Votre bébé entend-il bien ?

votre bébé entend-il bien-neuf mois

Le dépistage néonatal de la surdité, obligatoire depuis 2012, est-il suffisant pour être rassuré sur la bonne audition de bébé ? Comment être certains ensuite que bébé entend vraiment bien ? Et que faire si ce n’est pas le cas ? Les réponses du Pr Natalie Loundon, otorino-laryngologiste à l’hôpital Necker Enfants Malades (Paris), en appui d’un sondage Ipsos/MED-EL réalisé auprès de 1218 parents en janvier dernier.

La perte auditive concerne 1 enfant sur 1000 en France

Dit comme ça, cela paraît peu. Mais cela fait pas mal d’enfants par classe d’âge, tout de même. Puisqu’aujourd’hui 7000 enfants sont équipés avec un implant cochléaire et que ce chiffre augmente rapidement en raison des 700 implantations réalisées chaque année.

En effet, aujourd’hui, grâce aux progrès de la technique, on peut appareiller des enfants dès le berceau. Notamment avec des implants cochléaires. Ce qui n’était pas possible il n’y a pas si longtemps encore, car les implants étaient trop épais alors. « Plus on appareille tôt, plus on limite le retard d’apprentissage du langage », souligne le Pr Natalie Loundon. Or, trop souvent, la surdité du bébé est diagnostiquée tard, vers l’âge de 2 ans, parfois après. « Le dépistage systématique qui commence à se mettre en place dans les maternités devrait limiter à l’avenir le nombre de prises en charge tardives », reconnait la spécialiste. Cependant, ce dépistage demande un investissement des parents en cas de doute sur la bonne audition du nouveau-né. En effet, ils devront revenir avec le bébé pour un nouveau test quelques semaines plus tard. Mais ils ne le font pas tous. Pourquoi ?

Le sondage IPSOS/MED-EL donne des éclairages intéressants

En effet, moins d’1 parent sur 2 (43%) se dit inquiet vis-à-vis des problèmes auditifs concernant son enfant. C’est bien connu, la surdité, c’est un problème de vieux ! Et 57% d’entre eux pensent que les parents dont l’enfant souffre d’une perte auditive attendent plusieurs semaines voire plus d’un an (14%) avant de consulter un professionnel de santé, principalement parce qu’ils ne se rendent pas compte que l’audition de leur enfant se dégrade.

Si la majorité des parents d’enfants implantés (82%) ont consulté un professionnel de santé dès qu’ils ont constaté que leur enfant présentait une perte auditive, 8% admettent qu’ils ont d’abord cherché des renseignements sur internet et près d’1 sur 10 (7%) a attendu… que cela passe. . Et pourquoi attendre ? Là encore le sondage est clair : l’angoisse. En effet, 8 parents sur 10 (79%) considèrent qu’il est difficile psychologiquement pour un enfant de porter un appareil auditif, et se sentent coupables d’avoir transmis ce handicap.

Comment savoir si bébé entend bien ?

Il est vrai qu’il est compliqué, entre la naissance et l’acquisition du langage, de savoir si un bébé entend bien. « Très vite, le bébé apprend des manœuvres de compensation, explique le Pr Natalie Loundon. Il développe d’autres perceptions, apprend à lire sur les lèvres. » Dès les premiers jours, il faut être attentif aux réactions de bébé face à des sons inhabituels. Sursaut ou pleurs, en général, bébé manifeste son désarroi face à un bruit qui le surprend. Vous pouvez aussi agiter près de lui un jouet sonore sans le lui montrer et observer si bébé essaie de trouver la source de ce son. En consultation, le pédiatre effectuera lui aussi certains tests identiques. Vers l’âge de 9 mois, un bébé connait son prénom et doit pouvoir tourner la tête vers la personne qui l’appelle. Ce n’est pas le cas ? Il y a peut-être un souci, alors.

Quand consulter ?

Un enfant qui n’entend rien sera en général dépisté assez rapidement grâce aux tests auditifs pratiqués par le médecin qui le suit et par ses parents, mais un enfant mal entendant pourra passer entre les gouttes. « C’est quand l’enfant ne parle pas, vers 3 ans, ou prononce mal les mots, que les parents s’inquiètent et consultent », précise le médecin. Mais à ce stade, le retard d’apprentissage imposera un suivi orthophonique, entre autre. » D’où l’importance de consulter le plus rapidement dès qu’un doute surgit.


Comment bien coûte l’appareillage ?

Jusqu’à l’âge de 20 ans, l’enfant qui entend mal ou sourd est quasiment couvert à 100% pour l’appareillage auditif. Même pour le remplacement des piles ! Et pourtant, la crainte du coût prohibitif de l’appareillage  (88% pour les parents d’enfants implantés et 96% pour les parents d’enfants entendants) et la conviction que le coût n’est pas pris en charge par l’assurance maladie (75% des parents d’enfants implantés et 72% des parents d’enfants sans problème d’audition) ne les pousse pas à consulter rapidement, hélas !

Heureusement, la quasi-gratuité de l’implant cochléaire permet d’améliorer le bien-être des enfants sourds ou en perte auditive, selon le constat de 64% des parents d’enfants implantés. Et 92% d’entre eux pensent que leur enfant est satisfait de son implant cochléaire (dont 31% tout à fait). Un satisfecit tel que 51% des parents d’enfants implantés conseillent de faire contrôler l’audition de l’enfant le plus rapidement possible en cas de doute. Un conseil à suivre !

Sources Etude IPSOS/MED-EL « La perception par les parents de la perte auditive des enfants en France », sondage réalisé en janvier 2016 auprès de 609 parents d’enfants de 0 à 12 ans, de 507 parents d’enfants entendants et de 102 parents d’enfants équipés d’un implant cochléaire.

Voir les commentaires (0)

Laisser votre commentaire