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TĂ©moignage : Mon combat pour tomber enceinte

La blogueuse Miss Blogdel nous raconte sans langue de bois, sa difficile bataille pour devenir maman.

Oscar, mon fils, ma bataille

8 ans aujourd’hui que sa petite tĂȘte blonde Ă©gaye ma vie. 8 ans de joies et de bonheurs mais Ă©galement de nuits blanches Ă  veiller sur lui comme Ă  la prunelle de mes yeux. 8 ans, l’ñge difficile, si tant est qu’il y en ait un plus facile qu’un autre. Et pourtant si tu savais, j’ai ramĂ© pour l’avoir mon fils.

Cinq ans de traitements variĂ©s, cinq annĂ©es de galĂšres, de dĂ©sarrois et de dĂ©ceptions. Ça a commencĂ© doucement, quand le gynĂ©co nous a annoncĂ© la sentence au bout d’une bonne annĂ©e de tentatives infructueuses pour avoir un bĂ©bĂ©, j’avais 29 ans, c’était pas la mort du petit cheval, j’étais jeune.


Mon gynĂ©co, un vieux papi sans aucune formation psychologique, nous a annoncĂ© de but en blanc qu’il allait falloir nous donner un petit coup de pouce, nous aider un peu. A partir de lĂ  tout s’écroule. C’est le dĂ©but de l’enfer. PiqĂ»res dans la cuisse tous les jours, mĂ©docs, stimulation ovarienne, insĂ©mination intra-utĂ©rine, examen post-coital 
 tous ces doux noms rĂ©sonnent encore dans ma tĂȘte comme autant de tue l’amour.

J’ai Ă©tĂ© suivie par le nec plus ultra de la procrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e, ce qu’on a de meilleur sur Paris. J’ai vu un grand ponte dans une clinique du 16Ăšme arrondissement, un pote de RenĂ© Frydman, le pĂšre du premier bĂ©bĂ© Ă©prouvette. J’ai donnĂ© un bras et un rein pour ces traitements onĂ©reux. Bien sĂ»r, si tu ne peux  pas payer, il y a l’hĂŽpital public avec une longue attente, un dossier Ă  remplir et un entretien, pire que pour une embauche chez Accenture. Je connais encore par cƓur tous ces sigles barbares PMA, GIFT, ICSI 
 J’avais mĂȘme envisagĂ© aprĂšs coup, d’écrire un livre « drĂŽle » sur le sujet mais jamais abouti, pas facile la dĂ©rision et l’humour sur du vĂ©cu.

Je me souviens de ce jour oĂč j’ai eu le rĂ©sultat de la deuxiĂšme fĂ©condation in vitro comme si c’était hier, d’avoir demandĂ© Ă  la dame si je ne m’étais pas trompĂ©e en lisant les rĂ©sultats. Je revois la joie de mon mari, de mes parents, de ma grand-mĂšre et des quelques amis que j’avais rĂ©ussi Ă  conserver aprĂšs toutes ces annĂ©es de solitude, loin des copines enceintes que je ne supportais plus. Je me revois pleurer au tĂ©lĂ©phone dans la rue avec ma meilleure copine en ligne en pleurs elle aussi.

Pour nous c’était la derniĂšre tentative. Nous envisagions l’adoption, nous avions imaginĂ© un bĂ©bĂ© haĂŻtien, nous avions obtenu un agrĂ©ment en douce. Je dis en douce parce que pour adopter en France, visiblement, il ne faut pas faire en parallĂšle des dĂ©marches d’aide Ă  la procrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e. J’ai dĂ©testĂ© d’entrĂ©e de jeu cette assistante sociale et cette psy venues vĂ©rifier que nous avions fait le « deuil de l’enfant naturel », n’étions pas des dĂ©linquants et pouvions bien accueillir matĂ©riellement un enfant. Je comprends le principe mais quand t’es dĂ©jĂ  dans une situation dĂ©licate cette intrusion dans ta vie de couple par les services sociaux je te laisse imaginer le dĂ©sastre.


J’ai vĂ©cu une grossesse ultra-heureuse, ultra-suivie et ultra-Ă©panouissante. Vu l’attente, c’est un peu comme si j’avais Ă©tĂ© invitĂ©e neuf mois au Club Med Ă  Bora-Bora en all-inclusive avec colliers de fleurs et ukulĂ©lĂ© tous les jours. Bien sĂ»r ça s’est conclu par un accouchement dans la douleur. Que celles qui disent que ça ne fait pas mal lĂšvent le doigt ? Je rassure les nullipares, j’ai tout oubliĂ© dĂšs que j’avais le bĂ©bĂ© dans mes bras. Un beau poupon, blond et bouclĂ© comme un petit angelot, Ă  peine 3 kilos, le meilleur de nous deux, conçu dans une Ă©prouvette.

Quand je pense que le deuxiĂšme est arrivĂ© sans crier gare 27 mois plus tard. J’étais tellement Ă  l’ouest que j’ai dĂ©couvert ma grossesse au bout d’un mois et demi. OUI j’avais envie de vomir tous les jours, OUI j’avais les seins comme des obus, mais quand on t’assĂšne que t’as eu de la chance d’avoir un enfant Ă  33 ans, et que faut pas en espĂ©rer un deuxiĂšme, tu ne fais pas attention, tu te dis que c’est dĂ©jĂ  un luxe d’en avoir un, alors deux faut pas rĂȘver !

Et lĂ  paf, deuxiĂšme effet kiss-cool, deux garçons pour le prix d’un, avec Ă  un peu plus de deux ans d’écart. Bien sĂ»r, ce sont des bagarres et des cris tous les jours Ă  la maison mais aussi et surtout de grands moments de bonheur.

Miss Blogdel
missblogdel.wordpress.com


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