Mon bébé a le crâne aplati : est-ce définitif ?

De plus en plus de nourrissons, entre 2 et 4 mois, présentent une déformation de l’arrière du crâne, conséquence du couchage sur le dos, préconisé pour éviter la mort subite du nourrisson. Faut-il attendre que ça passe tout seul ou réagir ? Et comment ?

Le couchage sur le dos limite le risque de mort subite du nourrisson, c’est prouvé : depuis que cette position est préconisée pour le couchage des nouveau-nés, la mort subite du nourrisson a reculé de 75%. Mais il semble que cette position augmente en revanche le risque de cranioplagie ou de brachyplagie. Un bébé sur cinq présenterait ce type de déformation de la boîte crânienne. Or c’est loin d’être bénin, car dans les cas les plus sérieux, on constate des retards neuro-moteurs, dont certains ne seront identifiés qu’à l’âge des apprentissages scolaires. Dans les cas de déformations plus légères, les séquelles seront surtout esthétiques et exposeront l’enfant au florilège d’imbécilités que les enfants peuvent utiliser à l’âge bête quand il s’agit de stigmatiser la différence. Alors que faire ?

 

Consulter rapidement

Surtout ne pas se laisser dire que cela passera tout seul. Consulter très vite un pédiatre sensibilisé à la question (ou prendre un second avis si le praticien semble prendre la déformation à la légère). Le médecin pourra expliquer comment positionner bébé pour corriger au maximum la déformation et éviter que cela ne s’aggrave. Dans les cas modéré à sérieux, la kinésithérapie peut être prescrite pour que les choses rentrent dans l’ordre au plus tard vers l’âge de 6 mois.

L’orthèse crânienne : méthode peu convaincante ?

Si ce n’est pas le cas, il existe une solution « orthopédique » depuis quelques années : l’orthèse crânienne. Il s’agit d’un casque en plastique rigide, qui doit être porté 23 heures sur 24 pendant 6 à 12 mois. Cette méthode a fait l’objet d’une étude*, par des chercheurs néerlandais, auprès de 84 enfants âgés de 5-6 mois et atteints d’une déformation du crâne modérée à sévère. La déformation du crâne a été évaluée par des mesures standardisées. La moitié d’entre eux devait porter le casque pendant 6 mois et pour l’autre moitié l’évolution naturelle était respectée. A l’âge de 2 ans, les résultats métriques montrent une réelle amélioration dans les deux groupes, avec et sans casque. Sur un enfant sur quatre seulement les chercheurs ont constaté une correction complète. L’étude a aussi démontré que le port du casque n’avait pas eu d’incidence négative sur la qualité de vie, le sommeil et le développement moteur. En revanche, les résultats « semblent peu convaincants » selon les chercheurs, surtout en tenant compte du coût du traitement (évalué à 1401€), ce qui a amené l’équipe à conclure que le port d’une orthèse crânienne n’était pas la solution à préconiser d’office pour les déformations de type modérées à sévères.

 


Quelle prévention dès la naissance ?

La meilleure solution consiste sans doute à agir en prévention dès la naissance, en achetant un petit accessoire anti-tête plate dans un magasin de puériculture qui permet d’éviter une trop grande pression sur les os de la boîte crânienne en position allongée. Et à consulter rapidement un pédiatre et un kinésithérapeute ou kinésithérapeute ostéopathe dès qu’apparait une légère déformation.

 

*Sources Journal International de Médecine/Dr Roselyne Péluchon

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