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Enceinte et épileptique : quels sont les risques ?

Enceinte et épileptique : quels sont les risques ?

L’épilepsie, mal connue du grand public, n’est pourtant pas si rare chez les femmes en âge de procréer. Selon les statistiques, une femme sur deux cents serait sujette aux crises d’épilepsie . Aujourd’hui, c’est la Journée Nationale de l’épilepsie. Occasion de faire le point sur les risques que présente ou pas pendant la grossesse cette pathologie.

Mon épilepsie peut être aggravée par la grossesse ?

Premier point positif, la grossesse et les modifications hormonales qui s’en suivent ne modifient pas l’état neurologique de la future maman dans la plupart des cas. Ni plus ni moins de risques de crises d’épilepsie ont été constatées. En revanche, le traitement doit être adapté, c’est pourquoi une consultation pré-conceptionnelle est toujours préférable afin de pouvoir débuter la grossesse dans de bonnes conditions, sans risque pour le fœtus, car le risque de malformations en raison d’interactions médicamenteuses est important au premier trimestre.

Les femmes qui souffrent d’épilepsie, encore davantage que les femmes qui n’en souffrent pas, doivent prendre une supplémentation en acide folique (vitamine B9) afin de réduire le risque d’anomalies du tube neural (spina bifida) et cela au moins trois mois avant la conception du bébé.


Quels sont les risques pour mon bébé ?

Les médicaments antiépileptiques peuvent provoquer des malformations congénitales telles qu’une fente palatine, des doigts plus courts que la moyenne et parfois malheureusement des malformations plus graves, comme des anomalies cardiaques ou un spina bifida. Ceci étant, dans la population générale, non touchée par l’épilepsie, ces malformations touchent environ 2 % des nouveau-nés.

En cas de traitement anti-épilepsie chez la maman, ce taux de malformations est doublé, soit 4% des bébés dont la maman est sujette aux crises d’épilepsie mais ne suit pas de traitement et à moins de 6% chez les bébés dont la maman est sous traitement anti-épilepsie. Le risque de malformations en cas de traitement existe, mais il est faible, ce qui est rassurant. De fait, plus de 90% des femmes suivies pour épilepsie mettent au monde des bébés sans séquelle.

Puis-je arrêter le traitement pour prévenir les malformations fœtales ?

Il ne faut jamais arrêter un traitement anti-épilepsie sans suivi avis et suivi médical. En général, l’arrêt du traitement, quand il est envisageable parce que l’épilepsie est légère, se passe de manière progressive. Idéalement, ce sevrage doit être programmé avant la conception de l’enfant car c’est pendant les premières semaines de grossesse que les organes du futur bébé sont les plus exposés aux malformations. D’où l’importance de la consultation préconceptionnelle.

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Tous les médicaments anti-épilepsie sont-ils dangereux pour le futur bébé ?

Le CRAT (Centre de référence sur les agents tératogènes) a fait une classification de principe, mais il faut suivre l’avis du médecin qui vous prescrira le médicament qui équilibrera le mieux votre sensibilité aux crises d’épilepsie. En effet, en cas de crise, le bébé peut aussi subir parfois des séquelles, par exemple si la maman tombe au cours de sa crise et que l’abdomen enregistre un choc, ou encore que la convulsion prise d’oxygène le fœtus pendant un court moment. Mais les crises légères, sans chute, ne présentent en principe pas de risques pour le fœtus, d’où la nécessité d’un traitement qui équilibre l’état neurologique de la future maman.


Peut-on surveiller pendant la grossesse les risques de séquelles ?

Vers la 16 SA, un dépistage des marqueurs sériques (examen sanguin) permet de déterminer si la grossesse se déroule bien et sans anomalie grave. Mais ce n’est qu’une indication, ce sont des tests dont la fiabilité n’est pas absolue, dans un sens comme dans un autre. En cas de doute, il est possible de poursuivre l’investigation avec une amniocentèse et bien sûr une échographie.

Est-il exact qu’il n’est pas possible d’allaiter si on prend un traitement anti-épilepsie ?

Non, ce n’est pas exact. Même s’il est vrai qu’autrefois, il était d’usage de privilégier le lait infantile au lait maternel en cas d’épilepsie chez la maman. Aujourd’hui, il a été établi que la quantité de médicaments qui passe dans le lait maternel est très faible. Il s’agit de la phénytoïne, la carbamazépine et l’acide valproïque que l’American Academy of Pediatrics a jugé compatibles avec l’allaitement.

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