Le diabète détecté pendant la grossesse diminue la production de lait

Selon un article scientifique paru dans le journal Breastfeeding Medecine, le diabète détecté pendant la grossesse pourrait mettre un frein à la volonté d’allaiter des jeunes mamans.

C’est la première fois que ce lien est fait et il est dû au travail de chercheurs américains travaillant à l’hôpital pour enfants de Cincinnati aux États-Unis. Ils démontrent dans cet article comment le diabète gestationnel de type 1 et de type 2 peut concrètement avoir une influence sur la production de lait de la future maman.

Des causes qui restent à expliquer

Les scientifiques américains qui ont réalisé cette étude se sont penchés sur le cas de 640 femmes enceintes et les ont suivies trois mois après leur accouchement, jusqu’au retour de leurs premières règles (la période dite post partum). Le résultat est sans appel : 15% des femmes ayant une faible production de lait ont souffert de diabète pendant la grossesse contre 6% pour les mamans ayant eu une lactation normale.

Toujours selon l’étude menée par les scientifiques, la glycémie, une concentration de glucose ou de « sucre » dans le sang, en trop grande quantité, pourrait entraver la lactation normale d’une maman. Au même titre que l’obésité, le diabète découvert pendant la grossesse serait donc un facteur pouvant limiter la production du lait maternel.

Même si cette étude est la première qui montre une telle association entre le diabète pendant la grossesse et la production de lait, il faut reconnaître que certains travaux sont encore nécessaires afin de comprendre comment le diabète détecté pendant la grossesse influence la lactation.

Sur ce point, les données manquent mais des études sont en cours pour essayer, dans un premier temps, de développer des thérapies qui augmenteraient la production de lait chez les femmes atteintes de diabète. Un scientifique faisant partie de l’étude en souligne même les lacunes : « Il existe très peu d’interventions pour aider ces femmes alors même qu’une faible production de lait les pousse souvent à arrêter plus tôt que prévu d’allaiter ». Très sûrement un coup au moral pour ces femmes qui prennent à cœur l’allaitement mais, pour lesquelles, faute de traitement ou de solution, le choix est vite vu… 

Le suivi de la maman, une étape importante à ne pas négliger

Un point est cependant clair et à retenir : le diabète gestationnel altère le développement intra-utérin du bébé et peut augmenter les risques pour le bébé d’avoir, plus tard, des maladies chroniques. Néanmoins, il ne faut pas vous inquiéter plus que de raison. Le diabète gestationnel peut et doit être surveillé pendant toute la durée de la grossesse. Certains signes sont notamment clairs et mettent gynécologues et diabétologues d’accord. Le surpoids, l’obésité ou les personnes ayant des antécédents familiaux et/ou personnels ainsi que l’âge, sont des facteurs pris très sérieusement en compte pendant le suivi d’une grossesse.

L’allaitement, un débat sans fin

Des études sur l’allaitement sont très souvent menées et ce dans le monde entier. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) pointe notamment ce phénomène du doigt en démontrant que moins de 40% des nourrissons, en 2014, étaient exclusivement allaités avant l’âge de 6 mois et ce dans le monde entier. En France, les nouveau-nés sont qui sont nourris au sein le sont en général pendant 17 semaines, comme le montre une étude publiée dans le Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire.


En revanche, une chose est sûre : l’allaitement peut être très bénéfique pour toutes les mamans, quel que soit leur état de santé, comme pour les bébés. Selon un article paru dans le journal Diabestes care, le fait d’allaiter son bébé permet de faire baisser dans sa vie future ses risques d’obésité, d’hypertension et de maladies cardiovasculaires voire de diabète. La protection contre la sous-nutrition et la sur-nutrition est également un point non négligeable lorsque l’on allaite bébé.

Du côté des mamans, les risques de cancer du sein et/ou de l’ovaire baissent considérablement ainsi que les risques de diabète de type 2.

Rappelons que ce diabète est souvent dû à l’obésité, au surpoids et à l’absence d’activité physique. Il apparaît souvent chez les femmes de plus de 40 ans mais certains cas apparaissent depuis peu en France chez les adolescentes et les jeunes adultes.

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