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Les violences faites aux femmes enceintes sont-elles une source de prématurité ?

Une Ă©tude amĂ©ricaine parue dans la revue mĂ©dicale Bjoba a rĂ©cemment montrĂ© Ă  quel point les violences physiques ou morales exercĂ©es sur les femmes enceintes peuvent avoir des consĂ©quences sur la venue prĂ©maturĂ©e de certains bĂ©bĂ©s. Les chercheurs amĂ©ricains de l’UniversitĂ© de l’Iowa ont tenu Ă  expliquer jusqu’oĂč les violences faites aux femmes peuvent avoir un impact irrĂ©mĂ©diable sur la santĂ© du bĂ©bĂ© mais aussi celle de la maman.

Violences physiques ou morales, une question de santé majeure

Partout dans le monde, des femmes sont battues, harcelĂ©es ou victimes d’abus Ă  cause de leur compagnon ou de leur ex-compagnon. Chose encore plus grave quand on sait qu’en tout, 23% des demandes d’IVG sont directement liĂ©es Ă  ces violences, de quels qu’ordres qu’elles soient. Sont considĂ©rĂ©s comme harcĂšlements exercĂ©s sur ces femmes enceintes, qu’ils soient rĂ©pĂ©tĂ©s ou non, les abus physiques, moraux, sexuels ou financiers qui peuvent nuire Ă  la croissance normale de l’enfant.

L’étude, entraĂźnĂ©e par Audrey Satflas, professeure d’épidĂ©miologie Ă  l’UniversitĂ© de l’Iowa, a Ă©laborĂ© un rĂ©sultat global Ă  partir de 50 Ă©tudes rĂ©alisĂ©es Ă  travers 17 pays diffĂ©rents. Au total, 5 millions d’enfants ont participĂ© Ă  cette Ă©tude et le rĂ©sultat reste sans appel : les naissances prĂ©maturĂ©es sont 2 Ă  3 trois fois plus courantes chez des mamans victimes d’abus ou de violences physiques et/ou morales. De plus, il a Ă©tĂ© constatĂ© que les bĂ©bĂ©s nĂ©s dans ces conditions pesaient en moyenne 2,5 fois moins que les autres enfants dont la maman n’a pas subi de violence.

Cela reprĂ©sente donc un risque Ă©levĂ© pour le bĂ©bĂ© mais, dans l’histoire, il ne faut pas oublier la santĂ© de la maman. Celle-ci, en plus d’ĂȘtre victime d’agression ou de harcĂšlement doit se protĂ©ger tant bien que mal pour vivre une grossesse qui n’affectera en aucun cas la croissance du bĂ©bĂ©. NĂ©anmoins, celle-ci peut ĂȘtre parfois amenĂ©e Ă  mettre en danger sa propre vie et celle de son bĂ©bĂ©. Drogues, alcool et automĂ©dication sont quelques fois les Ă©chappatoires des violences que subissent ces futures mamans dĂ©semparĂ©es.


L’importance des professionnels de santĂ© sur la situation

Il est donc urgent et essentiel que les professionnels de santĂ© soient aux cĂŽtĂ©s de la maman pour l’aider et la soutenir. Beaucoup d’entre elles n’osent pas se tourner vers un mĂ©decin par peur de reprĂ©sailles mais il faut Ă  tout prix qu’elles franchissent le pas pour essayer de reprendre le cours « normal » de leur grossesse. MĂȘme si les taux de violence diffĂšrent d’un pays Ă  un autre, il est primordial d’en comprendre les raisons et de mettre un terme Ă  ces flĂ©aux.

Le numéro vert français 3919, gratuit et anonyme, est à disposition de toutes les femmes victimes de violences et de harcÚlement. Elles peuvent discuter 7 jours sur 7 avec des professionnels qui seront là pour les aider et répondre à toutes leurs questions.

 


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