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Coronavirus et grossesse : la réalité du terrain dans les 32 maternités Elsan

  • Quels protocoles de protection ont été mis en place pour assurer la prise en charge des femmes enceintes sur place, au sein des établissements Elsan ?
  • Pourquoi ne pas faire un test Covid-19 à chaque femme qui vient accoucher ?
  • Les papas peuvent-ils - dans le contexte actuel - assister à l’accouchement au sein des maternités du groupe Elsan ?
  • Comment avez-vous adapté le suivi à distance (consultations, échographies, examens divers, préparations à la naissance…) ?
  • Avez-vous constaté une baisse dans les consultations de la part des femmes enceintes ?
  • Quel protocole de traitement est mis en place pour une femme enceinte infectée par le coronavirus ?
  • Et après l’accouchement ? Combien de temps à la maternité ? Quel suivi post-natal est proposé aux jeunes mamans ?
  • Pensez-vous que cette crise laissera des traces dans la prise en charge des futures mamans ?

La crise du coronavirus touche de plein fouet les futures mamans devant accoucher à l’hôpital. Depuis des semaines, vous nous demandez si votre prochaine consultation ou échographie va être annulée, si les papas pourront être avec vous le jour de l’accouchement, et comment va se dérouler le séjour à la maternité. Difficile de s’y retrouver, tant la politique en la matière dépend de la situation dans et autour des structures elles-mêmes. Sur le terrain, ça se passe comment ? Neuf Mois a posé la question aux équipes du groupe Elsan, qui gère 32 maternités réparties dans toute la France.

Si vous attendez un bébé, vous vous êtes forcément demandée comment allait se passer votre suivi de grossesse en ces temps de confinement. Si en plus vous êtes sur le point d’accoucher, dans les jours, semaines voire mois à venir, la question qui vous taraude le plus est sans doute de savoir si votre partenaire pourra venir en salle d’accouchement. Difficile d’avoir une réponse claire et immuable, tant les recommandations dépendent de facteurs fluctuants d’un jour à l’autre.

Le groupe Elsan, acteur de référence de l’offre de soins en France, nous explique comment ça se passe du côté du privé. Nous avons posé la question au Dr Olivier Jourdain, gynécologue obstétricien à la polyclinique Jean Villar à Bordeaux, à Benoît Elleboode directeur de la stratégie et des relations médicalesAlexandra Charnelet, directrice marketing et digital, et Pénélope de Fouquières, directrice de la communication du groupe Elsan. C’est surtout à vos questions qu’Elsan souhaite répondre, celles que les futurs parents se posent dans cette situation inédite, à laquelle les maternités ont dû et doivent encore s’adapter.

Quels protocoles de protection ont été mis en place pour assurer la prise en charge des femmes enceintes sur place, au sein de vos établissements ?

Olivier Jourdain :

Dans la plupart des maternités, deux circuits ont été organisés. Dès l’entrée de l’établissement, une tente d’accueil sur le parking sert de « centre de tri » de tous les patients de la clinique. La plupart du temps, on connait déjà les femmes enceintes de par leur suivi, donc on peut déjà avoir une idée de comment elles vont être orientées. Chaque patient remplit une fiche avec une infirmière, signale d’éventuels symptômes (toux, fièvre, perte de l’odorat, etc.). Une sorte de mini-examen est fait avec prise de température et mesure de la fréquence respiratoire.

Soit on considère que la patiente est Covid free (non infectée), soit on a déjà un diagnostic (la patiente a déjà appelé pour signaler des symptômes suspects chez elle-même ou un membre de la cellule familiale). La patiente entre alors dans un circuit aménagé au début de l’épidémie. Elle passe par une salle d’examen dédiée, dans laquelle on peut faire tests Covid, examens gynécologiques, monitorings, etc. On appelle le médecin si besoin.

