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Le diagnostic prĂ©-implantatoire est-il systĂ©matique lors d’une aide mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation ?

Le diagnostic prĂ©-implantatoire est un dĂ©pistage baptisĂ© DPI. Il permet de savoir si l’embryon est porteur de maladies hĂ©rĂ©ditaires ou chromosomiques. Mais il permet aussi de connaĂźtre beaucoup de particularismes de l’enfant, dont son sexe ou, encore, la couleur de ses yeux. Si certains pays n’hĂ©sitent pas Ă  y recourir pour satisfaire les dĂ©sirs des parents en implantant ou non l’embryon qui rĂ©pond aux caractĂ©ristiques souhaitĂ©es, qu’en est-il en France ?

Tous les couples qui font appel Ă  la ProcrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e ne sont pas pour autant porteurs de maladies hĂ©rĂ©ditaires ou chromosomiques

C’est pourquoi le DPI n’est pas systĂ©matique en France. Seuls les couples prĂ©sentant une forte probabilitĂ© de concevoir un enfant atteint d’une maladie gĂ©nĂ©tique grave (ndlr, c’est-Ă -dire considĂ©rĂ©e comme incurable au moment de la conception) ou d’une trĂšs forte prĂ©disposition familiale Ă  certains cancers (sein, colon
) peuvent bĂ©nĂ©ficier d’un DPI. La dĂ©cision d’en effectuer un ou pas dĂ©pend du centre agrĂ©Ă© pour ce dĂ©pistage dont dĂ©pend le couple. La loi de bioĂ©thique donne les grandes lignes (maladie incurable, par exemple), mais ne propose pas de liste de pathologies concernĂ©es.

Dans les faits, les DPI concernent en France essentiellement les maladies gĂ©nĂ©tiques comme la mucoviscidose ou la chorĂ©e de Huntington et certains cancers graves. En revanche, il n’est pas possible de demander un DPI pour dĂ©pister la trisomie, car ce n’est pas une maladie incurable mais un handicap.

Si les futurs parents peuvent demander un DPI, ils ne peuvent en aucun cas l’exiger : la dĂ©cision de l’effectuer ou non revient au gĂ©nĂ©ticien en charge du dossier. Dans l’état actuel de la loi de bioĂ©thique, le DPI en France reste motivĂ© par le dĂ©pistage de maladies graves uniquement. En moyenne, 65% des demandes de DPI sont acceptĂ©es, mais cela ne concerne que peu de familles en France soit 438 en 2010 (sources ABM 2012).

Et ailleurs, comment se passe le diagnostic pré-implantatoire ?

On ne reviendra pas sur les pays oĂč le DPI permet de choisir le sexe de l’enfant. L’affaire est connue. Mais elle ne touche pas que la Chine ou l’Inde
 En effet, un tiers des cliniques amĂ©ricaines spĂ©cialisĂ©es en PMA acceptent d’implanter l’embryon dont le sexe correspond aux attentes des parents. D’autres pays europĂ©ens peuvent se laisser tenter par cette marchandisation du DPI pour convenances personnelles.

En France, c’est Ă©videmment interdit. Si cela pose question sur le plan Ă©thique, c’est aussi sur le plan sociĂ©tal que cela pose problĂšme. Car Ă©videmment, quand ce « tri Â» par le sexe est effectuĂ©, il est gĂ©nĂ©ralement favorable aux embryons de sexe mĂąle. Ce qui risque, au fil des dĂ©cennies, de dĂ©sĂ©quilibrer la dĂ©mographie dans ces pays bien sĂ»r, mais aussi dans l’ensemble du monde, car les pays qui acceptent aujourd’hui ce dĂ©pistage du sexe sont aussi ceux qui enregistrent le plus de naissances et qui ont un flux migratoire important.

Aux États-Unis, quelques cliniques spĂ©cialisĂ©es dans la PMA accepteraient – chose surprenante ! – la demande de parents de transmission d’un handicap familial comme le nanisme par exemple ou encore la surditĂ©, en sĂ©lectionnant l’embryon atteint, afin de permettre Ă  ces parents d’avoir des enfants qui leur ressemblent. Mais en France, sĂ©lectionner un embryon pour transmettre un handicap n’est pas autorisĂ©, est-il d’ailleurs nĂ©cessaire de le prĂ©ciser ?

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