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Quels produits de la mer bannir ?

Poissons, fruits de mer, coquillages et crustacĂ©s… sont des aliments Ă  ne pas nĂ©gliger pendant une grossesse. S’ils contiennent bon nombre de nutriments indispensables Ă  notre organisme et Ă  celui de bĂ©bĂ© mais frais ou crus certains peuvent prĂ©senter des dangers. Nous avons donc dĂ©cidĂ© d’exploration les fonds marins avec notre diĂ©tĂ©ticienne, Laetitia Agullo, qui nous explique tout ce qu’il faut savoir de ces produits.

 

Il existe aujourd’hui de nouvelles recommandations de l’Anses sur la consommation de poisson quand on est enceinte. Quelles sont-elles ?

L’Anses recommande de réduire notre consommation de poissons  à 2 portions par semaine, dont un poisson gras (à forte teneur en oméga 3) : sardine, saumon, maquereau, hareng, truite saumonée. De plus, l’agence recommande aux femmes enceintes de  limiter à 1 fois tous les 2 mois  leur consommation de poissons d’eau douce fortement accumulateurs de toxiques (anguille, barbeau, brème, carpe, silure) et de diminuer fortement leur consommation de poissons prédateurs sauvages pour les mêmes raisons précitées (lotte (baudroie), loup (bar), bonite, anguille, empereur, grenadier, flétan, brochet, dorade, raie, sabre, thon…Enfin, l’espadon, le merlin, le siki, le requin, et la lamproie sont également à limiter lorsque l’on attend un bébé. D’un point de vue préparation, il faut absolument les consommer cuits à cœur et éviter de les manger crus ou fumés.

Pourquoi a-t-on mis en place ces recommandations ?

Les produits de la mer et des rivières peuvent être contaminés par des polluants de l’environnement dont les dioxines, les PCB ou le méthyl-mercure. Ces derniers peuvent avoir des effets néfastes sur la santé en cas de surexposition et particulièrement pour le fœtus ou le jeune enfant.

Quels sont les poissons Ă  bannir de notre alimentation pendant une grossesse ?

A haute dose, le mĂ©thyl mercure tout comme les PCB ou les dioxines s’avèrent toxiques pour le système nerveux central de l’homme, en particulier durant son dĂ©veloppement in utero et au cours de la petite enfance. Ces substances peuvent ainsi provoquer des troubles comportementaux lĂ©gers ou des retards de dĂ©veloppement chez les enfants exposĂ©s dans le ventre de leur mère ou après la naissance, mĂŞme en l’absence de signes toxiques chez la mère. Une atteinte du système immunitaire, des troubles du système endocrinien (hormonal) ainsi que sur la fonction de reproduction sont Ă©galement fortement suspectĂ©s.

Quels sont les poissons à privilégier ?

Le poisson garde malgré tout des qualités nutritionnelles précieuses. Il est notamment une excellente source de protéines mais aussi de sélénium, de zinc, d’iode, de magnésium, de vitamines D, E, B1 et B3 et enfin de calcium, surtout localisé dans les arêtes quand ces dernières sont consommables. Tous ces nutriments sont essentiels au développement harmonieux du bébé. D’autre part, les poissons gras apportent en plus des acides gras oméga 3 à longues chaînes d’excellente qualité (EPA et DHA). Or l’EPA et le DHA sont indispensables au développement intellectuel et visuel du bébé. Ils diminuent le risque de prématurité et d’allergie et freinent l’inflammation, un processus en cause notamment dans le développement des maladies cardiovasculaires, de dépression et de baby blues.

Côté poissons gras, le choix se portera sur ceux étant les moins contaminés en métaux lourds : maquereau, hareng, sardine, pilchard, saumon, truite saumonée, grise et arc-en-ciel, capelan. Concernant les poissons maigres, le cabillaud, le colin, le lieu jaune et noir, le merlu, la sole, le tacaud et le turbo seront à privilégier selon la saison et d’autant plus que ces espèces, outre leur moindre contamination, ne sont pas menacées par la pêche industrielle selon WWF. Dans tous les cas, il est important de varier les espèces consommées ainsi que l’origine de leur provenance.

Durant la grossesse, il s’avère primordial de ne pas consommer les poissons crus, ni fumés (saumon, truite…). Toutefois, la préparation des poissons gras demande quelques précautions : les cuissons agressives (four à haute température, fritures, grillades) altèrent les acides gras oméga-3. Afin de préserver leurs qualités nutritionnelles, préférez des modes de cuissons doux : bain-marie, papillote, poché et vapeur. Il est également possible d’opter pour des poissons gras en conserve comme les sardines ou le maquereau en boîte qui s’avèrent très intéressants tant pour leur praticité que pour leur qualité nutritionnelle.

Est-il vrai que les fruits de la mer aident à la production de sang chez le bébé à naître ?

Je ne dispose pas d’éléments sur cette question. Logiquement, les fruits de mer contenant beaucoup de fer (en particulier, les moules et les huîtres), on peut affirmer qu’ils évitent l’apparition d’une carence martiale chez le bébé. Le fer joue un rôle essentiel dans la fixation et le transport de l’oxygène et s’avère étroitement lié aux cellules sanguines.

Quels sont les fruits de mer que je peux consommer enceinte ?

Les fruits de mer et les coquillages, en filtrant l’eau, peuvent être contaminés par des bactéries (dont la listéria), virus et parasites. Dans un premier temps, il importe d’éviter la consommation de coquillages qui ne proviennent pas d’une zone d’élevage autorisée et contrôlée. La seconde précaution à prendre reste de les cuire suffisamment afin de détruire ces contaminants sensibles à la chaleur. Afin d’être sûr de leur cuisson optimale, il suffit de les faire chauffer jusqu’à ce que leurs coquilles s’ouvrent (atteindre au moins 74°C à cœur). Enfin, les fruits de mer appertisés (en conserve) offrent également une sécurité sanitaire rassurante.

Ainsi, tous les fruits de mer pourront être consommés à condition de respecter parfaitement ces  précautions importantes. Il doivent être parfaitement cuits.

http://www.laetitia-agullo-nutrition.fr/

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