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48 heures m’ont suffi pour aimer allaiter

Avant de tomber enceinte, je ne m’Ă©tais jamais posĂ© la question. L’allaitement m’a toujours semblĂ© quelque chose d’extrĂȘmement naturel, de normal. Cela dit, me concernant, j’ai Ă©tĂ© un bĂ©bĂ© biberonnĂ© comme on dit. Je n’avais donc aucun prĂ©jugĂ© sur le biberon. Chacun fait comme il veut. Mais moi, Coralie, crĂ©atrice du blog I am Une Maman, j’ai choisi l’allaitement.

 

J’y ai rĂ©flĂ©chi sĂ©rieusement pendant ma grossesse

Autour de moi, aucune femme n’avait allaitĂ©. Celles qui avaient essayĂ© n’avaient pas rĂ©ussi. Tout le monde a alors tentĂ© de m’avertir : l’allaitement allait ĂȘtre compliquĂ© et douloureux. Mon entourage m’a aussi prĂ©venue que je n’aurais peut-ĂȘtre pas suffisamment de lait ou qu’il ne serait pas assez nourrissant pour alimenter mon tout-petit. C’est ce qui est arrivĂ© Ă  la sƓur d’une amie… C’est arrivĂ© aussi Ă  une copine… Sans vraiment chercher Ă  me dĂ©courager, mais presque.

Vivant en Espagne, nombreuses sont les mĂšres Ă  allaiter. Elles ne se posent pas de questions, elles n’ont pas peur. Pendant les cours de prĂ©paration Ă  l’accouchement, je n’ai jamais entendu le mot biberon, ni mĂȘme le mot choix d’ailleurs. Pour toutes ces futures mamans, l’allaitement est simplement la continuitĂ© de la grossesse. Elles allaiteront, c’est sĂ»r. Un mois, trois mois, des annĂ©es. A elles de choisir.

 

A la naissance de ma fille

Ma fille est nĂ©e. Elle n’a pas pleurĂ©, elle a juste regardĂ© partout autour d’elle. Je l’ai posĂ©e sur mon ventre. La petite avait faim. Son regard au cours de notre premiĂšre tĂ©tĂ©e, en plein Ă©tĂ©, a fait de moi une maman. Sa maman. Une Ă©vidence est elle aussi nĂ©e : ce lien entre elle et moi durerait longtemps. Ce fut tellement simple en rĂ©alité ! Toutes mes peurs se sont envolĂ©es. Certaines sages-femmes ont essayĂ© de me convaincre que mon enfant passait trop de temps au sein ou pas assez. Qu’il dormait trop ou pas assez. Puis, j’ai commencĂ© Ă  ressentir quelques douleurs au tĂ©ton. Je me crispais. Plus mon corps se tendait, plus j’avais mal.

Un jour, Ă  la maternitĂ©, une infirmiĂšre est entrĂ©e dans la chambre. Lou pleurait, elle ne voulait pas prendre le sein, mais ça faisait 3 heures
 Elle avait un biberon dans la main. Alors je lui ai dit : « Non » ! L’infirmiĂšre s’est Ă©nervĂ©e et a vidĂ© un peu de lait sur le visage de ma fille et sur mes seins « pour l’appĂąter ». Ce geste m’a semblĂ© tellement violent. Lou pleurait alors de plus belle. Je lui ai demandĂ© de partir. J’ai essuyĂ© doucement le visage de mon bĂ©bĂ© et je l’ai collĂ©e contre moi en la berçant calmement. Je lui ai dit qu’elle mangerait quand elle aurait faim. Et que jamais plus je ne regarderais ma montre. Je lui ai reproposĂ© mon sein qu’elle a pris immĂ©diatement. Je me suis alors totalement abandonnĂ©e Ă  ce moment. J’ai relĂąchĂ© tous mes muscles et je l’ai laissĂ©e faire en contrĂŽlant sa position et sa bouche. Elle avait toute l’arĂ©ole dans la bouche. Elle avait l’air tellement bien. J’ai soudain oubliĂ© ces petites douleurs.

 

La pesée de Lou

Elle avait pris du poids au lieu d’en perdre. Moi j’avais de moins en moins mal. Je me prĂ©parais des compresses imbibĂ©es de mon lait ou de crĂšme. J’avais dĂ©cidĂ© de ranger ma montre, dĂ©finitivement. Puis, le personnel mĂ©dical nous a autorisĂ©es Ă  rentrer chez nous. Aujourd’hui, Lou est mon petit bouddha, plein de plis et pleine de vie ! Depuis sa naissance, elle tĂšte lorsqu’elle en ressent le besoin. Je l’allaite Ă  la demande et aux signes d’éveil, et cela, autant que je peux. Je pense que le secret, c’est de le vivre aussi simplement que ça l’est en rĂ©alitĂ©. Sans contrainte de temps. Qui mieux que mon enfant peut savoir lorsqu’il a besoin de tĂ©ter ? Peu importe si c’est par faim ou par amour.

Chaque tĂ©tĂ©e devient un beau souvenir. Ces tĂ©tĂ©es contribuent Ă  renforcer ce lien magique, unique et fort qui nous unit, juste elle et moi de la plus belle des maniĂšres qui soit. J’aime allaiter ma fille. J’aime ce corps Ă  corps, ce partage incroyable, cette confiance aveugle l’une envers l’autre. J’aime ce moment qui n’appartient qu’à nous, cet instant qu’elle ne partagera avec personne d’autre. Elle n’est plus dans mon ventre mais elle est sur mon ventre, contre mon cƓur, contre ma peau, les yeux dans les yeux.

 

http://iamunemaman.blogspot.com

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