Mode de garde : que nous apprend le rapport 2017 de la CAF ?

La Caisse d’allocations familiales (CAF) a mené une enquête auprès de 1200 familles pour savoir s’ils ont eu accès à un mode d’accueil de leur enfant en accord avec leurs attentes. Près de 8 familles sur 10 interrogées ont déclarés avoir eu recours au mode d’accueil qu’elles souhaitaient mais, ce chiffre n’est pas à prendre au pied de la lettre.

Une étude qui fait le point sur les attentes des familles

Chaque année, la CAF effectue une enquête auprès des familles afin d’établir si elles bénéficient ou non d’un mode de garde à la naissance de leur enfant qui correspond à leurs attentes et besoins. L’enquête téléphonique s’est déroulé du 13 au 22 septembre 2017, auprès de 1200 familles françaises avec un enfant entre 6 mois et un an. Le résultat démontrerait que les parents obtiennent généralement le mode de garde qu’ils souhaitent. Cependant ce résultat est à remettre en cause. Dans le détail de l’enquête, on découvre que 31% des parents souhaitaient placer leurs enfants dans un établissement collectif de type crèche (Equipement d’accueil de jeunes enfants : Eaje). 25% d’entre eux préféraient garder leurs enfants à domicile, 22% voulaient recourir à un-e assistant-e maternel-le, et pour finir, 24% ne se sont pas prononcés ou n’avaient pas de préférence particulière. Les résultats témoigneraient donc que 8 familles sur 10 ont eu accès au mode d’accueil qu’ils souhaitaient pour leurs enfants. Or, côté crèche, le constat n’est pas le même. En effet, il semblerait que seulement 4 familles sur 10 souhaitant confier leur enfant à un établissement de ce type y aient réellement eu accès.

Une certaine mise en perspective des disparités

L’étude brasse donc les différentes attentes et besoins ainsi que les solutions apportées aux familles qui souhaitent trouver le mode de garde idéal. Seulement bien que le constat semble positif, quelques disparités sont à relever dans ce rapport. Au moment de la naissance de bébé, il faut savoir que seulement « 63 % des familles déclarent disposer d’une solution d’accueil ». En d’autres termes, 37% des familles n’en disposent pas à la naissance de leur enfant et demeurent dans l’incertitude au moment où la garde devrait s’organiser. 23% des concernés par ce cas sont toujours en attente d’une réponse quel que soit leur mode d’accueil demandé, le reste (14%) ne sait même pas encore vers quel mode de garde se tourner. On retrouve surtout cette incertitude au sein des familles qui pencheraient pour un Eaje pour leur enfant, environ 66% d’entre eux. Pour ce qui est des familles qui désiraient faire appel à un-e assistant-e maternel-le , 34% d’entre eux étaient mals renseignés et ne savaient donc pas s’ils avaient la possibilité de faire appel à ce mode de garde.

Entre souhaits et recours différents selon les modes d’accueils

En confrontant les souhaits initiaux des familles aux solutions auxquelles elles ont eu  recours, il ressort que 79 % des familles utilisent le mode d’accueil qu’elles désiraient. Seulement ce chiffre est à relativiser. En effet, 99% des familles qui souhaitaient garder leurs enfants à domicile par eux-mêmes l’ont pu logiquement. Rien d’étonnant. D’un autre côté, pour les futurs parents qui ont souhaité confier leurs enfants à un Eaje seulement 41% l’ont pu. De même pour ce qui est de faire appel à une assistant-e maternel-le, 74% des familles qui souhaitaient ce mode de garde ont pu l’obtenir. Un autre moyen de savoir si les 79%  des familles ont réellement eu accès au mode de garde qu’elles souhaitaient. C’est de regarder de plus près le taux de satisfaction de ces familles quant à la solution qu’on leur a proposé. Le constat reste globalement très bon puisque 92% des familles se déclarent satisfaites de leur mode de d’accueil dont 80% particulièrement satisfait. Il existe cependant des familles qui n’ont pu avoir accès à leur demande et qui ont vu leurs demandes redirigées vers d’autres modes de garde. La satisfaction est donc moins probantes quand on analyse les 92% de plus près. 79% des familles se disent alors satisfaites de la solution trouvée et 61% se disent très satisfaites.


Un déséquilibre père/mère toujours présent

Par ailleurs, les attentes des familles vis-à-vis de l’accueil de leurs enfants varient selon l’âge. Lorsque l’enfant a entre 0 et 6 mois, la garde par les parents est jugée  à 82%, la plus adaptée. Mais ce n’est pas seulement la garde par les parents mais par les mères qui est insinué. Plus précisément, 61 % des familles partagent cette opinion, tandis que seulement 5 % d’entre elles considèrent que se doit être le père. Le reste des familles (16 %) estiment que ce rôle doit revenir à l’un des deux parents indifféremment. Enfin, parmi les familles interrogées, 72 % déclarent ne pas vouloir percevoir la Prestation partagée d’éducation de l’enfant ou PrEpare. 23% indiquent en bénéficier, mais 77% d’entre elles n’ont pas l’intention de la partager entre conjoints, traduisant ainsi, selon la Caf, un déséquilibre qui persiste dans la répartition du temps parental entre le père et la mère. Cette traduction du déséquilibre parental est répétée. 70% des familles estiment que la mère doit passer le plus de temps avec l’enfant, et seulement 9% estiment que c’est le père qui passe le plus de temps. 21% des familles estiment que les deux parents passent autant de temps avec leur enfant. Apparemment la reproduction de ce schéma ne serait pas toujours la volonté des parents puisque 48% d’entre eux expliquent que bien que la mère passent le plus de temps avec l’enfant, et le père et la mère souhaiteraient que le père passe plus de temps avec leur enfant. Ceci témoigne d’une envie du père d’être plus présent et impliqué dans la vie de son enfant car il n’y a que 3% des pères qui expliquent ne pas vouloir s’impliquer malgré le souhait de leurs femmes de le faire.

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