Mort inattendue du nourrisson : parents prévenus, bébé mieux protégé

Chaque année en France, 250 enfants décèdent de mort inattendue du nourrisson (MIN). Et, depuis 2009, ce chiffre inclut les bébés jusqu’à 2 ans. C’est beaucoup ! Pourtant, cette mortalité est en nette diminution depuis les 15 dernièrs années. En effet, durant les années 90, 1500 enfants décédaient chaque année. Cette baisse est le résultat d’une large campagne d’information,selon La Nouvelle République qui rappelle que, grâce à la campagne de 1994 initiée par le Ministère de la Santé, les morts subites ont diminué de 80%. Pourtant, certains drames pourraient encore être facilement évités… Un problème d’information ?

L’information, essentielle pour éviter un drame

Faire dormir bébé sur le dos a permis de sauver de nombreuses vies : « Sur le ventre, le nourrisson peut s’étouffer, coincer sa tête entre le lit et le matelas. Sur le dos, il a le nez et la bouche dégagés », rappelle le Pr Denis Oriot, des urgences pédiatriques du CHU de Poitiers.

Mais d’autres facteurs de risque sont à appréhender. En effet, tout peut être à l’origine d’un drame notamment pendant le sommeil de bébé. Peluche, draps, couverture, tout représente un danger pour le nourrisson. Mais lorsque les parents sont informés, il n’y a plus de danger. « Le nourrisson doit être installé dans un lit à barreau, sur le dos, sur un matelas ferme, synthétique, sans duvet, sans bonnet, sans oreiller, sans cale-bébé » reprend le Pr Denis Oriot.

Et on aurait tendance à ajouter « sans tour de lit ». Ces objets de décoration, très dans le coup, sont en général matelassés et peuvent étouffer bébé s’il vient y coller son nez.

Il faut faire attention à l’hyperthermie

Le nourrisson ne peut pas réguler sa température. Il faut ainsi le placer dans un environnement à 19 degrés. En effet, si le bébé est placé sous des couvertures, dans un endroit trop chauffé, sa température pourra vite monter. Et l’hyperthermie est un danger pour lui.

Ce facteur remet aussi en question le « co-dodo ». Très en vogue, le co-dodo permet de faciliter l’allaitement la nuit et de renforcer les liens entre les parents et le bébé. Mais, le risque d’étouffement est réel. En effet, le nourrisson peut être trop emmitouflé dans les draps ou se retrouver le nez collé contre le corps d’un de ses parents et mourir étouffé. Mieux vaut opter pour un petit berceau à accoler au lit parental.

L’écharpe de portage… et le babycoque !

Très tendance depuis quelques années, l’écharpe de portage n’est pas sans danger. Même si elle est correctement positionnée, pour l’urgentiste poitevin, elle n’est pas du tout adaptée, contrairement à un landau « Elle ne respecte pas la physiologie de l’enfant qui risque l’étouffement ».

Un propos qui fera réagir les mamans porteuses sans nul doute. D’autant que l’urgentiste n’a apparemment pas cité le babycoque qui est pourtant aussi un accessoire dangereux si on ne respecte pas les règles de bon usage : mal installé, sans réducteur nouveau-né bien réglé ou/et utilisé en station trop prolongée, le babycoque peut aussi causer la mort par étouffement du nourrisson dont le menton retombe sur le cou, bloquant les voies respiratoires. Cela arrive chaque année, hélas !


Bientôt un registre national des décès

Alors, même si les causes de décès de mort inattendue restent de 5 à 10% inexpliquées, beaucoup de drames peuvent être évités en respectant des règles de prudence. L’Association nationale des centres de référence de mort inattendue du nourrisson travaille sur un registre national de décès.

L’objectif ? Avoir toutes les cartes en mains pour convaincre les parents de la nécessité d’appliquer les règles de prévention. Avec des chiffres, les alertes sont toujours mieux entendues qu’un simple discours de bon sens.

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