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La Leche League, cette association qui soutient les mĂšres allaitantes

Mother breastfeeding baby in living room

Le 1er avril 2016 se tiendra Ă  Paris la JournĂ©e Internationale de l’Allaitement. Comme chaque annĂ©e, l’évĂ©nement rassemble de nombreux professionnels de la santĂ© pour faire le point sur les avancĂ©es liĂ©es Ă  l’allaitement. C’est aussi un bon moyen d’informer plus en dĂ©tails mĂ©decins et sages-femmes, conviĂ©s pour l’occasion. La Leche League, l’association qui accompagne et soutient les mamans qui veulent allaiter, organise cette rencontre. Porte-parole de l’association depuis plus de trente ans et auteur d’ouvrages de rĂ©fĂ©rence sur l’allaitement, Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, nous a expliquĂ© en prĂ©ambule Ă  cette journĂ©e les avancĂ©es de l’allaitement en France et les obstacles qui restent Ă  dĂ©passer.

Quels enjeux veut relever cette JournĂ©e Internationale de l’Allaitement ?

La JournĂ©e Internationale de l’Allaitement est rĂ©servĂ©e aux professionnels de santĂ©. Ceux qui sont intĂ©ressĂ©s par l’évĂ©nement peuvent y prendre connaissance des derniĂšres Ă©volutions liĂ©es Ă  l’allaitement.

Nous ne promettons rien de rĂ©volutionnaire mais le but est de dĂ©velopper un peu plus l’impact de ces professionnels de santĂ© sur les mĂšres qui dĂ©sireraient allaiter et ce de maniĂšre durable. Le problĂšme aujourd’hui c’est que les mĂšres sont en contact avec les sages-femmes uniquement pendant la grossesse. Ce sont les auxiliaires de puĂ©riculture qui prennent ensuite le relais sauf que les formations relatives Ă  la question de l’allaitement ne sont toujours pas suffisantes.

La JIA permet donc d’apporter des conseils afin que davantage de jeunes mùres allaitent leurs enfants. La France en a bien besoin.


Quel est justement le rĂŽle au quotidien de la Leche League auprĂšs des mĂšres qui allaitent ?

La Leche League est une association indépendante qui se débrouille toute seule. Elle permet à toutes les femmes qui désirent allaiter de venir nous voir, de consulter notre site ou de prendre des rendez-vous avec nos animatrices. Tout est basé sur le bénévolat.

Pour celles qui ne peuvent pas se dĂ©placer, de trĂšs nombreuses informations sont disponibles en ligne, sur le site de l’association. D’ailleurs, grĂące Ă  Internet, il est plus facile de trouver des rĂ©ponses correctes face aux possibles interrogations, Ă  condition d’aller sur des sites fiables, comme le nĂŽtre. Le site de la Leche League enregistre quotidiennement 12 000 visites.

Aujourd’hui pensez-vous toucher toutes les femmes qui en auraient besoin ?

Bien sĂ»r que non : beaucoup de femmes peuvent hĂ©siter Ă  nous contacter en raison d’une image sectaire qui nous a Ă©tĂ© attribuĂ©e. Ce n’est pas du tout fondĂ© et, Ă  cause de cela, de nombreuses femmes n’osent pas venir nous voir et c’est bien regrettable. Nous existons car nous voulons les aider dans leur dĂ©marche et non pas leur forcer la main, comme certains s’évertuent Ă  dire.

Notre but est donc clair : informer et soutenir toutes ces femmes désirant allaiter et ce depuis le début, en 1976. Celles qui ne souhaitent pas allaiter, nous respectons leur choix.


Quels sont les problùmes en France qui restent à solutionner, en matiùre d’allaitement ?

