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GPA : les opposants ne se trouvent pas tous dans le même camp !

GPA : les opposants ne se trouvent pas tous dans le même camp !

Dans une tribune publiée le 11 mai dans Libération, 160 personnalités nationales et internationales ont tiré la sonnette d’alarme contre les dérives que représente la gestation pour autrui. Alors que l’opposition à la GPA a souvent été considérée comme émanant de courants religieux, cet appel à la résistance démontre que les opposants se recrutent dans un champ bien plus large. Ils demandent, à travers une pétition, l’arrêt immédiat de la gestation pour autrui (GPA). Pour ces opposants, il n’y a aucune différence entre la GPA et la vente ainsi que l’achat d’enfants et du corps de la femme.

« Violation des droits humains des femmes et des enfants »

Selon eux, la GPA constituerait une « violation des droits humains des femmes et des enfants ». Elle reposerait sur une exploitation des femmes les plus démunies. En effet, les mères porteuses, de plus en plus recrutées dans des pays du tiers-monde, sont souvent mal rémunérées et sous-informées quant aux risques encourus.

Ainsi, les femmes sont susceptibles de développer différentes pathologies et séquelles liées à la PMA (syndrome d’hyper stimulation ovarienne, kyste ovarien, douleur pelvienne chronique, ménopause précoce, perte de fertilité, tumeur cancéreuse du système reproductif, caillots sanguins, insuffisance rénale, arrêt cardiaque…) qui peuvent être cause de décès. De plus, les femmes faisant une grossesse à partir de dons d’ovocytes, présentent un risque plus élevé de pré-éclampsie et d’hypertension gravidique.

D’autre part, les signataires soulignent que les enfants nés d’une mère porteuse présentent aussi des risques médicaux : plus de prématurité, petit poids de naissance avec séquelles diverses.


Une opposition multiculturelle

Un site est dédié à cette campagne. Celui-ci démontre que les participants sont d’origine, de cultures et de religions différentes. En effet, des personnalités réputées athées ou agnostiques comme Michel Onfray, Yvette Roudy ou Sylviane Agacinsky ont signé cette pétition.

Alors qu’on a souvent pensé que les chefs de file de l’opposition à la GPA relevaient de courants religieux conservateurs, la tribune publiée dans le quotidien Libération démontre que le débat dépasse le seul pré carré des chapelles, sort du champ de la morale pour entrer dans le domaine de la santé, du respect des personnes et donc de l’éthique.

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A noter que la GPA est toujours illégale en France. En 2014, Manuel Valls, premier ministre, s’était même prononcé contre en la qualifiant de  « pratique intolérable de commercialisation des êtres humains et de marchandisation du corps des femmes ».

En ce qui concerne la marchandisation du corps des femmes, le Pr Antonio Pellicer (Espagne), un des grands pontes de la PMA en Europe expliquait récemment à Neuf Mois que, « une fois ce problème résolu, la GPA devrait être autorisée en Espagne, notamment pour répondre à l’attente des femmes nées sans utérus. » Reste à trouver comment limiter cette dérive mercantile…

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