Neuf Mois pour les sages-femmes 9Love - L'Eshop Grossesse

Une sexualité entre parenthèses pendant 9 mois

La grossesse, recette miracle pour pimenter le couple et se transformer en bombe sexuelle ? Naïve, je l’avoue, j’y croyais. Pour moi, ce fut l’inverse pendant neuf mois…

Tester toutes les positions du kamasutra, que nenni. Faire l’amour toutes les deux heures avec gloutonnerie, expérimenter l’aqua sutra, rien de tout cela… Pendant neuf mois, chéri et moi avons plutôt passé nos soirées à regarder la série Game of Thrones au lieu d’expérimenter de nouveaux scénarios coquins. Après une journée de travail, de nombreuses nausées, des états d’âme contradictoires, il faut bien reconnaître que la banquette du canapé est devenue ma meilleure alliée pendant ma grossesse.

Quand t’es dans le désert

Neuf mois de désert sexuel total, de non désir. Sans doute dû au fait que je n’ai jamais accepté mon image de femme enceinte. J’ai fui les miroirs pendant neuf mois, me trouvant grosse, moche (osons employer le terme), bref, tout sauf sexy. Comment mon compagnon aurait-il pu avoir envie de moi alors que je ne me supportais pas ? Malgré toutes les envies, le désir, l’admiration de ce dernier devant mon ventre arrondi, sa fierté… Je n’ai jamais réussi à me détendre. J’ai fait un blocage sexuel. Avec un passé d’ancienne anorexique, autant dire que les modifications corporelles demeurent difficiles à encaisser.

Être sensuelle enceinte pour moi relevait de la mission impossible. J’envie les femmes qui vivent leur grossesse de façon épanouie et ne se sentent pas frustrées. Malheureusement, cela n’a pas été mon cas.

Il faut dire que la fatigue, le stress et la déprime n’incitent pas aux galipettes et à la confiance en soi. Il est difficile d’être excitée dans ces conditions. Pendant 9 mois, l’estime de moi-même a été plus que mise à mal.

Face à la grossesse, je suis bien consciente que nous réagissons toutes différemment et qu’il faut apprivoiser ce nouveau corps. Je ne me suis  pas sentie glamour, la grossesse portant atteinte à ma féminité. J’ai toujours caché mes formes sous des vêtements larges, éprouvant même de la honte à m’exhiber en public. Oui, ce n’est pas toujours évident pour le couple. Néanmoins, je ne me plains pas.

Heureusement que mon homme était aux petits soins

En effet, pendant 9 mois mon compagnon a été un ange, à l’écoute de mes doutes, de mes angoisses. Il s’est montré doux, compréhensif, ne cherchant jamais à me forcer. Il a fallu inventer d’autres jeux, d’autres manières de communiquer. La sexualité ne se réduit pas à la pénétration. Nous avons donc privilégié le cocooning, les gestes tendres, les bras. Au fil des mois, il a été un pilier protecteur et rassurant. Et oh combien j’avais besoin d’être sécurisée, de me sentir aimée dans mon nouveau corps même si ma libido était au point mort. Contradiction suprême, j’ai toujours eu envie (du moins au début, lorsque le ventre n’est pas trop proéminent) de faire l’amour avec mon compagnon. Malheureusement, j’ai toujours été stoppée par cette peur de ne plus lui plaire.

La grossesse a été pour moi un bouleversement psychologique, une période profonde de remise en question. Jamais je n’ai douté de mon conjoint. Jamais je n’ai eu peur qu’il aille voir ailleurs. J’ai toujours eu confiance en la solidité de notre couple et de notre amour. J’ai en effet toujours su qu’il me respectait et qu’il attendrait que cette absence de libido passe. Ce futur bébé témoignait des liens qui nous unissent. Mon homme n’a cessé de m’encourager et de porter sur moi un regard amoureux. Et j’ai toujours su que cette baisse de désir était passagère et qu’après l’accouchement, nous retrouverions une sexualité normale.


Mon conjoint s’est montré exemplaire. Et contrairement à ce que peuvent dire certaines personnes, ce n’est pas parce que vous ne faites pas l’amour pendant votre grossesse que votre chéri vous trompe.  Et ce petit bébé, fruit de notre amour, a depuis renforcé plus que tout notre couple.

 

 

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