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Comment j’ai vĂ©cu la naissance prĂ©maturĂ©e de mon bĂ©bĂ© sans son pĂšre

Hello la communautĂ© Neuf mois, je m’appelle Lily et je tenais Ă  partager mon accouchement avec vous. Un accouchement prĂ©maturĂ©, malheureusement coincĂ© entre abandon, solitude et complications que j’ai dĂ» vivre sans la prĂ©sence du papa.

AbandonnĂ©e dĂšs l’annonce de ma grossesse

Le pĂšre de mon enfant n’a pas assumĂ© ma grossesse. DĂšs que j’ai annoncĂ© la nouvelle, il est parti. MalgrĂ© ce coup au moral, j’ai passĂ© un super dĂ©but de grossesse. Niveau santĂ©, il n’y avait aucun souci. Pendant 6 mois, le bĂ©bĂ© a bien bougĂ© et a pris peu Ă  peu plus de place dans mon ventre.

A 6 mois et 1 semaine, les ennuis ont commencĂ©. J’ai alors mes premiĂšres contractions et je dois filer en urgence chez le gynĂ©cologue. Mon col Ă©tait Ă  9 mm. On me prescrit donc un repos forcĂ©, mais le soir, je suis obligĂ©e de retourner aux urgences Ă  cause de nouvelles contractions. On me transfĂšre le lendemain matin dans un hĂŽpital pour grossesse Ă  risque. Je me souviens que ce soir-lĂ , j’étais trĂšs angoissĂ©e. J’étais loin de ma famille et j’avais terriblement peur pour mon bĂ©bĂ©. Je n’avais qu’une envie, c’était que le pĂšre de mon enfant soit Ă  mes cĂŽtĂ©s pour me soutenir.

Deux jours aprÚs mon entrée, des contractions toutes les cinq minutes

Les mĂ©decins m’ont injectĂ© un produit pour calmer les contractions, mais j’ai trĂšs mal rĂ©agi. La frĂ©quence cardiaque de mon bĂ©bĂ© Ă©tait montĂ©e Ă  210, c’était une catastrophe
 Trois semaines plus tard, j’avais toujours des contractions toutes les 5 minutes. Cette fois-ci je n’ai pas prĂ©venu le personnel mĂ©dical. Une heure plus tard, quand la sage-femme est arrivĂ©e, j’avais toujours des contractions et j’étais dilatĂ©e Ă  3.


À ce moment-lĂ  j’étais vraiment paniquĂ©e. J’avais peur pour mon bĂ©bĂ©, j’étais Ă  29 semaines
 De nombreuses questions ont alors fusé dans mon esprit catastrophĂ© : « Mon bĂ©bĂ© va-t-il vivre ? » « Vais-je arriver Ă  accoucher ? » Je me sentais trĂšs seule et ma mĂšre venait tout juste de rentrer chez elle, Ă  150 km d’ici. Heureusement, en apprenant la nouvelle, elle a de suite fait demi-tour.

Puis tout s’est accĂ©lĂ©rĂ©. On m’a posĂ© la pĂ©ridurale, et 7 heures aprĂšs, j’ai accouchĂ© d’un magnifique petit garçon. EliĂšs, 1 kg 860, 40,5 cm, Ă©tait nĂ©. Mon fils. Un amour immense a envahi mon cƓur. J’ai eu la chance de le prendre deux minutes contre moi, puis il a Ă©tĂ© emmenĂ© par le personnel mĂ©dical pour lui donner de l’oxygĂšne. Je ne pensais pas Ă  ce que je venais de vivre, au stress, Ă  la solitude : je ne pensais qu’à mon fils, ce petit bout de moi, magnifique et merveilleux.

Deux pas en avant, un pas en arriĂšre

Vingt minutes aprĂšs l’avoir tenu contre moi, mon fils est revenu. Il respirait tout seul. J’étais aux anges et n’arrĂȘtais pas de pleurer. Mais quelques minutes plus tard, il a de nouveau Ă©tĂ© emmenĂ© loin de moi. Il Ă©tait au service de rĂ©animation pĂ©diatrique. Je suis montĂ©e le voir, et ça a Ă©tĂ© un choc : mon bĂ©bĂ© Ă©tait branchĂ© de partout avec un masque Ă  oxygĂšne. Il faisait des arrĂȘts respiratoires, et ne respirait plus tout seul. Les bips incessants des machines m’inquiĂ©taient grandement.

Les jours ont dĂ©filĂ© et mon fils peinait toujours Ă  respirer. Un jour il allait mal, l’autre il ne portait plus que des lunettes avec de l’oxygĂšne
 Les mĂ©decins me disaient toujours : « deux pas en avant, un pas en arriĂšre« . Triste rĂ©alitĂ©. Je passais tout mon temps prĂšs de lui, mes journĂ©es comme mes nuits. Je n’arrivais pas Ă  le laisser.


Le combat de mon fils

Petit Ă  petit, mon fils s’est battu contre sa condition de prĂ©maturĂ© pour grandir et retrouver la santĂ©. Il a pris du poids, et trois semaines aprĂšs sa naissance, il a Ă©té transfĂ©rĂ© dans notre ville en nĂ©onatalogie. Quatre jours en couveuse, deux semaines en berceau chauffant puis berceau normal : la santĂ© de mon fils a pu s’amĂ©liorer pour mon plus grand bonheur. Le jour oĂč il est sorti de la couveuse, cela a Ă©tĂ© un Ă©norme pas en avant. J’ai enfin pu le prendre dans mes bras, le caresser. Je ne le lĂąchais jamais !

Trois semaines aprĂšs avoir Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© dans un berceau normal, les infirmiĂšres sont arrivĂ©es dans la chambre. « C’est le grand jour, on enlĂšve tout !« , ont-elles lancĂ© dans ma direction. J’irradiais de joie. Au revoir les bips bips des machines et les tubes Ă  oxygĂšne ! Nous sommes restĂ©s encore une semaine Ă  l’hĂŽpital sans branchement ni oxygĂšne. Puis ce fut la sortie. Un jour trĂšs Ă©mouvant dont je me souviendrais toute ma vie. Au revoir le stress, les angoisses, la peur


Aujourd’hui, mon fils est magnifique et il me remplit de bonheur chaque jour qui passe. Il est le nouvel amour de ma vie.

 


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