Mêle toi de ton ventre ! Ou comment en finir avec les conseils plus ou moins bien avisés de votre entourage

Si être enceinte ne regarde que vous (et le papa), il semble pourtant qu’à mesure que votre ventre s’arrondit, votre état devienne une véritable question de société. De votre mère à votre voisine, en passant par la boulangère, tout le monde y va de son conseil. Ou devrais-je dire jugements, réflexions, ordonnances !
Des petites phrases pleines de bonnes intentions qui peuvent vous faire culpabiliser et mettre en doute vos choix, ceux-là même que vous aviez mis si longtemps à prendre.

 

Tu vas souffrir ma grande !

Ingrid, 42 ans et mère de trois enfants n’a jamais assisté au cours de préparation à l’accouchement, malgré les recommandations de son médecin. « Je n’avais pas envie de m’exposer au milieu de tout le monde, à faire le petit chien. Pour moi, l’accouchement devait arriver de manière naturelle, sans aucune préparation quelconque ». Oh mon dieu ! Mais tu es folle ! Tu ne dirais pas ça si tu savais ce qui t’attend ! Et c’est parti pour l’éternelle monologue de la femme qui a déjà enfanté, sait mieux que vous et vous raconte, non avare de détails, ses quatre accouchements par voie basse. Maria, maman de deux grandes filles, se souvient de sa première grossesse : « C’est comme si toutes les femmes de ma famille voulaient se venger sur moi. Elles me racontaient leur douleur, les complications, … Comme si elles prenaient un malin plaisir à me terroriser ». Pourtant, derrière ce scénario de film gore se cache en fait une véritable bonne intention : celle de vous avertir. Parce qu’elles, personne ne les a prévenues avant et qu’elles ont eu vraiment mal. Elles veulent vous préparer à ce qui vous attend vraiment. Quitte à avoir moins mal que ce que vous imaginiez.

 

Le Prénom

Bébé arrive bientôt et ça y est, enfin, vous l’avez choisi. Après des mois d’hésitations, de négociations, de lectures assidues de livres spécialisés et de prises de bec avec l’être aimé, c’est décidé. Vous avez choisi le prénom de votre bébé. Il est joli, vous l’aimez, et rien ni personne ne pourra vous faire changer d’avis. Enfin… C’était sans compter les têtes d’enterrement (voire de dégoût) qu’on fait vos proches à l’annonce du dit prénom. Martine, 36 ans, n’a pas fait l’erreur deux fois : « Pour la deuxième, j’ai gardé le secret jusqu’à la naissance. J’étais encore traumatisée par l’accueil de ma famille quand j’ai annoncé le prénom de mon fils aîné. Tout le monde est devenu blême, c’était terrible. Mais au final ils s’y sont faits et aujourd’hui ils trouvent ça très joli ». Moralité ? Fermez les écoutilles. Et si possible, gardez le prénom secret jusqu’à l’accouchement, ça vous évitera bien des tracas.

 

Fais pas ci fais pas ça

Quoi ? T’es enceinte et tu manges des sushis ? Non mais allô quoi ! Parfois le regard des gens (et leurs réflexions) peut être aussi accusateur face à une femme au ventre rond qui s’en grille une qu’à celle qui a eu le malheur de commander un sandwich parisien. Halte là ! Vous avez fait un footing à plus de six mois de grossesse et on vous a regardé de travers ? Cessez donc de vous culpabiliser. Si votre médecin est ok, envoyez donc les autres balader. Cette théorie s’applique également aux mangeuses (occasionnelles) de sushis, jambon, foie gras et autres buveuses (occasionnelles bis) de café et de (demi) verres de vin.


 

L’allaitement

Vous avez choisi d’allaiter votre enfant, soit en langage actuel, vous êtes la meilleure mère du monde, sorte de perfection maternelle des temps modernes. Vous pensez donc pouvoir échapper à toute critique étant donné que vous avez fait le choix plus responsable selon l’OMS. Et pourtant. Votre mère, votre grand-mère, elles, ont brûlé leur soutien-gorge pour avoir le droit de donner le biberon. Faire le choix d’allaiter est pour elles renoncer à votre liberté, retourner à vos fourneaux et vous enfermer pour toujours dans votre donjon/cuisine. Là encore, Martine se souvient : « Quelques temps après la naissance du premier, nous sommes allés rendre visite à son arrière grand-mère, 94 ans. Alors que je m’apprêtais à le nourrir, elle m’a lancé d’un ton accusateur ‘Tu ne vas tout de même pas l’allaiter jusqu’à ses 18 ans !’. Il avait à peine trois mois… ». Comme quoi la critique survient même là où on ne l’attend pas. Et si vous n’allaitez pas… Armez-vous de courage, mauvaises mères que vous êtes ! Mais surtout, n’écoutez que vous.

Tendez l’oreille, écoutez, lisez, faites vous vos propres opinions. Ne laissez personne dicter vos choix ou remettre en cause vos décisions. Et surtout ne culpabilisez pas (ou vous n’avez pas fini). Parce que cette grossesse, c’est la votre.

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