂ©. Tous ces examens se font Ă  des moments prĂ©cis du cycle, donc on passe son temps Ă  attendre… et quand, comme moi, nos cycles sont horribles sans traitement et bien on souffre encore plus.

PassĂ© 35 ans, pas besoin d’attendre un an de tentatives pour commencer les traitements donc on a commencĂ© doucement un premier, puis un deuxiĂšme, la stimulation ovarienne…car avec le syndrome des ovaires polykystiques, pas d’ovulation… Je me rajoutais un problĂšme Ă  ceux dĂ©jĂ  existants : je ne voulais pas de jumeaux, Ă©tant donnĂ© mon Ăąge et le fait que le papa avait dĂ©jĂ  2 garçons, l’affaire Ă©tait plus corsĂ©e. Il ne fallait pas surstimuler les ovaires pour ne pas avoir plusieurs follicules mĂ»rs.

La premiĂšre FIV

Au bout de presque 2 ans d’examens et de traitements infructueux, nous sommes passĂ©s Ă  la premiĂšre FIV. Je m’Ă©tais toujours dit que je n’irais pas jusque-lĂ . Alors qu’en fait, arrivĂ©e Ă  ce stade, j’Ă©tais persuadĂ©e que c’Ă©tait la seule chose qui pouvait fonctionner. Comme quoi, on se fait une montagne de la FIV par ignorance. Enfin du concret ! Mais aprĂšs 5 transferts, toujours pas de rĂ©sultat. Donc le gynĂ©cologue a prescrit un autre examen pour Ă©valuer la rĂ©ceptivitĂ© utĂ©rine. Examen non remboursĂ©. Mais qui donnait encore une explication Ă  mon infertilitĂ©… une raison de plus pour laquelle ça ne fonctionnait pas…c’Ă©tait Ă  la fois rassurant et dĂ©sespĂ©rant. Chaque rendez-vous était une raison de plus de dĂ©primer. Le nombre de fois oĂč je suis sortie de son cabinet totalement dĂ©sespĂ©rĂ©e.

Apres les vacances d’Ă©tĂ© nous passons Ă  la deuxiĂšme FIV

Cette fois-ci, au lieu de tout faire toute seule, j’ai beaucoup plus impliquĂ© mon compagnon. Il venait Ă  tous les rendez-vous, prises de sang et Ă©chographies du matin que les « fivettes » connaissent et aussi, tout Ă©tait centralisĂ© Ă  l’hĂŽpital. Car pour la premiĂšre, c’Ă©tait prise de sang en laboratoire, Ă©chographie le soir chez le gynĂ©cologue, toujours Ă  courir Ă  droite et Ă  gauche et caler les rendez-vous en dehors des horaires de travail. Un vrai marathon ! Pour la deuxiĂšme FIV, j’ai aussi appris que pour la PMA nous avions le droit, tout comme pour les femmes enceintes, Ă  prendre nos rendez-vous sur le temps de travail. À diffuser largement. C’est un loi de janvier 2016. J’ai aussi dĂ©cidĂ© d’ĂȘtre franche avec mes responsables et d’expliquer que j’aurais besoin parfois de m’absenter et les raisons. Ça fait un bien fou de ne plus se cacher.

La ponction a fini en hospitalisation car comme souvent, je suis le cas qui ne reprĂ©sente que 1% des cas…J’ai eu un Ă©panchement ovarien : douleurs atroces qui m’ont clouĂ©e au lit toute une aprĂšs-midi. Avec le dĂ©filĂ© d’internes dans ma chambre d’hĂŽpital pour voir LE cas. Je me suis promis que c’Ă©tait la derniĂšre fois que je m’infligeais de telles souffrances. Suite Ă  cela, les mĂ©decins se sont demandĂ© s’il fallait transfĂ©rer l’embryon.  J’ai Ă©galement dĂ» me battre pour qu’on n’en transfĂšre qu’un.« Mais madame, Ă  votre Ăąge, on en met 2 »... Il a fallu que je lĂąche un « je prĂ©fĂšre ne pas en avoir qu’en avoir 2 », pour qu’ils comprennent ma dĂ©termination et que je n’avais pas envie de jouer au petit chimiste pour arranger leurs statistiques. 10 jours plus tard, la prise de sang Ă©tait positive… Je ne voulais pas y croire. Mon parcours Ă©tait si long et rempli de tellement de faux espoirs qu’il a fallu la premiĂšre Ă©chographie Ă  6 semaines, entendre son petit cƓur pour la premiĂšre fois, pour que j’y crois enfin un peu.

La grossesse s’est ensuite merveilleusement bien passĂ©e

Charlotte est arrivĂ©e pile le jour du terme. À toutes celles qui perdent espoir et qui doutent parce que le parcours PMA est tellement dur, on se dit que ce n’est peut-ĂȘtre pas pour nous… Battez-vous pour ce en quoi vous croyez et rĂȘvez. Ne laissez pas les mĂ©decins dĂ©cider pour vous. Impliquez votre chĂ©ri car il faut qu’il soit prĂ©sent et que vous ayez envie tous les deux. Il faut que vous vous battiez Ă  deux, qu’il comprenne ce que vous subissez. La communication avec le chĂ©ri est importante. Mon gynĂ©cologue m’a dit un jour « je soigne un couple, pas juste vous », parce qu’on a tendance Ă  ne pas vouloir trop soĂ»ler l’autre quand c’est notre « faute » si ça ne fonctionne pas, en tout cas c’est comme ça que je le sentais. Gardez espoir ! DĂ©tendez-vous, essayez d’ĂȘtre sereine dans votre dĂ©marche. S’il le faut, consultez mĂȘme le psychologue qui est compris dans le protocole. J’ai eu aussi ce besoin de faire le point et de parler. LibĂ©rez-vous car parfois aussi, l’infertilitĂ© est dans la tĂȘte car nous avons verrouillĂ© certaines portes dans nos tĂȘtes. Bonne chance Ă  vous !

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