Un placenta artificiel pour comprendre le déroulement de la grossesse

Des chercheurs britanniques ont annoncé cette semaine avoir réussi à recréer in vitro un placenta humain, au stade très précoce. Cette annonce est très importante car ce placenta artificiel va permettre de mieux comprendre le fonctionnement de cet organe particulier, mais aussi de mieux appréhender certaines pathologies de la grossesse pour mieux les dépister voire les soigner.

Le placenta, l’organe clé de la grossesse

Le placenta est un organe très important, permettant d’apporter au fœtus les nutriments et le dioxygène essentiels à sa croissance. Il permet également d’évacuer le dioxyde de carbone et les déchets. Il permet de protéger le fœtus contre de nombreuses molécules toxiques et surtout il produit également des hormones indispensables au bon maintien de la grossesse. Mais le placenta est aussi un organe fragile. Il ne filtre pas tous les toxiques (comme l’alcool, les médicaments) et il peut malheureusement parfois dysfonctionner et provoquer des complications dans la grossesse comme par exemple la pré–éclampsie.

Un placenta artificiel pour lutter contre certaines complications de la grossesse.

C’est un grand pas dans la recherche sur la grossesse qui vient d’être franchi. Des chercheurs viennent en effet de publier dans la prestigieuse revue Nature, les résultats de leurs travaux sur la réalisation d’un placenta in vitro. Jusqu’à présent, pour comprendre comment fonctionnait cet organe, les scientifiques utilisaient les modèles animaux, qui n’étaient pas forcément adaptés. Il n’y avait donc pas de modèle assez précis pour comprendre le fonctionnement du placenta humain. C’est maintenant chose faite avec la création d’un placenta artificiel humain.


En fait, les chercheurs ont réussi à cultiver des cellules du placenta, appelées trophoblaste. Le trophoblaste est une couche de cellules présente aux premiers moments du développement embryonnaire, sorte de futur placenta. L’étude de ce futur placenta va permettre de comprendre comment cet organe sécrète les hormones et autres molécules indispensables au bon déroulement d’une grossesse. Ce modèle qualité « d’organoïde » va pouvoir aider à comprendre pourquoi certaines affections peuvent affecter le fœtus, ou certains médicaments peuvent traverser la barrière placentaire et surtout, pourquoi cet organe peut dysfonctionner et être à l’origine de fausses couches ou de complications pendant la grossesse.