En train de lire
En Grande-Bretagne un seul bébé pourra être l’enfant de trois parents

En Grande-Bretagne un seul bébé pourra être l’enfant de trois parents

Attendue depuis trois ans après l’autorisation par un vote parlementaire, la FIV (fécondation in vitro) va enfin être utilisée en Grande-Bretagne pour faire un bébé « à trois parents ». Cette technique déjà utilisée au Mexique et en Ukraine, vise à aider uniquement les mères qui sont malades et qui souhaitent enfanter sans contaminer le bébé.

Un bébé, un papa et deux mamans

Deux femmes anglaises ont reçu l’accord de la HFEA (de l’anglais « Human Fertilisation and Embryology Authority », soit l’Autorité de fertilisation humaine et d’embryologie), pour avoir chacune un bébé avec l’ADN d’une donneuse saine. Cela signifie que leurs enfants auront techniquement deux mères, mais la mère « porteuse » du bébé ne contribuera qu’à 0,1% de son ADN. Un grand bond en avant pour le traitement de la fertilité depuis l’invention de la FIV. L’Université de Newcastle a reçu le feu vert pour effectuer la FIV en utilisant l’ADN de deux femmes en mars dernier. La technique est une chance d’avoir un enfant pour près de 3 000 femmes atteintes de maladie irréversible qui pourraient être transmise à leur bébé. Les deux femmes choisies n’ont pas été nommées, mais les membres de l’HFEA révèlent qu’elles portent des mutations dans un gène qui causent le syndrome de Merff (une maladie mitochondriale). La HFEA a déclaré : « Le comité a examiné les antécédents familiaux des patientes et la manifestation de la maladie, ainsi que ses antécédents médicaux, ce qui montre qu’il est probable que tout enfant conçu par elles peut être affecté par cette grave maladie multi-systémique et évolutive qui affecte gravement la qualité de vie des personnes affectées, entraînant souvent une morbidité élevée et une mort précoce. »

On ne sait pas quand la FIV débutera chez les deux femmes sélectionnées, mais si le traitement devait commencer tout de suite, le premier enfant anglais de « trois ADN » pourrait naître en fin d’année.

Comment c’est possible ?

La technique consiste à « fabriquer » un ovocyte sain en transférant le noyau de l’ovocyte de la mère malade dans l’ovocyte sain d’une donneuse, elle-même préalablement vidée de son propre noyau. Comme les mitochondries du noyau contiennent de l’ADN, un bout du patrimoine génétique de la donneuse se transmet donc au bébé.


Voir Aussi
Crédit image: Facebook Gemma Charlmer

Quels sont les risques ?

Le docteur Simon Fishel, président de CARE Fertility, a déclaré : « Il s’agit clairement d’un grand pas en avant et nous espérons que ce sera une technologie très importante pour aider les familles, mais il restera inévitablement de nombreuses questions scientifiques et médicales à résoudre. Mais ont ne pourra y répondre qu’en utilisant cette technologie. » Certaines personnes craignent que le don mitochondrial ne devienne un risque et soit utilisé par les couples pour changer les caractéristiques de la personnalité et physiques, tel que la couleur des yeux de leurs enfants. Mais pour répondre à ce problème, l’utilisation de cette technique dans les couples infertiles est pour l’instant interdite. 


Voir les commentaires (0)

Laisser votre commentaire