La Cour des Comptes accouche d’un constat controversé sur les petites maternités et les compétences des sages-femmes

Selon un rapport de la Cour des comptes, que Neuf Mois a lu et commenté dès octobre alors que les médias semblent le découvrir aujourd’hui, il serait dangereux d’accoucher dans certaines maternités.

Si ces petites maternités concernées restent indispensables, notamment pour des raisons d’accessibilité en province, pour les patientes qui habitent éloignées des grandes villes, ces établissements ne bénéficient cependant pas assez de contrôles de sécurité par rapport aux normes gouvernementales exigées, estime le rapport de la Cour des Comptes. La sécurité comprend bien sûr un matériel médical de qualité et en nombre par rapport à l’affluence de patients. Mais elle comprend également l’effectif du personnel qualifié, spécialisé et formé présent dans les locaux. Hors, la mise en place d’équipes médicales « tournantes » jour et nuit n’assurerait pas la présence de tout le personnel nécessaire en permanence.

 

La fermeture a déjà commencé

C’est depuis 1998 que les maternités pratiquant moins de 300 accouchements par an doivent fermer. Depuis cette période, une maternité sur cinq aurait fermé. Actuellement, si treize maternités sont maintenues ouvertes sous dérogation (ce qui signifie qu’elles réalisent moins de 300 accouchements par an), elles restent néanmoins dans le viseur de la Cour des sages de la rue Cambon. Le fait que ces maternités sont localisées en zone rurale expliquerait leur maintenance actuelle.

 

Un accident relance le débat

C’est en septembre dernier qu’une femme est décédée lors de son accouchement, à la maternité d’Orthez, Pyrénées Atlantiques. Il s’agirait d’une erreur médicale causée par un médecin anesthésiste ivre au moment des faits. Ce drame a par la suite provoqué la fermeture de l’établissement.

Voir Aussi

Pour le sénateur du Nord-Pas-de-Calais, cité aujourd’hui dans Le Figaro, les contrôles doivent avoir la même importance dans toutes les maternités car il souligne que: « Le taux de mortalité néo-natale (enfant né vivant mais qui décède dans les 27 jours après l’accouchement)  est de 2,3 pour 1000 en France. Nous sommes au 17éme rang en Europe. Il faut analyser ces résultats maternité par maternité ».

La Cour des Comptes dénonce donc la laxité des pouvoirs publics qui ne semblent pas prendre au sérieux ce genre d’urgence médicale. Si la loi de Marisol Tourraine souhaite faire réviser les conditions d’accès et le règlement des consultations médicales, peut-être que la loi devrait également consacrer un de ses chapitres à l’amélioration des contrôles (et des moyens ?) dans les maternités … et revaloriser les établissements menacés de fermeture. Ce qui passe aussi par la reconnaissance des compétences des sages-femmes en anténatal, alors que le même rapport de la Cour des Comptes préconise de rediriger quasiment exclusivement la profession vers le post-partum, pour assurer le suivi des femmes enceintes en sortie précoce de maternité, une tendance qui va aller en s’accélérant pour des raisons évidentes de maîtrise comptable.

Le magazine Neuf Mois a consacré à ce rapport de la Cour des Comptes un dossier de huit pages dans son numéro 144, en kiosque depuis début décembre et encore disponible jusqu’au 1er février. Une enquête exclusive qui alerte sur les conséquences des conclusions de la Cour des Comptes pour la santé des femmes enceintes. A lire absolument !


Voir les commentaires (0)

Laisser votre commentaire