Pour les accouchements, des blocs opératoires dédiés ont été entièrement structurés en salles d’accouchement, réservées pour les patientes suspectes ou diagnostiquées Covid +. Des équipes spécialement formées et protégées (masques FFP2, surblouse…) accueillent les parturientes. À l’issue de l’accouchement, elles partent en chambre dans un service spécialement équipé, mais qui est distant de la maternité dans laquelle séjournent les patientes Covid free. Il y a donc deux maternités dans le même établissement. On a enfin doublé le système de garde pour avoir des équipes dédiées et éviter que le personnel ne se déplace d’un côté à l’autre.

Pourquoi ne pas faire un test de dépistage du Covid-19 à chaque femme qui vient accoucher ?

Au départ, on manquait tout simplement de tests, mais le volume de tests a augmenté. Cela serait donc possible en théorie, mais en pratique, les tests ne sont pas utilisables pour les femmes en travail. En effet, le résultat d’un dépistage Covid n’est pas immédiat. Deux façons de tester existent, l’une donne un résultat en 6-8h, l’autre en 48h environ. Le délai est trop long pour une patiente qui vient accoucher !

Ensuite, il y a un nombre de faux négatifs significatif (environ 30%). On travaille donc plutôt en prévention : téléconsultations, téléphone, consultations physiques quand c’est nécessaire. En cas de doute, on réalise les tests. On peut aussi faire un scanner thoracique (un test peut être négatif quand le scanner, lui, est caractéristique d’une infection au Covid-19). Ce sont des scanners adaptés à la grossesse : gilet de protection aux rayons X, doses très faibles… Cela permet d’anticiper. Mais, dans tous les cas, pour une femme qui vient accoucher, impossible d’avoir un dépistage rapide et fiable.

Les papas peuvent-ils – dans le contexte actuel – assister à l’accouchement au sein des maternités du groupe Elsan ?

Les recommandations sont actuellement multiples, elles émanent de quasiment toutes les autorités de santé. On est obligés de faire un peu un mix de tout ça. Pour les maternités d’Elsan, notre politique est claire : le papa est autorisé à venir pour l’accouchement en plein confinement, à condition bien sûr qu’on soit dans une situation Covid free. Il est « confiné » avec la maman en salle d’accouchement. Il ne sort pas, ni pour fumer, ni pour aller manger.

Jusqu’ici on autorise le papa à rester ensuite avec sa femme en maternité, confiné avec la maman dans la chambre. Mais les recommandations sont en train de changer, puisque le collège a émis une recommandation toute récente souhaitant le départ du papa à la sortie de la salle d’accouchement (2 heures après la naissance). On garde encore les papas 24h en maternité, mais peut-être que d’ici quelques jours, on devra les faire sortir après la salle d’accouchement.

Benoît Elleboode :

La recommandation du groupe Elsan a été de dire et d’informer, notamment par notre application Materniteam, que les papas pouvaient venir à l’accouchement et rester pour une durée déterminée, jamais supérieure à 24h, et toujours sur décision médicale. Si un gynécologue exige la présence du père, en fonction de la situation familiale, il peut le faire. La règle qu’on applique partout c’est le confinement du papa avec la mère. Ensuite, entre 2 h et 24h, une marge est laissée au médecin, tout en rappelant la recommandation officielle qui est de 2h post accouchement.

Nous avons des maternités dans toute la France, mais nous prenons en compte les conduites et les recommandations qui sont décidées au niveau local. Les premiers temps de l’épidémie, ce qui déstabilisait les futurs parents, c’était que, dans une même ville, dans un même territoire, les maternités pouvaient avoir des politiques différentes. Les femmes ne comprenaient pas pourquoi dans leur maternité on faisait comme ça, et dans une autre autrement. Résultat : des couples voulaient changer de maternité, pour bénéficier de la présence du papa.

Donc, quelles que soient les recommandations nationales, ou les recommandations spécifiques d’un groupe comme le nôtre, très vite, il s’est surtout agi d’avoir des conduites communes au sein des territoires, entre les maternités. Ces conduites communes ont bien entendu évolué en fonction des recommandations nationales, mais, il était vital d’avoir une stratégie locale, pour éviter une confusion.

L’avantage du monde de la périnatalité, c’est que l’ensemble des acteurs publics et privés : ARS, PMI etc., ont l’habitude de travailler et de discuter ensemble. Cela facilite l’uniformisation locale.

