Cette maladie génétique touche tout de même une femme sur dix. Et dans un cas sur quatre, on éprouve alors une difficulté à être enceinte. Heureusement, la situation rentre souvent dans l’ordre après traitement. Les explications du Pr Arnaud Fauconnier, gynécologue. L’endométriose est une pathologie de la muqueuse utérine : un tissu semblable à celle-ci se développe hors de l’utérus et cause des dégâts, voire encourage la prolifération de kystes dans les organes génitaux (ovaires, trompes, vagin) et parfois dans le rectum. Le souci, c’est que la maladie ne se dépiste pas facilement. Les symptômes se limitent à des douleurs intenses pendant les règles et pendant les rapports sexuels et lors des opérations de vidange de la vessie et des intestins. C’est pourquoi le symptôme n’est pas toujours associé à la maladie car beaucoup de femmes souffrent pendant les règles sans être pour autant atteintes d’endométriose. Et le diagnostic est d’autant plus difficile que les douleurs sont d’intensité variable, en fonction du degré d’évolution de la maladie.
Les conséquences sur la fertilité
Si l’endométriose est en cause dans près d’un cas d’infertilité sur quatre, ce n’est heureusement pas irréversible. Une fois opérée, la patiente pourra concevoir naturellement un bébé. Et en général, la grossesse a pour effet de faire disparaître la maladie ou du moins ses symptômes : après avoir eu un enfant, la plupart des femmes souffrant d’endométriose n’ont plus ressenti de douleur.
Les examens nécessaires
Contrairement à bien d’autres pathologies, les examens sanguins et les échographies ne permettent pas de dépister l’endométriose. Seule un examen de la cavité abdominale à l’aide d’une micro-caméra (coelioscopie) permet au médecin de se forger une certitude. Ensuite, une IRM (imagerie par résonance magnétique), une urographie intraveineuse ou une échographie endo-rectale, ainsi qu’un bilan urodynamique (étude du débit de l’urine, des variations de pression et de la tonicité du sphincter) seront effectués pour affiner le diagnostic et décider d’une éventuelle opération chirurgicale.
Le traitement
Le traitement ne traite pas la maladie mais les symptômes. Ainsi, des anti-douleurs peuvent être prescrits, mais il faut savoir que lorsqu’on bloque le cycle avec un traitement hormonal (qui peut affecter l’humeur !), les douleurs disparaître ou, à tout le moins, s’atténuent fortement. En général, une prise en charge psychologique est aussi conseillée, afin de travailler sur certains blocages induits par la douleur.
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