Une hormone pour doper le cerveau des bébés prématurés ?

Une étude publiée récemment dans le Journal of American Medical Association va donner de l’espoir aux associations de parents de bébés prématurés. En effet, l’érythropoïétine, une hormone baptisée EPO pour simplifier, permettrait de prévenir les séquelles cérébrales chez les nouveau-nés prématurés. Et donc moins de handicaps moteurs et intellectuels. Une bonne nouvelle assurément…

 

Comme moi, la dernière fois que vous avez entendu parler de l’EPO c’était sur le Tour de France quand les médias relataient des opérations de dépistage du dopage sur les « pédaleurs ». Eh oui, c’est surtout pour cela que cette hormone est célèbre. Et pourtant, depuis hier (ndlr, le 27 août), on sait qu’elle peut aussi faire du bien aux prématurés. Une étude de scientifiques suisses a en effet démontré qu’il était possible de diminuer les risques de lésions cérébrales en administrant aux nouveau-nés prématurés de l’érythropoïétine. En effet, quand bébé naît vraiment trop tôt, c’est dangereux car ses organes ne sont pas matures. On connaît les difficultés respiratoires et digestives qu’il doit surmonter et là, c’est du cerveau qu’il est question.


Des résultats parlants !

Une trop grande prématurité peut causer des dommages sur plan moteur ou cognitif. Selon les études (sources Inserm), les grands prématurés seraient quatre fois plus nombreux que les enfants nés à terme à souffrir d’un retard mental, et cent fois plus nombreux à souffrir d’un handicap moteur. L’équipe suisse préconise, suite à ses travaux, d’administrer trois doses d’EPO aux bébés prématurés au cours des deux premiers jours de vie. En effet, selon l’étude, l’état du cerveau des bébés ayant reçu ce traitement présentait moins de lésions cérébrales que celui des bébés ayant reçu un placebo. Ce constat a été fait à l’aide d’un IRM qui a permis d’observer que sur les 77 enfants traités, 17 présentaient des lésions de la matière blanche (soit 22%) et 5 de la matière grise (soit 7%). Sur le groupe de 88 enfants qui a reçu un placebo, 32 présentaient des lésions de la matière blanche (soit 36%) et 17 de la matière grise (soit 19%). Des écarts tout de même importants ! L’étude se poursuit dans les années à venir auprès des bébés traités : l’équipe suisse va effectuer des tests à l’âge de 2 ans et de 5 ans pour évaluer l’effet de l’EPO sur le développement intellectuels des bébés traités à l’EPO. A suivre donc !

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