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Comment se pratique le don d’ovocytes ?

De plus en plus de couples rencontrent des difficultĂ©s Ă  concevoir un enfant. Parfois, les alĂ©as de santĂ© passĂ©s imposent de bĂ©nĂ©ficier d’un don d’ovocyte. Mais comment est organisĂ© ce don et comment en bĂ©nĂ©ficier ?

 

En France, bĂ©nĂ©ficier d’un don d’ovocyte peut prendre hĂ©las plusieurs annĂ©es. En effet, le manque de donneuses provoque de nombreux retards. Dans notre pays, le don est toujours anonyme et gratuit, contrairement Ă  d’autres pays qui ont dĂ©cidĂ© d’indemniser le don Ă  hauteur d’environ mille euros en moyenne, ce qui peut faciliter la dĂ©cision des femmes tentĂ©es par l’idĂ©e d’aider une autre  Ă  concevoir un enfant. Qui plus est, en France, la loi impose que la donneuse soit dĂ©jĂ  mĂšre et ait moins de 37 ans. Dans d’autres pays, l’Espagne notamment, la limite d’ñge est plus souple et il n’y a pas d’obligation Ă  avoir eu soi-mĂȘme un enfant.

 

Une stimulation ovarienne exigeante

L’une des raisons du manque de donneuses est que la stimulation des ovaires n’a rien d’une partie de plaisir. Elle dure entre 10 et 12 jours afin de permettre la maturation de plusieurs ovocytes et est gĂ©nĂ©ralement rĂ©alisĂ©e par la donneuse elle-mĂȘme ou par une infirmiĂšre grĂące Ă  des injections sous-cutanĂ©es quotidiennes. Le plus souvent, cette phase de stimulation est prĂ©cĂ©dĂ©e d’une ou plusieurs injections pour mettre les ovaires au repos. Le traitement peut provoquer des fluctuations d’humeur en raison du flux hormonal. Pendant la pĂ©riode de stimulation, 3 Ă  4 prises de sang et des Ă©chographies ovariennes permettent d’évaluer la bonne rĂ©ponse au traitement et d’adapter la stimulation au cas par cas. Cette surveillance permet Ă©galement de fixer le jour et l’heure de la derniĂšre injection qui achĂšve la maturation des ovocytes. Ensuite, les ovocytes seront prĂ©levĂ©s environ 35 heures aprĂšs la derniĂšre injection, par voie vaginale. Ces contraintes expliquent pourquoi les donneuses d’ovocytes ne sont pas aussi nombreuses que les donneurs de sperme.

 

Pas de donneuse personnelle

Évidemment, la solution serait de disposer de sa donneuse personnelle, sollicitĂ©e parmi ses proches, afin d’accĂ©lĂ©rer les choses. Mais ce n’est pas possible ! Le don, en France, est anonyme et gratuit. Toute femme qui souhaite venir en aide Ă  une autre femme pour concevoir un bĂ©bĂ© doit le faire sans savoir si son don sera utilisĂ©, ni pour qui. En revanche, les centres agrĂ©Ă©s pour le don de gamĂštes acceptent de raccourcir le dĂ©lai pour les femmes en attente de don qui viendraient accompagnĂ©es d’une donneuse. Le don de cette femme ne leur sera pas attribuĂ©, mais ayant contribuĂ© Ă  grossir les rangs des donneuses d’ovocytes, les femmes en attente de don qui ont recrutĂ© une donneuse bĂ©nĂ©ficient donc d’un dĂ©lai raccourci. Un passe-droit contestĂ© par les puristes de la loi sur le don d’organes, mais qui a cours.

 

Un don qui reste encore anonyme

Une fois le don attribuĂ©, ce qui peut ĂȘtre fait seulement quatre Ă  cinq ans aprĂšs le dĂ©but des dĂ©marches en France hĂ©las, il n’y a pour l’instant pas de craintes Ă  avoir quant au risque de revendication de la donneuse sur l’enfant Ă  naĂźtre. MĂȘme les enfants nĂ©s d’un don qui demandent l’accĂšs Ă  leurs origines n’obtiennent pas encore gain de cause devant le justice. Actuellement donc, la donneuse d’ovocytes ne pourra pas revendiquer son lien avec l’enfant nĂ© du don. Outre qu’elle signe un document officiel de renonciation, il n’y a aucun moyen de remonter ensuite jusqu’au couple bĂ©nĂ©ficiaire du don, en raison de la rĂšgle de l’anonymat du don. Mais, mĂȘme si la jurisprudence ne va pas dans ce sens, les choses pourront peut-ĂȘtre Ă©voluer Ă  l’avenir sous la pression des enfants nĂ©s grĂące au don qui souhaitent connaĂźtre leurs origines et notamment les antĂ©cĂ©dents mĂ©dicaux du donneur. Mais il serait totalement improbable que la dĂ©marche de contact soit autorisĂ©e Ă  la demande de la donneuse.

Alors, si le don d’ovocytes est une nĂ©cessitĂ© pour vous en raison de votre terrain gynĂ©cologique, il faut vous armer de patience ou faire le choix de partir Ă  l’étranger pour bĂ©nĂ©ficier d’un don plus rapide. Mais aussi plus coĂ»teux.

 

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