Coup d’œil sur la santé périnatale en France : du bon …et du moins bon !

L’INSERM a publié le 26 novembre, le rapport Euro-Peristat qui rassemble les statistiques de 31 pays européens sur la santé périnatale. Résultat : la France est une bonne élève en matière de césarienne, mais peut beaucoup mieux faire en matière de mortalité infantile et consommation de tabac.

Les points forts : moins de césariennes et plus d’information

La France se place d’abord dans les 7 pays européens ayant renforcé leur système de statistiques. Les décès maternels sont très précisément documentés, ce qui permet de mieux lutter contre ce fléau. La France se situe également au 7ème rang sur 31 des pays en ce qui concerne la césarienne. En effet, en France en 2015, on pratique 1 césarienne pour 5 naissances. On peut surligner le fait que la France se place particulièrement bien pour les situations à risque puisqu’on dénombre 59 % de césariennes pratiquées en cas d’antécédent de césariennes, ce qui place le pays en 3ème position, 75 % de césariennes pratiquées en cas de présentation par le siège, ce qui place la France en 4ème position et enfin 54% de césariennes pratiquées en cas de grossesses multiples ce qui donne un très bon 5ème rang.

Les points à travailler : la mortalité infantile et le tabagisme

D’abord, on peut souligner que le taux de mortalité infantile reste un des plus faibles dans le monde. Cependant, le nombre d’enfants morts-nés reste élevé en France ou on compte 3 décès pour 1000 naissances, ce qui place la France au 21ème rang des pays européen. La mortalité néonatale (décès dans le premier mois) est aussi encore élevée puisqu’elle atteint 2.4 pour 1000 naissances (la France se place 23ème des pays européens). Ces chiffres sont d’autant plus marquants qu’en France, ils ne bougent pas alors que dans les autres pays européens, ils ont tendance à baisser. Pour Béatrice Blondel qui représente la France dans le comité scientifique du projet Euro-Peristat, il est important de mettre en place (à l’instar d’autres pays comme le royaume uni) des analyses poussées pour comprendre ce phénomène. Les naissances prématurées (moins de 36 semaines d’aménorrhée) sont quant à elles stables depuis 2012.

Autre point à améliorer : la consommation de tabac, qui ne baisse toujours pas au contraire de la plupart des autres pays. (16.3% des femmes au 3 ème trimestre fument ce qui place la France au 20ème rang des 22 pays européens ayant pratiqué des statistiques sur ce sujet). On note enfin, qu’en France, comme dans de nombreux autres pays Européens, l’âge de la maternité augmente (plus d’une femme sur 5 a plus de 35 ans) ainsi que le taux de naissances gémellaires (17.1 pour 1000 naissances).


La conclusion de ce projet revient à Jennifer Zeitlin, coordinatrice du projet Euro-Peristat : « Ce bilan présente une situation contrastée. Il semble que les efforts menés pour limiter les césariennes ont conduit à des résultats positifs. En revanche la situation concernant la mortalité des enfants à la naissance est préoccupante. Il est indispensable d’analyser les facteurs et les circonstances des décès pour identifier dans quels domaines et sur quelles populations devraient porter les efforts. »