Comment avez-vous adapté le suivi à distance (consultations, échographies, examens divers, préparations à la naissance…) ?

Olivier Jourdain :

Les suivis ont été fortement aménagés. Nous faisons au maximum de la téléconsultation. Les plannings des consultations physiques sont beaucoup moins chargés. Les consultations se font avec la patiente seule, il n’y a aucun accompagnant. À la maternité, à part le papa, aucun autre accompagnant n’est autorisé à entrer.

Nous avons espacé les consultations pour éviter la promiscuité en salle d’attente… Les préparations à la naissance se font aussi à distance, par visioconférence ou téléphone. Nos équipes ont réagi incroyablement pour produire des quantités de vidéos !

Benoit Elleboode :

Il faut souligner que, même si les accompagnants ou les papas ne sont pas autorisés en suivi de grossesse, tout est prévu pour que, s’il y a une annonce particulière à faire, ou une décision de couple difficile à prendre, le papa puisse soit rejoindre la maman (s’il attend par exemple sur le parking de l’établissement), soit être appelé pour participer à la discussion. Malgré le confinement, il y a certaines situations où c’est le couple qui doit faire face, pas la maman toute seule.

Olivier Jourdain :

Beaucoup de mamans sont hyper anxieuses, en particulier celles qui sont suspectées d’infection ou en infection avérée. Ces patientes sont appelées toutes les 48h par un médecin. On a aussi des psychologues disponibles par téléphone pour soutenir les futures mamans atteintes par le coronavirus. De la même façon, quand le papa est infecté, et donc ne peut pas assister à l’accouchement, il peut y avoir une forte anxiété, voire un traumatisme psychologique profond. C’est un réel traumatisme pour le papa, avec des problèmes d’attachement ou des problèmes avec la maman, qui vit évidemment très mal la situation.

Enfin, pour les césariennes, nous avons le système « maman connectée » : c’est un masque de réalité virtuelle, proposé pendant le séjour en salle de réveil, avec une caméra dans la chambre où se trouvent papa et bébé, de façon à ce que la maman puisse communiquer avec eux. La salle de réveil n’est pas accessible au papa, ce système est donc un excellent moyen de se sentir avec son bébé et son partenaire.

Avez-vous constaté une baisse dans les consultations de la part des femmes enceintes ?

Olivier Jourdain :

Non, pas sur notre territoire ma foi plutôt épargné pour le moment (en Gironde, NDLR). Les rendez-vous sont fixés à l’avance, donc on sait anticiper, et si une patiente n’est pas vue, on la recontacte, tout simplement. On rappelle aussi nos patientes pour leur dire que tel rendez-vous se fera en téléconsultation, ou à d’autres horaires, que telle écho sera déplacée, etc. C’est l’occasion d’un échange, et de vérifier que leur suivi va continuer à se faire de manière rigoureuse. Les méthodes de rencontres sont différentes, mais on ne les lâche pas dans la nature.

Benoit Elleboode :

Dans le privé, le couple est suivi par un gynécologue obstétricien bien identifié. Donc si le gynécologue s’aperçoit qu’une patiente ne consulte plus, il s’en inquiète. C’est un suivi très individualisé.

Alexandra Charnelet :

Nous avons aussi beaucoup communiqué via notre appli Materniteam et nos réseaux sociaux, notamment Materniteam sur Facebook. Nous y avons publié et mis en avant des articles d’informations générales et plus concrètes. Nous avons mis à jour les articles en fonction des recommandations. Petit à petit, on constate un nombre de questions des futures mamans en diminution, on espère donc qu’elles ont les réponses à leurs questions !

Si la maman est Covid + ou suspectée Covid +, est-ce qu’on sépare bébé et maman ?

Olivier Jourdain :

Pour l’instant, la recommandation est de ne pas séparer maman et bébé. La maman porte un masque qu’elle garde en permanence. Le bébé n’est bien sûr pas masqué (c’est dangereux pour lui). Les cas de contamination avérés de nouveaux-nés sont rares, et quand cela se produit, on ne sait pas s’il s’agit d’une contamination au contact du sang de la mère, ou après l’accouchement, par simple contact. On préfère donc, quand l’état de la maman le permet bien entendu, privilégier le contact mère-enfant.

