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Diabète gestationnel : comment garder le moral ?

Diabète gestationnel : comment garder le moral ?

Bérengère, maman d’un petit garçon et enceinte de son deuxième bébé, nous parle du diabète gestationnel, cette intolérance au glucose qui apparaît en cours de grossesse.

 

Comment as-tu réagi à l’annonce de ton diabète ?

Lorsque j’ai appris que je faisais du diabète gestationnel, j’ai eu vraiment peur. Pas pour moi, mais pour le bébé. Bon si, un peu pour moi aussi. J’ignorais complètement ce que cela impliquait et si c’était grave ou pas.
Lorsque j’ai eu mon premier rendez-vous avec le diabétologue  je tremblais d’angoisse à l’idée de devoir finir cette grossesse (déjà difficile) sous insuline. Pour moi, le diabète, faisait partie de ces maladies que je voulais ignorer car l’idée de devoir me piquer chaque jour était terrifiant.
J’ai finalement eu la chance de ne pas être sous insuline et de seulement devoir surveiller mon taux de glucose après chaque repas. J’ai reçu un petit appareil discret qui me permettait de le faire et je notais mes résultats dans un petit carnet pour faire le point avec mon médecin et s’assurer de la bonne efficacité du régime adopté.

 

Est-ce que ce diabète t’a miné le moral ?

Oui, même si mon diabétologue a su me rassurer sur le moment, jusqu’à la fin de ma grossesse, j’ai été assez déprimée. Parce que j’avais l’impression que mon corps me lâchait, parce que j’étais souvent frustrée, parce que je ne voulais pas faire souffrir mon enfant et je ne savais pas si le régime et ma frustration n’étaient pas ressentis et mal vécus par mon bébé. J’étais très régulièrement en colère ou déprimée par ce diabète.
Et bien entendu, il suffit de savoir que l’on n’a pas le droit de manger certains aliments pour en avoir très envie, même si on n’a pas l’habitude d’en consommer. L’esprit !

 

As-tu repensé toute ton alimentation ?

J’avais un régime strict à suivre, des consignes précises et j’ai effectivement dû revoir toute mon alimentation, mais pas seulement, j’ai aussi dû revoir l’ordre dans lequel je devais manger ces aliments et l’heure à laquelle je devais manger. C’était vraiment contraignant, même pour un « petit » diabète.
Par exemple, j’étais obligée de manger un féculent par repas (pomme de terre, pâtes, riz…), le pain était restreint, rationné, j’avais le droit de ne manger que 2 fruits, pomme ou banane, les autres étaient proscrits car trop sucrés. Bien entendu ZÉRO sucre !
Je devais aussi mettre mon réveil à 4h du matin pour manger une banane, car la particularité du diabète (apparemment) était qu’il ne fallait pas laisser l’estomac trop vide trop longtemps. J’avoue que je n’ai jamais compris cette information, mais j’ai constaté que mon taux de sucre était au dessus de la norme si je restais toute la nuit sans manger et qu’il était correct quand je grignotais ma banane nocturne…
J’avais aussi très peur que de manger toujours les mêmes aliments pendant 3 mois allait me créer des carences, que ce régime était plus fait pour m’empêcher d’avoir faim plutôt que pour soulager d’un problème. Et très vite, les aliments imposés semblaient ne plus avoir de goût. Moi qui suis amoureuse de la banane, après ce régime, je ne pouvais plus la voir en peinture. Les pommes ont sur moi un effet pervers qui fait qu’après en avoir manger une j’ai encore plus faim qu’avant. Bref, pas facile à vivre et j’ai souvent pleuré devant mon assiette qui ne me faisait pas du tout envie.
L’enfer c’était quand même de devoir aller manger chez des amis, ou prendre l’apéritif chez des gens. Boire de l’eau et ne rien manger ou trier ses aliments, j’ai trouvé cela assez humiliant et surtout très embarrassant, même en expliquant les choses. J’ai détesté.


 

As-tu des idées recettes et astuces cuisine pour les futures mamans qui vivent la même chose ?

Je suis une gourmande, alors devoir me restreindre à ce point était presque insupportable. Je manquais de fruit, de goût, de plaisir.
J’ai assez vite commandé des livres sur le diabète pour avoir des recettes, comprendre le fonctionnement de ce dérèglement. J’ai été prise d’une grande compassion pour ceux qui vivent cette maladie au quotidien, parfois depuis l’enfance…
Et pus j’ai découvert la Stévia, cette plante naturellement sucrée. Elle a été ma roue de secours pour beaucoup de choses. Je faisais très attention à ne pas remplacer le sucre par l’aspartame ou un autre édulcorant dangereux pour la grossesse. Même si je me suis autorisée (sur la fin) quelques plaquettes de chocolat sans sucre.
Hors, la Stévia est une plante, pas un édulcorant, c’est 100% naturel, sans sucre, sans rien en fait. Seul hic, son petit gout de réglisse qui ne se marie pas du tout avec certains aliments.
Pour l’apéro, j’avais trouvé en supermarché des sirops à l’eau sans sucre, à l’extrait de Stévia, ce qui était parfait pour moi.
J’ai aussi ajouté du goût à certains aliments avec du jus de citron, de la banane écrasée, de la compote de pomme sans sucre évidemment…

 

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Un petit message d’espoir pour les futures mamans ?

Aujourd’hui je suis enceinte de mon second enfant et ma grande crainte était de faire de nouveau du diabète gestationnel. Je l’étais préparée, j’avais ressorti mes livres, j’étais résignée.
Je me disais déjà que c’était l’affaire de 3 mois, qu’une fois l’accouchement terminé, on peut de nouveau manger normalement.
Et, là, surprise ! Pas de diabète !
Voilà l’avantage de la grossesse, aucune ne se ressemble et un bébé peut provoquer un diabète là où un autre n’en déclenchera pas.
Un vrai bonheur !

 

 

 

 


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