Le vrai problĂšme, c’est que les personnels de santĂ© ne sont pas assez formĂ©s pour rĂ©pondre correctement Ă  toutes les attentes des futures mamans quant Ă  leurs questions sur l’allaitement. Les mĂ©decins sont seulement formĂ©s pendant une heure et demie sur toute la durĂ©e de leurs Ă©tudes Ă  ce sujet ! Comment pourraient-ils apporter des rĂ©ponses suffisantes ? En France, 85% des mĂšres allaitantes arrĂȘtent le processus plus tĂŽt qu’elles ne le souhaitent, pour une raison ou pour une autre. Beaucoup stoppent l’allaitement car elles doivent suivre un traitement mĂ©dicamenteux et suivent le conseil de leur mĂ©decin de stopper l’allaitement. C’est pourtant inutile : la trĂšs grande majoritĂ© des traitements est compatible avec l’allaitement !

Certaines doivent Ă©galement arrĂȘter Ă  cause du retour au travail car peu de moyens sont mis en place pour leur faciliter la tĂąche. Du cĂŽtĂ© de la loi, rien n’aide non plus. Les seules avancĂ©es datant de 2010, qui parlaient d’allonger le congĂ© maternitĂ© d’un mois, voire mĂȘme jusqu’à six mois aprĂšs accouchement selon l’AcadĂ©mie de MĂ©decine (ndlr, rapport de 2009) pour faciliter l’allaitement maternel, ont Ă©tĂ© abandonnĂ©es suite au dĂ©part du ministĂšre de la santĂ© de Roselyne Bachelot. Le ministre suivant n’a pas jugĂ© bon de continuer cette bataille alors qu’elle aurait grandement aidĂ© les associations ainsi que les mĂšres.

Sommes-nous donc en retard par rapport aux autres pays développés ?

En France, nous avons un rapport culturel liĂ© Ă  l’allaitement totalement diffĂ©rent par rapport Ă  d’autres pays dĂ©veloppĂ©s. Dans les pays scandinaves par exemple, 98% des mĂšres allaitent et cela semble tout Ă  fait normal. Certains pays sont donc des modĂšles de promotion de l’allaitement et c’est notamment le cas au Canada ou en Scandinavie oĂč tout est fait pour aider la mĂšre. Le congĂ© maternitĂ© dure un an et est rĂ©munĂ©rĂ© Ă  80% du salaire. Mais il n’y a pas que cela : en France, les trois premiers jours Ă  la maternitĂ© sont dĂ©terminants pour la poursuite de l’allaitement aprĂšs le retour Ă  la maison. Il faut donc faire un rĂ©el effort de ce cĂŽtĂ©-lĂ  aussi car beaucoup de mamans abandonnent dĂšs le retour Ă  la maison. Nous avons beaucoup Ă  apprendre des autres pays, qui, eux, ont en plus la loi de leur cĂŽtĂ©.

La sociĂ©tĂ© Ă©volue mais qu’en est-il justement lorsque l’on lie les phĂ©nomĂšnes de pollution et l’allaitement ?

C’est une question qu’il faut prendre au sĂ©rieux, surtout si l’on regarde Ă  quel point les enfants deviennent de plus en plus allergiques au fur et Ă  mesure des gĂ©nĂ©rations. Une mĂšre peut transmettre des allergies à son enfant en allaitant et cela mĂȘme si elle-mĂȘme n’est pas atteinte. NĂ©anmoins, une bonne hygiĂšne de vie est la base de tout. Si la maman mange correctement et prend soin de son corps, les risques d’allergie diminuent considĂ©rablement.

De plus, toutes les Ă©tudes montrent qu’en cas de pollution notable dans n’importe quel lait et le lait maternel n’y fait pas exception, les bĂ©bĂ©s allaitĂ©s s’en tirent mieux que ceux nourris au lait infantile. Les adolescents de 15 ans sont en moyenne moins allergiques s’ils ont Ă©tĂ© allaitĂ©s Ă©tant bĂ©bĂ©s. Et dans les pays fortement polluĂ©s, les enfants allaitĂ©s sont globalement en meilleure santĂ© que les autres, mĂȘme si on trouve lĂ -bas plus de polluants dans le lait maternel que dans le lait infantile. Les Ă©tudes ont dĂ©montrĂ© que la pollution n’avait pas d’impact sur la qualitĂ© nutritionnelle du lait maternel.
interview pour la leche league journee allaitement


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