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Une auxiliaire de vie licenciĂ©e Ă  cause de sa grossesse et c’est en France que ça arrive !

Trois semaines aprĂšs avoir dĂ©crochĂ© un CDI en tant qu’auxiliaire de vie en Mayenne, Claire dĂ©cide d’annoncer Ă  ses employeurs qu’elle est enceinte. Seulement voilĂ , tout ne se passe pas comme prĂ©vu et elle se fait renvoyer. Pour quel motif ? Elle attend un bĂ©bĂ©.

Des propos choquants contraires Ă  la loi

Cette auxiliaire de vie de 26 ans travaillait depuis peu auprĂšs d’un couple de personnes handicapĂ©es moteur. HonnĂȘte, elle avoue Ă  ses supĂ©rieurs qu’elle est enceinte une semaine avant  la fin de sa pĂ©riode d’essai d’un mois. Mais leurs rĂ©actions ne sont pas vraiment celles auxquelles on aurait pu s’attendre. En effet, aprĂšs cette annonce, ils mettent aussitĂŽt un terme Ă  son contrat et expriment leur dĂ©cision Ă  l’oral (comme c’est normalement autorisĂ© en pĂ©riode d’essai). Claire a confiĂ© Ă  France Bleu les raisons qu’ils ont Ă©voquĂ©es pour justifier son licenciement  :  « Ils m’ont dit qu’un bĂ©bĂ©, ça tombait malade, qu’il fallait le faire garder. […] Ensuite, ils avaient peur que je sois arrĂȘtĂ©e avant mon congĂ© maternitĂ©, ils s’inquiĂ©taient de devoir me trouver une remplaçante. […] Ce qui m’a le plus choquĂ©e, c’est quand ils m’ont dit que si je perdais mon bĂ©bĂ© ou si je dĂ©cidais d’interrompre ma grossesse, ils me garderaient ».

Evidemment, cette pratique est totalement illĂ©gale, mais il n’y a aucune preuve Ă©crite qui confirme ses dires. Ainsi, la future maman n’envisage pas d’entamer une procĂ©dure judiciaire qui serait trop longue. Elle tient juste Ă  faire appel au DĂ©fenseur des Droits pour lui faire savoir que les propos qu’ils ont tenu envers elle relĂšvent de la discrimination.

Enceinte et travail : quels sont vos droits ?

Enceinte, vous disposez de certains droits et la loi vous protĂšge. Ainsi, on ne peut ni vous refuser Ă  l’embauche ni mettre fin Ă  votre contrat pour ce motif. Par ailleurs, mĂȘme si aucun dĂ©lai n’est imposĂ©, les femmes doivent informer leurs employeurs de leur grossesse. Pour ce faire, vous devez les avertir par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception en joignant un certificat mĂ©dical dans lequel est prĂ©cisĂ©e la date prĂ©vue de votre accouchement. Cela vous protĂšge du licenciement pendant votre grossesse et jusqu’Ă  10 semaines aprĂšs votre retour du congĂ© maternitĂ©.

Au cas oĂč votre supĂ©rieur ne serait pas au courant de votre grossesse et qu’il vous renvoie, vous pouvez lui prĂ©senter un certificat mĂ©dical dans les quinze jours. Toutes ses directives permettent en thĂ©orie d’Ă©viter que ce genre d’injustices se produise, mais en pratique, cela n’est pas toujours le cas, comme en tĂ©moigne le cas de Claire, parce que ces rĂšgles ne s’appliquent pas pendant la pĂ©riode d’essai.

Alors dire ou ne pas dire, telle est la question. Mais c’est bien dommage que l’on doive se la poser, non ? Mais pour finir sur une note positive, il existe aussi heureusement des entreprises oĂč l’annonce d’une grossesse pendant la pĂ©riode d’essai n’est pas significative de non validation de cette pĂ©riode de transition, au motif un peu hypocrite d’une « pĂ©riode d’essai non concluante »…

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