Mortalité néonatale : la France loin derrière ses voisins européens

L’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) vient de dévoiler un rapport européen, l’Euro-Peristat. Ce dernier a classé la France bien bas en terme de mortalité néonatale et de mortinatalité. On y retrouve les chiffres sur la santé périnatale de 2015 dans 28 des pays membres de l’Union Européenne, ainsi que l’Islande, la Norvège et la Suisse. Les résultats de la France sont un peu mitigés, elle est excellent en terme de césarienne mais mauvaise élève en terme de mortalité néonatale.

Mortalité néonatale : la France en bas du classement

Selon les chiffres de cette étude, la France est 23ème sur 28 en terme de mortalité néonatale, c’est-à-dire le décès des bébés dans le mois qui suit la naissance. D’après le rapport, les chiffres en France sont « préoccupants« , la mortalité néonatale « représente 2,4 sur 1 000 naissances vivantes », faisant passer la France de la 17ème à la 23ème place par rapport à 2010. Invitée sur Europe 1, Béatrice Blondel a évoqué plusieurs hypothèses pouvant expliquer ses chiffres : un changement d’attitude des parents vis-à-vis de l’IMG (interruption médicale de grossesse) ; un moins grand acharnement thérapeutique en France que dans les autres pays européens ; un lien entre la mortalité néonatale et les moyens humains et matériels en France.

Mauvaise évolution des facteurs de risques

La France est également en bas du classement en terme de mortinatalité, c’est-à-dire les enfants morts-nés. Ils représentent trois cas pour mille naissances sans compter les IMG. Le rapport a pointé du doigt certains facteurs de risque beaucoup trop élevé en France. Le vieillissement de la population des femmes qui accouchent notamment : 20,6% de femmes de 35 ans et plus en 2015. Egalement le tabagisme, problème très récurent en France (environ 32% de la population française fume). D’après les chiffres, 16.3% des femmes fumeraient pendant leur troisième trimestre de grossesse, faisant de la France le 20ème pays sur 22 disposant de chiffres à ce sujet.

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La France bonne élève en terme de césarienne

La France n’est pas mauvaise en tout et on peut même dire que les chiffres concernant les césariennes sont excellents. Stables depuis 2010 alors qu’ils augmentent dans 17 des 31 pays. L’Inserm explique : « Avec une césarienne pour 5 naissances en 2015 (20,2%), la France se situe au 7e rang sur 31 pays, ce qui la classe dans le groupe de pays ayant des taux bas. {…} La France est particulièrement bien classée pour les situations à haut risque de césarienne (3e rang), 75% en cas de présentation par le siège (4e rang), et 54% en cas de grossesse multiple (5e rang)« .