Trop d’antibiotiques, pas bon pour bébé ?

Une étude américaine de l’Université de Pennsylvanie, publiée dans la revue JAMA Pediatrics s’est intéressée aux liens entre prise d’antibiotiques chez le nourrisson et obésité de l’enfant. Apparemment, le risque d’obésité infantile augmente à partir de 4 prescriptions d’antibiotiques chez le bébé (avant l’âge de 2 ans).

 

Pour le bien de cette étude, les chercheurs ont suivi 64 580 enfants entre 2001 et 2013 de leur naissance à leurs 5 ans. Ils se sont intéressés à leurs prescriptions d’antibiotiques lors des premiers mois (jusqu’à 23 mois) puis à l’obésité des enfants de 2 à 5 ans. Ils ont analysé les prescriptions, mais aussi les mensurations des enfants ainsi que leur IMC.

Il a été découvert que 69% des enfants avaient pris des antibiotiques avant 2 ans et en moyenne 2,3 fois. L’étude rappelle que les prises d’antibiotiques supérieures ou égales à 4 dans cette tranche d’âge augmentent de 11% le risque d’obésité, d’autant plus pour les antibiotiques « à large spectre » (ceux qui agissent sur un plus grand nombre de bactéries) où le risque augmente de 16%, et plus le bébé est jeune. Les auteurs de l’étude invitent à réfléchir à de nouvelles directives pour limiter la prise d’antibiotiques et à ne pas les prendre de manière systématique, ce qui est déjà le cas en France depuis plus de dix ans, suite à la campagne « Les antibiotiques, ce n’est pas automatique ! », lancée par la CNAM. Il est également conseillé de privilégier, dans la mesure du possible, les antibiotiques à spectre étroit.


Mais ne cédons pas à la panique : les médecins savent ce qu’ils font et savent quand il est nécessaire ou non de prescrire un antibiotique aux bouts de chou (ou même aux adultes). De plus, les auteurs rappellent que la prise d’antibiotiques très jeune ne serait qu’un facteur parmi d’autres dans les risques d’obésité. Il y a aussi le cadre de vie, l’alimentation, l’activité sportive, l’asthme, la prise de stéroïdes… Bref, des tas de circonstances menaçant la bonne hygiène de vie (et donc parfois facteurs d’obésité) qui peuvent être aussi à l’origine du développement de pathologies nécessitant la prise d’antibiotiques. Autrement dit, qui de l’œuf ou de la poule était là le premier ?

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