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À Quimper l’Ă©tat civil refuse d’accepter un prĂ©nom pour une histoire d’accent !

C’est une histoire un peu particuliĂšre qui a eu lieu Ă  Quimper dans le FinistĂšre
 Un couple de Bretons qui souhaitait prĂ©nommer son nouveau-nĂ© Fañch (François en Breton), n’a pas pu obtenir l’aval des services l’état civil de la ville. La raison de ce refus ? Le tilde au-dessus du « n » ne serait pas reconnu par l’administration française.

Pourquoi l’état civil a-t-il refusĂ© le prĂ©nom Fañch ?

Lydia et Jean-Christophe Bernard, un couple originaire de Bretagne, ont rĂ©cemment accueilli un adorable petit garçon qu’ils souhaitaient appeler Fañch. Seulement le prĂ©nom leur a Ă©tĂ© refusĂ© en raison de la petite vague prĂ©sente sur le « n », c’est ce qu’on appelle le tilde. En effet cet accent caractĂ©ristique de la langue espagnole n’est pas prĂ©sent dans l’alphabet français, il n’est donc pas permis de donner un prĂ©nom qui comporte cet accent. « Une personne de l’état civil de Quimper nous a appelĂ©s vendredi pour nous dire qu’elle ne pouvait pas enregistrer le prĂ©nom Fañch et que nous devions en trouver un autre« , a racontĂ© Jean-Christophe Bernard Ă  l’AFP. « On a choisi ce prĂ©nom, qui veut dire François, il y a neuf mois et lĂ  on est triste et en colĂšre qu’on nous dise que ce n’est pas possible de le lui donner », a-t-il poursuivi. Seulement l’incohĂ©rence est que le prĂ©nom de la discorde est Ă  l’origine un prĂ©nom breton, et donc français. Ce qui signifie qu’un prĂ©nom français n’est pas autorisĂ© par l’État français ! Eh bien la coupable c’est cette circulaire du 24 juillet 2014 relative Ă  l’état civil et publiĂ©e au Journal Officiel qui liste en effet les signes  autorisĂ©s par l’administration française et le « n » comportant un tilde, prĂ©sent dans l’alphabet espagnol, n’y figure pas.

L’état civil a finalement changĂ© d’avis et s’est rangĂ© du cĂŽtĂ© de la famille

Dans un communiquĂ©, la ville de Quimper a avant tout voulu rassurer les parents et les habitants. Elle a alors expliquĂ© avoir dĂ©cidĂ© de se ranger du cĂŽtĂ© de la famille et a bien sĂ»r donnĂ© la raison du refus de l’état civil. Cela dit le nouveau-nĂ© reste sans prĂ©nom car la ville affirme que la dĂ©cision ne lui appartient pas et qu’elle est dĂ©sormais entre les mains de l’Etat. D’aprĂšs le communiquĂ©, certaines lois peuvent aider la famille Ă  obtenir gain de cause. « En premier lieu, l’article 75-1 de la Constitution de la RĂ©publique française proclame que les langues rĂ©gionales sont reconnues comme appartenant au patrimoine de la France. De mĂȘme, l’article 57 alinĂ©a 2 du Code civil, issu de la loi du 8 janvier 1993, consacre le principe de libre choix du prĂ©nom par les parents. Dans le mĂȘme esprit, la Cour europĂ©enne des Droits de l’homme affirme que le choix du prĂ©nom revĂȘt pour les parents un caractĂšre intime et affectif et entre par consĂ©quent dans la sphĂšre de la vie privĂ©e ». Les autoritĂ©s de Quimper comptent dĂ©sormais sur « la comprĂ©hension des autoritĂ©s administratives qui ont maintes fois dĂ©montrĂ© leur aptitude Ă  se remettre en cause et amender voire, supprimer des textes qui n’ont plus lieu d’ĂȘtre« . Affaire Ă  suivre donc



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