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La première bourse au lait maternel ouvre en Allemagne

Après les résultats du CAC 40, du Dow Jones et du NASDAQ, on pourra bientôt dire à combien de points la bourse au lait maternel a clôturé. Car oui, la première bourse au lait maternel a été lancée en Allemagne. A l’origine de cette initiative ? Tanja Müller, une maman âgée de 37 ans et experte en marketing.

Tanja Müller, maman de deux enfants et vivant en Allemagne crée la polémique depuis le 29 janvier dernier. Pourquoi ? Parce que cette experte en marketing a créé la première bourse au lait maternel sur le web. Le principe ? Celui de l’offre et de la demande. Pendant que certaines mamans produisent parfois trop de lait pour nourrir leur tout-petit, d’autres n’en produisent pas assez ou pas du tout. Le site a donc pour objet de mettre en relation ces mamans. Et même si l’allaitement maternel est largement pratiqué en Allemagne, cette initiative soulève plusieurs questions, à la fois éthiques et sanitaires.

 

Comment est née cette idée ?

Tanja Müller raconte sur son site internet que pour sa première grossesse, il était impossible pour elle d’allaiter tandis que pour la seconde, elle produisait trop de lait. Elle décide alors de proposer son lait à une jeune mère en incapacité d’allaiter, mais à la maternité, l’infirmière refuse. Tanja est donc obligée de jeter des litres de son lait. Attristée par cette décision, cette pro du marketing décide d’ouvrir son propre site internet pour vendre du lait maternel. Rien n’a été laissé au hasard par la créatrice et les offres des mamans vendeuses sont particulièrement détaillées. Ainsi, Christina vivant à Hambourg propose son lait pour un enfant de 12 semaines. Son tarif ? 1€ pour les 100ml, l’une des offres les moins chères du site, puisque le lait pour un enfant de 51 semaines se facture à 6,50€ les 100 ml. Côté santé, Christina assure être non fumeuse et ne boire au maximum qu’un verre de vin par jour. Elle n’est pas porteuse du VIH ou de l’Hépatite B et C.

Pour Tanja Müller, elle-même maman de deux enfants, échanger son lait est un acte naturel, tout comme allaiter l’enfant d’une autre. Sa bourse pourrait trouver des adeptes en Allemagne, pays où l’allaitement maternel est largement plébiscité. Ainsi, presque 90% des enfants nés dans cet état sont allaités à la naissance, contre 66% en France.

 


L’initiative suscite d’ores et déjà de nombreuses polémiques

Jana Friedrich, sage-femme et auteure du blog Hebbamonblog, rappelle que si : « Le lait maternel est sain, il n’est pas stérile ». Le lait maternel peut donc concentrer des virus et/ou des bactéries. Pour la directrice du plus grand lactarium allemand, Corinna Gebaueur, il existe le risque que : « Le lait soit coupé avec de l’eau pour augmenter les quantités ». Sans oublier que si les services proposés par Tanja sont payants, dans les lactariums, le lait maternel est un don. Autre polémique concernant le transport, le lait vendu congelé pourrait en effet se périmer en cas de rupture de la chaîne du froid. Enfin, quant à la présentation de la santé des vendeuses, pour Jana Friedrich il est difficile de faire confiance à quelqu’un qu’on ne connaît pas : « Sans oublier les maladies que la personne peut avoir sans le savoir ».

Face à ces critiques, Tanja Müller se défend : « J’indique tous ces risques sur le site et la manière de les minimiser ». Les mamans vendeuses doivent en effet fournir des analyses médicales réalisées au cours de leur grossesse. Concernant le transport, la créatrice du site recommande aux acheteuses de favoriser l’achat de proximité afin d’éviter les trajets de longue distance.

Malgré ces conseils, Tanja sait que ce service, en grande partie basé sur la confiance, ne présente pas les garanties d’un dispositif médical. C’est pourquoi la créatrice, qui a pour objectif qu’un maximum de nourrissons aient accès au lait maternel, souhaite que grâce à ces débats, le personnel médical mette en place des solutions comme : « La création de minis lactariums dans toutes les maternités. À ce moment là, je serais heureuse de fermer ma bourse au lait! ».

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