Les cigognes déçues, la grève reconduite ?

La décision de Marisol Touraine,  Ministre de la Santé était très attendue ce matin par l’ensemble des sages-femmes de France. Las…

Malgré les récentes déclarations de la ministre reconnaissant – enfin ? – les compétences médicales des sages-femmes pourtant inscrites noir sur blanc dans le Code de santé publique depuis belle lurette, les attentes de nombreuses sages-femmes ont été déçues : la ministre a annoncé la création d’un statut médical des sages-femmes des hôpitaux, au sein des hôpitaux publics, alors qu’une partie de la profession souhaitait sortir de la fonction publique et disposer du statut de praticien hospitalier, comme les médecins mais aussi les pharmaciens et les dentistes.
La création de ce statut est une des cinq mesures d’un plan de revalorisation de la profession de sage-femme : les autres mesures portent sur la valorisation de leurs compétences, en libéral et à l’hôpital.

Selon la Ministre, « de nouvelles responsabilités vont être confiées aux sages-femmes hospitalières dans l’élaboration du projet médical de l’établissement, concernant la prise en charge de la mère et du nouveau-né ». De même, leur représentation au sein de la commission médicale d’établissement devrait être renforcée. Autre mesure attendue : la revalorisation salariale, les sages-femmes, formées à Bac + 5 n’étant reconnues qu’à Bac +2 côté salaire.

Tout aussi attendue, la campagne de communication pour faire connaître au grand public les compétences des sages-femmes : en effet, beaucoup de femmes enceintes et en post-partum ignorent qu’elles peuvent se faire suivre par une sage-femme, sans passer par la case gynécologue, tant qu’elles sont en bonne santé, reléguant ainsi le rôle de la sage-femme à la préparation à l’accouchement. Cette campagne devrait donc informer les femmes des compétences qui sont les leurs et qui leur sont reconnues par décret depuis quelques années : suivi gynécologique de la femme en bonne santé, réalisation des frottis, pose de stérilets et prescription de la contraception ainsi que des médicaments qui entrent dans leur champ de compétences. Enfin, la formation des sages-femmes va aussi faire l’objet d’une action qualitative.


Des avancées certes si l’on s’en tient à la situation actuelle des sages-femmes hospitalières et le peu de visibilité quant à leurs réelles compétences des sages-femmes libérales. Mais pour le Collectif des sages-femmes, en grève depuis le 16 octobre dernier, le compte n’y est pas. La grève devrait donc se poursuivre et le moins qu’on puisse leur reconnaître, c’est leur détermination… Ca risque de chauffer encore un peu dans les maternités, mais pas d’inquiétude si vous accouchez dans les jours ou les semaines à venir : les sages-femmes sont des professionnels de santé et votre sécurité n’est pas mise en danger par le mouvement de grève.

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