VIH : l’allaitement protégerait les bébés de la maladie

Allaiter pour protéger bébé du virus du sida ne serait pas impossible. En effet, des chercheurs de l’Inserm à Montpellier ont réalisé une étude afin de démontrer que les mamans atteintes du VIH qui allaitaient leur bébé durant douze mois (durée de la période d’allaitement conseillée par l’Organisation Mondiale de la Santé) permettait de réduire le taux de transmission de la maladie.

L’étude, qui a été menée dans quatre pays d’Afrique, Burkina Faso, Afrique du sud, Ouganda et Zambie, a ensuite été publiée mercredi 18 novembre dernier sur le site d’informations médicales britannique, The Lancet. Ainsi, entre 2009 et 2012, les chercheurs français ont suivi pas moins de 1273 nouveau-nés, dont la mère était séropositive. Ils ont ensuite cherché à comparer l’efficacité et la bénignité de la prophylaxie antirétrovirale (ensemble de moyens médicaux mis en œuvre pour empêcher l’apparition, l’aggravation ou l’extension des maladies, selon le Larousse) de deux traitements : le  lamivudine et le  lopinavir-ritonavir. Ils ont alors divisé les 1273 bébés en deux groupes, pour qu’ils reçoivent, dans un groupe du lamivudine, et dans l’autre, du lopinavir-ritonavir.

L’importance d’allaiter jusqu’au douzième mois

Les experts comptaient alors 17 enfants atteints du VIH parmi eux, ils ont expliqué dans leur compte-rendu que « la moitié des infections ont eu lieu dans les deux groupes après 6 mois d’allaitement ». Ils préconisent alors « d’étendre la prophylaxie chez les enfants jusqu’au terme de l’allaitement et d’informer les femmes sur le risque persistant de transmission tout au long de l’allaitement afin d’éviter qu’elles n’arrêtent de donner le traitement à leur bébé. »

Résultats ? Lorsque le traitement est pris correctement, c’est-à-dire lorsque la maman allaite jusqu’au douzième mois, il a été remarqué que, pour le lopinavir-ritonavir, le risque d’infection tombait à 0,2% et à 0,8% pour la lamivudine. Bien que le traitement semble être sur la bonne voie, les scientifiques vont poursuivre leurs recherches « pour développer des formules pédiatriques orales au goût plus agréable ainsi que des médicaments injectables à action prolongée. » 


Un risque quand même

Bien que les risques de transmission aient un taux très bas, il n’en demeure pas moins que le risque est toujours présent. Ainsi, les auteurs de l’étude préconisent d’administrer le traitement préventif « pendant toute la durée de l’exposition ». Car, selon le Professeur Van de Perre, l’un des chercheurs, « même parfaitement suivi », ce traitement « n’éradique pas complètement le risque de transmission du VIH par l’allaitement ». 

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