Quels changements dans les couches de nos bébés ?

Chaque année le magazine 60 millions de consommateurs lance une enquête sur les couches pour bébés. Le but étant de déterminer si celles-ci contiennent des produits toxiques et donc nocifs pour nos petits bouts de chou. Rappelons que l’an dernier seules deux marques de couches sur les 12 marques testés avaient reçus l’approbation du magazine. Les autres ont été jugées comme contant des « résidus potentiellement toxiques ». Des produits tels que des dioxines, du glyphosate et des traces de composés organiques volatils (les COV), ont été retrouvés parmi les couches sélectionnées, y compris les couches bio. Le glyphosate a désormais été classé « cancérigène probable pour l’homme » par le Centre International de Recherche sur le cancer (CIRC). Depuis cette enquête, les entreprises ont-elles fait le nécessaire pour se mettre à jour ? Quels sont les résultats de cette année ?

Des marques toujours pointées du doigt par le magazine

L’enquête s’est portée sur deux éléments : la composition des couches et ses performances produits. Pour remporter l’approbation du magasine il faut évidemment que la couche ne contiennent pas de traces de produits toxiques mais aussi remplir sa mission première autrement dit garder les fesses de nos petits au sec. Un laboratoire indépendant a été appelé pour mener l’enquête. L’étude consistait à analyser, broyer et mixer les différentes couches pour déceler de possibles traces de produits toxiques. Pour établir si la couche est performante, la laboratoire a jugé : sa capacité d’absorption, zone de fuite, protection contre l’humidité, tenue de la couche … Côté technique, bien que les résultats varient, toutes les couches assurent ce rôle absorbant. Côté composants par contre on constate que l’objectif « zéro-toxicité » que s’était donné les entreprises jugées l’an dernier n’a pas toujours été atteint cette année, bien qu’une véritable amélioration se doit d’être noté. Le champion de l’an passé Love&Green a obtenu de moins bon résultats cette année à cause d’un changement de sous-traitance (changés depuis les résultats publiés par l’étude). Avec LillyDoo, PommettedIntermarché et Lotus Baby, des traces de glyphosate ont été détectés dans leurs couches. Cependant, ces résultats sont à mettre en perspective car le magazine assure que les traces de produits toxiques faibles sont faibles, assez faibles pour ne pas représenter de danger sanitaires.

Mais certaines ont retenu la leçon

C’est le cas de Pampers en tout cas ! Le champion du secteur de la couche jetable qui avait obtenu de terribles résultats l’année passée a remonté la pente et apprit de ses erreurs. Cette année la marque se voit loué par l’étude qui l’avait autrefois décriée. Le leader voit ses couches Premium Protection et Baby-Dry dans le peloton de tête. Cette année le grand gagnant, avec une superbe note de 17/20, est un petit nouveau dans l’industrie de la couche. Il s’agit de la marque de couche d’achat en ligne, Joone qui a passé tous les tests haut-la-main. Hic cependant cette super couche est aussi la plus chère de toutes. Avec un prix à l’unité de 40 centimes contre 25 pour la Premium Protection de Pampers. Autre changement cette année, les marques de distributeurs qui avaient été critiquées l’année dernière ont été bien mieux notées cette année. Les couches Carrefour Baby par exemple a obtenu une bonne note et le prix de la couche est plus attractif pour les parents puisqu’il n’est que de 19 centimes/couche.

Un appel à une réglementation plus stricte

60 millions de consommateurs insiste tout de même une nouvelle fois sur la nécessité de mettre en place une réglementation et des contrôles plus stricts sur ce type de produits essentiels dans les premières étapes d’une vie. Sans ces contrôles, les consommateurs ne savent pas ce qu’ils achètent, de quoi sont faits ces produits qu’il utilisent en pensant bien faire pour leurs petits alors qu’ils peuvent être dangereux pour eux. C’est le manque de transparence des marques sur ses produits que le magazine dénonce à juste titre. Il n’existe aucune législation strict qui impose aux marques de décrire les éléments qui composent leurs produits. Un véritable problème auquel il faut palier pour éviter tout risque sanitaire pour nos petits. Il faut aussi rappeler qu’en terme de couche aucun label bio n’existe encore. Même si l’on retrouve des composantes bio comme le coton dans certaines d’entre elle, le produit fini ne peut être certifié bio. Le secteur de l’enfance avait déjà été remué dernièrement avec l’affaire du lait contaminé aux salmonelles. C’est donc naturellement que les associations et les familles victimes ont réagi aux résultats publiés par le magazine. Tous demandent une réglementation adaptée au secteur et aux risques pour l’enfant.

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* L’enquête complète est à retrouver dans le magazine 60 millions de consommateurs daté de septembre, en kiosque à partir du 23 août 2018.

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