Quel protocole de traitement est mis en place pour une femme enceinte infectée par le coronavirus ?

Olivier Jourdain :


Nous avons eu la chance, ici en Nord-Gironde, d’avoir des cas simples, sans aggravations. Avec des patientes à domicile. Pas d’expérience de maman en réanimation, ou de cas graves avec détresse respiratoire. Donc ce sont des patientes à qui on ne prescrit aucune molécule en traitement à ce jour.

Alexandra Charnelet :

Dans nos grosses maternités, pour assurer le suivi des mamans Covid + ou suspectées d’être Covid + qui sortent de la clinique, nous avons instauré un système de télésuivi à domicile. Un questionnaire est envoyé tous les jours, une à deux fois par jour selon la gravité des symptômes. Les médecins assurent ce suivi de l’autre côté. En cas de besoin, la maman est aussitôt rappelée.

Et après l’accouchement ? Combien de temps à la maternité ? Quel suivi post-natal est proposé aux jeunes mamans ?

Olivier Jourdain :

On essaie de raccourcir le séjour au maximum, pour des accouchements physiologiques sans complications, on est sur des séjours qui ne dépassent pas J+2. Parfois même J+1 si tout se passe bien, bien sûr avec l’accord du pédiatre.

Benoit Elleboode :

Il y a une recommandation de lHAS (Haute Autorité de Santé) de raccourcir à 48h le séjour en maternité. Pour les établissements privés, les parturientes sont les patientes des médecins, et donc ce sont les médecins qui décident de la durée d’hospitalisation. Dans le public, un chef de service décide d’une recommandation médicale qui s’applique à l’ensemble du service, alors que dans le privé, chaque médecin libéral décide au cas par cas, en fonction de la situation. Toujours en gardant en tête que l’HAS recommande de faire des sorties à 48h, dès que c’est possible.

Pour le suivi des suites de couches, tout ce qui peut se faire en téléconsultation se fait à distance. Comme le suivi est individualisé, le gynéco se soucie de ce qui se passe par la suite.

Pénélope de Fouquières :

Dans certaines maternités, des cadres de soins préparent des vidéos de formation (prépas à l’accouchement, portage, rééducation du périnée…) pour aider les mamans qui ne peuvent être reçues.

Pensez-vous que dans le futur cette crise changera la prise en charge des femmes enceintes ?

Benoît Elleboode :

On pressent déjà que la crise du coronavirus va booster la télémedecine, et ça n’est pas spécifique à la femme enceinte. Beaucoup d’a priori vont tomber. Pour le suivi, on se rend compte que les téléconsultations peuvent très bien fonctionner dans certains cas. Tout ça va accélérer le côté numérique, pour l’après, avec par exemple des systèmes de questionnaires à renvoyer.

Autre chose : je suis médecin de santé publique, et je constate que les populations européennes étaient beaucoup moins sensibilisées aux épidémies hivernales, par rapport aux populations asiatiques par exemple. Je pense que maintenant, chaque hiver, les gens seront plus vigilants. Sur les protections, les masques, les gestes barrière, les distanciations sociales, les vaccins… Car une « banale » grippe peut être aussi dangereuse pour la femme enceinte.

Olivier Jourdain :

On ne mesure pas encore tout ce qui va se produire. Au départ, on a eu une grosse angoisse de voir un afflux de femmes enceintes infectées par le coronavirus, mais finalement cet afflux n’arrivait pas, même dans l’Est. Il est encore tôt pour analyser ce phénomène, mais on peut penser que ces patientes, avant même qu’on les mette en confinement autoritaire, se sont protégées d’elles-mêmes. C’est bien sûr une supposition, mais il est évident que tout ça va changer des choses dans les relations humaines. En Asie, le masque est dans la culture, il n’est pas impossible que ça devienne aussi la norme chez nous.

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