Pourquoi l’ANSM interdit la prise de valproate aux femmes bipolaires enceintes ou en âge de procréer en l’absence de contraception ?

L’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) a pris la décision de contre indiquer formellement la prise de valproate chez la femme enceinte ou la femme en âge de procréer ne prenant pas de contraceptif efficace. Le valproate est prescrit dans le traitement des troubles bipolaires. Le valproate peut être pris sous deux formes, Dépakote ou Depamide, qui se trouvent donc interdits pour les femmes enceintes et les femmes en âge de procréer. Cette contre-indication rentrera en vigueur dès le 7 Juillet…

Qu’est-ce qu’un trouble bipolaire ?

Le trouble bipolaire (anciennement appelé psychose maniaco-dépressive) est un trouble psychiatrique qui se traduit par une alternance de phases dépressives et de phases maniaques. Ces troubles touchent autant les hommes que les femmes. Lors des phases dépressives, les patients n’ont que peu d’énergie, sont affectés d’une profonde tristesse ou anxiété et ont souvent des idées suicidaires. Dans la phase maniaque, les patients sont souvent agités, irritables ou ont tendance à augmenter les conduites à risque. Enceinte, le risque de suicide, d’atteinte au fœtus voire de psychose post-partum est réel. La maladie étant évolutive, un suivi régulier et un traitement adapté (médicaments, psychothérapie…) sont indispensables.

Pourquoi le valproate est il contre-indiqué aux femmes bipolaires enceintes ou en âge de procréer ?

Le valproate fait partie des traitements de référence de la phase maniaque de la bipolarité. Néanmoins, les effets tératogènes de cette molécule sont connus et étudiés depuis plusieurs années. L’ANSM, après une analyse approfondie des études scientifiques sur le valproate a décidé de contre-indiquer formellement la prise de ce médicament aux femmes enceintes et aux femmes en âge de procréer n’utilisant pas de contraception efficace. En effet, la prise de valproate est susceptible de provoquer des malformations fœtales (dans 10% des cas), voire dans près de la moitié des cas, des séquelles neurologiques. Un logo rappelant l’interdiction de la prise chez les femmes enceintes sera apposé sur toutes les boîtes de Depamide et Depakote. Si la grande majorité des femmes bipolaires arrêtent leur traitement au cours de leur grossesse , l’ANSM invite toutes les femmes enceintes encore sous traitement à se rapprocher rapidement de leur médecin pour changer leur traitement et être suivie au mieux durant toute la fin de leur grossesse.


Quel suivi pour les femmes enceintes bipolaires à l’avenir ?

Cette recommandation est juste la suite logique des actions de prévention et de réduction des risques pendant la grossesse. Le traitement des troubles bipolaires des femmes enceintes ne cesse d’évoluer et on connaît mieux les effets des principaux médicaments thymorégulateurs (régulateurs d’humeur), ce qui permet d’éviter la prise de médicaments dangereux. De plus, cette recommandation permet de détecter rapidement une éventuelle malformation et de prendre en charge plus finement les femmes à risque. Le risque par exemple de cardiopathie congénitale suite à la prise de lithium est beaucoup mieux connu. Il existe d’autres médicaments régulateurs d’humeurs (antipsychotiques atypiques) ou d’autres thérapies comme l’ l’électroconvulsivothérapie plus compatibles avec la grossesse.

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