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Pour ou contre un patch pour remplacer le rappel du vaccin contre la coqueluche ?

Vous avez la phobie des aiguilles ? Alors cet article est fait pour vous ! Pour celles et ceux qui le souhaiteraient, se vacciner contre la coqueluche, du moins pour faire le rappel chez les jeunes adultes, pourrait se rĂ©aliser Ă  l’aide d’un patch Ă  coller sur la peau. En effet, l’entreprise DBV Technologies (une sociĂ©tĂ© Française biopharmaceutique spĂ©cialisĂ©e dans le dĂ©veloppement d’une nouvelle mĂ©thode d’immunothĂ©rapie utilisant la voie Ă©picutanĂ©e), a annoncĂ© mardi 6 septembre 2016 sur leur site officiel dbv-technologies.com, que des essais cliniques d’un vaccin-patch contre la coqueluche seraient bientĂŽt rĂ©alisĂ©s sur une population comprenant une soixantaine de personnes. Cela permettrait ainsi de protĂ©ger bĂ©bĂ© une fois venu au monde de cette maladie, en vaccinant les jeunes adultes qui projettent d’avoir des enfants.

La coqueluche, qu’est-ce que c’est ?

La coqueluche est une infection respiratoire qui est trĂšs contagieuse, qui peut contaminer les bĂ©bĂ©s. Pour ces derniers, la maladie est trĂšs dangereuse, jusqu’à ĂȘtre mortelle. Cette maladie, provoquĂ©e par une bactĂ©rie (la Bordetella pertussis), se caractĂ©rise par de violentes quintes de toux, une difficultĂ© Ă  respirer et des vomissements.

Un patch plutĂŽt qu’un vaccin

L’entreprise DBV Technologies est dĂ©jĂ  connue par le passĂ© pour avoir crĂ©Ă© le patch Viaskin « Peanut », un traitement pour les allergies aux arachides (cacahuĂštes) qui se trouve ĂȘtre, Ă  l’heure actuelle, la deuxiĂšme cause d’allergie alimentaire en France (Source Le Figaro).

GrĂące Ă  ce patch, les personnes victimes de la bĂ©lonĂ©phobie (peur des aiguilles) ou rĂ©ticentes Ă  l’idĂ©e que d’autres adjuvants se trouvent dans le vaccin disposeront d’une autre mĂ©thode pour le rappel contre la coqueluche. Une simple prescription du mĂ©decin pour ensuite le coller sur la peau. À ce moment-lĂ , la chambre hermĂ©tique du patch hydrate et le principe actif est lĂąchĂ© traversant la peau pour s’introduire dans le sang afin d’entrer en relation avec les cellules du systĂšme immunitaire.

MenĂ©s en collaboration avec les HĂŽpitaux Universitaires de GenĂšve (HUG) et l’entreprise de biotechnologie Bio Net-Asia Co, les rĂ©sultats des tests cliniques du patch « Viaskin rPT » Ă©picutanĂ© devraient ĂȘtre donnĂ©s au cours du premier semestre de l’annĂ©e 2017, a annoncĂ© le Dr Pierre-Henri Benhamou, prĂ©sident-directeur gĂ©nĂ©ral de DBV Technologies, au Monde. S’ils sont bons, alors celui-ci remplacerait le vaccin de rappel des 27-28 ans. L’Ă©tude sera alors dirigĂ©e par le Centre de Recherche Clinique des HUG sur des hommes et femmes ĂągĂ©s entre 18 et 40 ans, tous vaccinĂ©s durant leur enfance contre la coqueluche.

Et en France ?

En France, les femmes enceintes doivent attendre de mettre au monde leur bĂ©bĂ© afin de se faire vacciner contre la coqueluche. En ce qui concerne la vaccination de leur petit bout, elle ne se fera pas avant l’ñge de 2 mois avec des rappels fixĂ©s Ă  16-18 mois, 11-13 ans et 27-28 ans. Mais toujours est-il qu’un bĂ©bĂ© peut ĂȘtre contaminĂ© par la maladie au cours de ses deux premiers mois, la plupart du temps par ses proches, parents, grands-parents, fratrie. D’oĂč la recommandation, depuis quelques annĂ©es, d’effectuer les rappels pour les grands-parents, les parents et les personnels soignants au contact de bĂ©bĂ©s.

Alors qu’aux États-Unis mais aussi en Belgique, les mĂ©decins prĂ©conisent de vacciner la femme enceinte contre la coqueluche, la France s’y oppose toujours et renvoie la vaccination aprĂšs l’accouchement. La question est pourquoi ? A ce sujet, le Pr Franck Perrotin, a donnĂ© son Ă©clairage au magazine Neuf Mois : « Je pense qu’il s’agit surtout de notre sacro-saint principe de prĂ©caution plus que tout autre argument scientifique. »Â Mais, souligne-t-il, il ne faut pas perdre de vue qu’une politique d’information en cours de grossesse s’est largement dĂ©veloppĂ©e ces derniĂšres annĂ©es permettant aux femmes enceintes de se faire vacciner dĂšs aprĂšs l’accouchement, ainsi que les proches parents pour Ă©viter d’exposer le nourrisson Ă  la maladie. Et de prĂ©ciser que la couverture vaccinale est en train d’augmenter de façon notable, traduisant l’adhĂ©sion des professionnels de santĂ© et des familles Ă  cette stratĂ©gie de prĂ©vention.

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