Devenue handicapée après avoir accouché de jumeaux, elle touche près d’un million d’euros

C’est une histoire incroyable qui vient de voir le jour ce jeudi 10 mars 2016. Selon l’AFP, le CHU de Brest est condamné à verser 950 000 euros à une patiente lourdement handicapée suite à son accouchement très compliqué. Dominique Appriou, la maman qui a accouché de jumeaux en 2007, a dû faire face suite à 6 semaines de coma, à 9 ans de bataille judiciaire pour enfin être indemnisée par l’hôpital et la CPAM du Finistère.

Une maman devenue aveugle et paralysée

La victime, âgée à l’époque de 43 ans, a accouché par césarienne à la maternité du CHU de Brest le 13 août 2007. Suite à des complications liées à la mise au monde de ses jumeaux, la maman a subi une hémorragie endo-utérine et, suite à un arrêt cardiaque prolongé, s’est retrouvée dans le coma pendant 6 semaines. Les conséquences sont malheureusement irréparables : Mme Appriou est désormais aveugle et quadriplégique (paralysie des 4 membres).

Selon l’AFP, la cour administrative d’appel de Nantes dont l’arrêt a été rendu public le 18 février, l’hôpital de Brest devra, en plus des 950 000 euros d’indemnités versées, subvenir aux besoins médicaux de la maman à hauteur de 75 %. Tout ce qui se rattache aux dépenses de santé générées par son handicap tels que les frais de garde des enfants, les frais d’emploi d’une aide à domicile ou les frais de renouvellements des équipements médicaux, seront donc pris en grande partie en charge par le CHU de Brest.

En plus de cela, la Caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) du Finistère devra verser d’avance 217 000 euros afin qu’elle puisse avoir accès aux soins nécessaires liés à son handicap.

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Une longue et douloureuse bataille

C’est donc pendant 9 années que la famille et la victime se sont battues afin d’obtenir justice. En août 2014, le tribunal administratif de Nantes avait déjà accordé environ 724 000 euros à la maman et la CPAM du Finistère avait elle versé 204 000 euros. Compensation jugée trop mince, la famille a décidé de continuer la bataille coûte que coûte.

La cour administrative d’appel de Nantes a reconnu en février dernier que la prise en charge pendant l’accouchement ainsi que les complications hémorragiques étaient conformes « aux règles de l’art et aux données acquises de la science » mais qu’il y a eu « plusieurs manquements (…) dans la prise en charge de sa réanimation postérieurement à l’accouchement par césarienne ». Un cas heureusement très rare, mais dont l’issue judiciaire ne peut que renforcer le souci des établissements de santé d’éviter ces fameux « manquements ».

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