Accoucher sous X

Accoucher sous X, accoucher dans l’anonymat, accoucher dans la discrétion… autant de termes pour désigner une seule chose. Il y a plus de 300 femmes qui accouchent sans laisser d’adresses où les contacter, en France par an. Ce nombre a baissé depuis les années 1970. Qui sont ces femmes qui accouchent sous X ? Qu’est-ce qui peut les pousser à prendre une telle décision ?

Que veut dire accoucher sous X ?

Les femmes ont recours à l’accouchement dans l’anonymat depuis le XVIIe siècle. Autrefois, cette pratique était perçue un peu comme un abandon par la société. Aucun papier administratif n’était rempli et pour qu’un enfant retrace ses origines, c’était plus difficile, voire même impossible. L’accouchement sous X est une alternative pour les mères de ne pas avoir recours à l’avortement ou à l’infanticide. Ces mères accouchent et abandonnent leurs droits parentaux sur leur enfant. L’enfant peut alors être adopté.
Aujourd’hui, si la mère le souhaite, elle peut laisser une lettre avec son nom, les origines du père, la raison de son acte et une adresse pour la contacter. L’enfant en aura connaissance uniquement s’il entreprend des recherches concernant sa naissance. La mère, de son côté, ne peut plus accéder au dossier de son enfant ni le contacter.

Les raisons qui poussent une mère à accoucher dans l’anonymat

Quelques fois, un enfant arrive à un moment inopportun dans la vie d’une femme. Cet événement peut aussi coïncider avec un moment de la vie où elle n’a pas les moyens d’accueillir un bébé. Elle est trop jeune encore ou cet enfant est le fruit d’un viol ou bien il est non désiré. D’après les enquêtes menées auprès des maternités, les femmes qui accouchent dans la discrétion ont, en général, moins de 25 ans, n’ont pas d’emploi ou ne peuvent se débrouiller seules. La majorité vit encore chez leurs parents. Il y a également des femmes plus âgées qui ont recours à cette pratique. Ce sont des femmes de plus de 35 ans, qui ont déjà plusieurs enfants à charge et qui ne peuvent accueillir encore un enfant au sein de leur famille. Ces femmes préfèrent alors renoncer à leur enfant et leur offrir une meilleure vie qu’elles ne pourraient lui donner.


L’avenir d’un bébé né sous X

A la naissance, le bébé est confié sans tarder aux services de l’aide sociale ou est immédiatement placé dans un centre dans le but d’être adopté. Toutefois, quand une femme décide de ne pas élever son enfant, la décision n’est pas irrévocable. Elle a un délai de deux mois pour revenir sur sa décision. A sa majorité, l’enfant adopté pourra, s’il le souhaite, entamer des recherches auprès du CNAOP (Conseil national d’accès aux origines personnelles) et les données que sa mère aurait éventuellement laissées lui seront communiquées. Cela dépendra aussi du fait que la mère souhaite que son enfant la retrouve. Choisir de donner la vie à son enfant dans l’anonymat et le confier à autrui est une décision pas toujours facile à prendre. La situation est vécue douloureusement par beaucoup de mamans. Il y a toutefois, si elles le souhaitent, un suivi psychologique qui les aidera à surmonter cette épreuve.
 

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