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Ma grossesse non désirée, partagée entre joie et tristesse

Salut les filles ! Je m’appelle MĂ©lanie et je vais vous raconter comment j’ai vĂ©cu ma premiĂšre grossesse. Pour moi, non, ce n’Ă©tait pas tout une grossesse dĂ©sirĂ©e et attendue…

« Je comptais les jours d’ovulation pour ne pas tomber enceinte »

J’ai dĂ» arrĂȘter ma pilule car celle-ci ne me convenait plus et je n’ai pas voulu reprendre de contraception. Avec mon conjoint nous Ă©tions en plein dans la construction de notre maison. Nous vivions donc dans un mobil-home le temps des travaux. Nous avons passĂ© plusieurs mois sur les nerfs, Ă  se disputer, Ă  se dĂ©chirer, j’Ă©tais mĂȘme prĂȘte Ă  le quitter. Puis, nous avons dĂ» retourner un mois chez nos parents respectifs car nous devions enlever le mobil-home de notre terrain.

Puis quand enfin on s’est retrouvĂ© dans notre maison, nous avons voulu fĂȘter ça. J’Ă©tais en pleine pĂ©riode d’ovulation, mais je me suis dit que je n’allais pas ĂȘtre enceinte dĂšs la premiĂšre fois. Un mois passe, j’Ă©tais trĂšs malade, j’avais mal au ventre, je pensais Ă  une gastro ou mĂȘme Ă  un ulcĂšre Ă  l’estomac. Je n’avais pas eu mes rĂšgles ni en novembre ni en dĂ©cembre. Je dĂ©cide donc de faire un test de grossesse et celui-ci s’est rĂ©vĂ©lĂ© positif ! Je l’annonce au papa qui, lui, Ă©tait content, je prends les premiers rendez-vous. La premiĂšre Ă©chographie passe, mais je suis toujours partagĂ©e, je n’arrive pas Ă  exprimer ma joie, mon bonheur. On annonce l’arrivĂ©e de ce bĂ©bĂ© Ă  nos familles le jour de NoĂ«l. Quel sublime cadeau ! Ce bĂ©bĂ© est le premier petit-fils des deux familles.

« J’Ă©tais partagĂ©e entre la joie et la tristesse »

Je doute. Je ne sais plus si je veux encore de ce bĂ©bĂ©, je pleure beaucoup (il faut dire qu’avec le papa, ce n’est pas la joie, la construction nous a vraiment sĂ©parĂ©s). J’avais d’autres perspectives d’avenir, je n’avais que 22 ans, je ne voulais pas devenir maman tout de suite, je pensais donc Ă  l’avortement. Le lendemain, nous avions l’Ă©chographie morphologique, et nous nous Ă©tions donnĂ© la nuit pour rĂ©flĂ©chir. Puis nous sommes arrivĂ©s devant cette Ă©chographie et le gynĂ©cologue nous annonce que c’est un garçon. Je vois ce petit ĂȘtre bouger, je me dis que je ne peux pas lui faire ça. Nous dĂ©cidons de ne pas parler de l’avortement avec le gynĂ©cologue.

Les mois passent, je ne me sentais pas plus heureuse que ça, je n’arrivais pas Ă  faire d’achats pour mon propre fils, je n’Ă©tais pas Ă©panouie. J’Ă©tais contente de le voir sur les Ă©chographies mais j’aurais aimĂ© ĂȘtre plus heureuse. J’avais l’impression que ce petit ĂȘtre n’Ă©tait pas Ă  moi en fait. Une seule chose Ă©tait sĂ»re, c’est que j’aimais le sentir bouger, car je sentais qu’il Ă©tait toujours en vie. C’est bizarre, mais j’avais besoin de ça pour me rassurer.

« Je me trouvais grosse et moche »

Mon ventre ne s’arrondissait pas, jusqu’au dernier mois, oĂč lĂ , j’ai vraiment eu un gros ventre. Je n’aimais pas me voir habillĂ©e, je passais donc mes journĂ©es en maillot de bain/parĂ©o car je me sentais bien mieux comme ça. Arrive finalement le week-end avant sa naissance. On organise une grosse fĂȘte Ă  la maison pour l’anniversaire d’un ami et je ne me suis pas mĂ©nagĂ©e. Je n’en pouvais plus d’ĂȘtre comme ça.

Enfin, plusieurs contractions se font ressentir. Nous partons Ă  la maternitĂ© oĂč les sages-femmes me disent que je ne suis ouverte qu’Ă  un doigt et qu’il est donc inutile de me garder. Nous rentrons donc Ă  la maison et je perds les eaux vers 9 heures avec beaucoup de contractions. Nous retournons Ă  la maternitĂ©, oĂč ils dĂ©cident, cette fois, de nous garder.

« Je ne me rendais toujours pas compte de ce qu’il m’arrivait »

Nous n’avions toujours pas choisi le prĂ©nom de ce petit bonhomme. J’entre donc en salle d’accouchement Ă  19 heures 30. L’anesthĂ©siste me pose la pĂ©ridurale. À 21 heures, on commence l’accouchement. Tout se passe bien mais au moment de sortir mon fils, la sage-femme me demande de l’attraper. Je ne peux pas, je reste bloquĂ©e en disant que je ne veux pas. Alors elle le pose sur moi… Que dire de plus Ă  part que ce fĂ»t un vĂ©ritable coup de foudre, c’est inexplicable ce que l’on ressent Ă  l’arrivĂ©e de notre propre enfant. J’oublie tout ce qu’il s’est passĂ© en 9 mois et je regarde mon fils qui est en bonne santĂ© et qui est beau comme un cƓur. Il me regarde avec des yeux qui disent « Je t’aime maman ».

C’est un vrai bĂ©bĂ© sourire ! Il nous comble de joie et de bonheur. C’est le vĂ©ritable amour de ma vie, mon petit bonheur Ă  moi que j’aime Ă  l’infini.

 

 

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