Comment préparer l’arrivée de bébé dans un couple de cultures différentes ?

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Plus d’un mariage sur sept est contracté par un couple mixte, selon l’Ined. Une évolution de la société marquée par une volonté d’ouverture… qui peut se refermer quand l’enfant s’annonce ! Alain Héril, psychologue et sexologue, nous explique les pièges à déjouer et les leviers de force à mobiliser.

Une grossesse dans un couple aux cultures distinctes, qu’est-ce que cela peut révéler des différences qu’on n’avait pas envisagées ?

C’est un problème de transmission familiale. Les tensions porteront sur tout ce que l’autre groupe va « prendre de plus », origine du prénom, religion, langue dominante. Ces sujets seront parfois des terrains de désaccords et de négociations entre les futurs parents. Surtout si les grands-parents s’en mêlent.
Ce sont essentiellement les réactions de l’entourage vis-à-vis du couple qui vont compter pour calmer ou enflammer les discussions, surtout si les proches manifestent une opposition plus ou moins marquée ou un idéalisme exagéré sur le rôle de la mixité des cultures pour éradiquer le racisme.

Mais il n’y a pas que l’entourage familial, dans le couple aussi, il peut y avoir des tensions ?

Avant de concevoir un bébé, plus il y a opposition de l’entourage pour des questions culturelles ou sociales autour du couple, plus il se solidifie en général, surtout quand chacun est bien intégré dans ses conditions de vie actuelles. Mais l’enfant à naître pose des questions concrètes qui dépassent la relation conjugale : identité, religion, relation avec les pays d’origine respectifs…
Cela inscrit le couple dans une réalité sociale qu’il ne peut plus nier. Rien que le choix du prénom peut être une source de conflit ou de frustration refoulée. Par exemple si le prénom retenu est trop marqué culturellement, d’un côté ou d’un autre.

Ce type de tension sur la transmission peut aussi exister aussi chez les couples non mixtes ?

Oui, mais c’est souvent moins violent, moins frustrant. Un couple mixte devra faire preuve de plus de conciliation pour induire à terme des accommodations. Comme on l’a vu sur le choix du prénom mais aussi sur le rituel de naissance, baptême, circoncision, etc. Sur le rôle de la famille aussi autour de l’enfant, le rôle des grands-mères notamment.

Sur le rôle du père avec son bébé, parfois : dans certaines cultures, il peut être surprenant qu’un père porte son bébé dans un porte-bébé alors que la maman souhaiterait que le papa s’investisse ainsi, comme le font ses frères ou ses amis.

Mais ces tensions inévitables ne sont pas négatives : cela permet de mieux comprendre son conjoint et son propre rapport à ses origines. Cela permet de réfléchir aussi peut-être un peu plus précocement que des couples non mixtes sur le type d’éducation qu’on veut donner à son enfant. Mais le débat ne rend pas moins difficile le choix de renoncer à sa propre culture ou de négliger celle de son conjoint.

Quand ça crise, il est utile de se faire accompagner par un psychologue. Pour prendre de la distance par rapport aux tensions. Mais aussi pour faire le tri sur ce qui compte vraiment pour soi, pour l’autre et trouver un compromis qui satisfasse les deux parties. Discuter avec d’autres couples mixtes qui semblent avoir trouvé des compromis acceptables des deux côtés est aussi parfois d’une grande aide.

Source :


Institut national des études démographiques

 

 

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