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Allaitement : des médicaments de sevrage à proscrire

Allaitement : des médicaments de sevrage à proscrire

Le Comité européen pour l’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance vient de pointer du doigt la bromocriptine, encore prescrite pour inhiber la lactation avant le début de celle-ci. Or, ce collège de sages estime que cette molécule ne doit être utilisée que lorsque l’allaitement est stoppé pour raison médicale. Un débat qui ne date pas d’hier, explications.

 

La bromocriptine est un médicament utilisé contre la maladie de Parkinson mais que les gynécologues-obstétriciens prescrivaient depuis des lustres pour inhiber la lactation après un accouchement ou une interruption de grossesse, car cette molécule a la capacité de freiner la libération de la prolactine, l’hormone de la lactation.

Déjà, il y a quelques années, le Parlodel avait fait couler de l’encre et l’an dernier, en juillet 2013, l’Agence du Médicament avertissait que la bromocriptine (commercialisée sous les noms de Parlodel et de Bromocriptine Zentiva) ne devait plus être prescrite pour stopper la lactation.

Pourquoi ? En raison des risques d’effets indésirables, certes rares mais pouvant avoir des conséquences dramatiques (accident cardio vasculaire cérébral, infarctus du myocarde, hypertension artérielle, confusion mentale…). Certes, ces effets secondaires existent aussi dans le cas de la maladie de Parkison, mais dans ce cadre, la balance bénéfice/risques reste favorable, ce qui n’est pas le cas pour l’arrêt de la lactation. Le 25 juillet 2013, l’Agence du médicament avait demandé une réévaluation au niveau européen de cette molécule pour cette indication.


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Pile poil un an après, la réponse est tombée : le Comité européen pour l’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance confirme la recommandation de l’Agence du médicament française : pas de prescription pour stopper la lactation sauf en cas d’interruption médicalement justifiée de l’allaitement en cours. De toute façon, précise l’institution, « au-delà de un mois après la naissance, il n’est pas nécessaire de recourir à une médication, car le taux de prolactine est alors revenu à son niveau de base ». En effet, une fois la lactation installée, la glande mammaire fonctionne en autonomie sans l’aide de l’hormone. Pour obtenir un sevrage, il suffit alors d’espacer les tétées.

Tant l’Agence du médicament que son alter ego européen recommandent donc aux médecins d’être particulièrement vigilants dans leur prescription de ce médicament pourtant interdit depuis déjà 20 ans aux États-Unis pour cet usage, surtout face à une patiente présentant des facteurs de risques cardiovasculaires, neurologiques et/ou psychiatriques. Il serait temps, en effet…


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