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TĂ©moignage : J’ai vĂ©cu deux naissances insolites !

J’habite Londres et l’idĂ©e de donner naissance dans un des grands hĂŽpitaux de la capitale britannique qui voient en moyenne 5.000 Ă  6.000 naissances par an ne m’enchantait guĂšre. AprĂšs avoir visitĂ© l’hĂŽpital le plus proche de chez moi, je me suis vraiment mise Ă  la recherche d’alternatives.

Nous Ă©tions au mois de mai, je devais accoucher dĂ©but septembre, il fallait faire vite. AprĂšs moultes rĂ©flexions, je me suis mise en quĂȘte d’une doula, une de ces femmes dont le mĂ©tier est de soutenir la future mĂšre avant, pendant et aprĂšs la naissance. Doula veut dire "servante" en grec.

On me demande parfois la meilleure façon d’en choisir une. Il y a l’expĂ©rience et les rĂ©fĂ©rences bien sĂ»r, mais quand j’ai rencontrĂ© celle qui allait devenir ma doula, je me suis tout de suite sentie en harmonie avec elle, et sa prĂ©sence me rassurait et me relaxait.

J’avais dĂ©nichĂ© un centre de naissance gĂ©rĂ© par des sages-femmes, trĂšs favorable aux naissances naturelles, de prĂ©fĂ©rence dans l’eau – 300 naissances par an seulement.


Et la naissance s’est finalement passĂ©e, sans anicroches : on m’avait vantĂ© les bienfaits anesthĂ©siants de l’eau, mais qui ce sont dans mon cas rĂ©vĂ©lĂ©s inexistants ; je n’ai eu de dĂ©chirement – un autre bienfait dit-on de la naissance en milieu aquatique; mais le moment fort de cette naissance-lĂ  est d’avoir vu ma fille flotter doucement vers la surface aprĂšs sa naissance et de pouvoir la saisir au moment de son entrĂ©e dans le monde.

Pour mon deuxiĂšme accouchement, j’avais espĂ©rĂ© reproduire les circonstances de la premiĂšre naissance, mais comme on l’apprend bien vite avec les bĂ©bĂ©s,  tout ne se passe pas toujours comme prĂ©vu. J’avais demandĂ© Ă  ma doula de revenir- en la rĂ©servant bien Ă  l’avance cette fois ! – et je pensais retourner au mĂȘme centre de naissance.

Dans notre nouveau quartier, les naissances Ă  domicile Ă©taient encouragĂ©es par la sage-femme qui me suivait, mais comme elle devait avoir lieu au rez-de-chaussĂ©e de notre maison (sous la chambre de ma fille), j’avais optĂ© pour le centre de naissance, oĂč je risquais de ne rĂ©veiller personne.

Mon aĂźnĂ©e Ă©tait arrivĂ©e avec deux jours d’avance, mais ce bĂ©bĂ©-ci prenait son temps, et n’était toujours pas apparu huit jours aprĂšs la date prĂ©vue. Pour passer le temps, j’avais eu recours Ă  l’homĂ©opathie, la rĂ©flexologie, l’acuponcture et autre mĂ©thodes de dĂ©clenchement naturelles.


Ceci explique peut-ĂȘtre pourquoi le jour J, j’étais plutĂŽt dĂ©tendue en me souvenant que la premiĂšre naissance avait pris du temps Ă  se mettre en route.

Mais de contractions trĂšs espacĂ©es et irrĂ©guliĂšres pendant la journĂ©e, le soir, aprĂšs avoir mis notre aĂźnĂ©e au lit, j’ai eu trĂšs soudainement plusieurs contractions trĂšs rapprochĂ©es et trĂšs puissantes.

Mon mari, qui m’avait peu de temps auparavant demandĂ©e s’il ne "serait pas le temps d’appeler quelqu’un", a finalement appelĂ© doula et belle-mĂšre dare-dare, et par la suite ambulance.

Entre-temps, je m’étais propulsĂ©e vers la salle de bain avec une envie soudaine et urgente d’aller aux toilettes. A partir de ce moment-lĂ , je n’ai pu plus me relever du sol oĂč je me suis retrouvĂ©e Ă  quatre pattes, sur le carrelage froid, tandis que mon mari se cachait derriĂšre la porte. ( Il m’a dit plus tard qu’il n’y avait plus de place pour l’entrebĂąiller puisque j’occupais l’espace entre porte et toilettes
 )

C’est ainsi que ma doula m’a trouvĂ©e, et en un coup d’oeil s’est rendue compte que la naissance Ă©tait imminente. Elle n’a eu que le temps de jeter des serviettes par terre quand j’ai ressenti un dĂ©sir de pousser fulgurant que je ne pouvais contrĂŽler. Effectivement, deux contractions plus tard et ma deuxiĂšme fille Ă©tait nĂ©e – dans notre salle de bain, et Ă  nouveau sans complication. De la façon la plus naturelle du monde donc !


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